Hanoï – 4 jours – 10 mètres d’altitude

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Après quelques mésaventures avec nos visas vietnamiens, nous quittons l’aéroport en “Grab”, le “Uber” local. Le jeune chauffeur slalome entre les lumières des voitures, sur l’autoroute qui nous permet de rejoindre le quartier de Quang An, à proximité du centre-ville de Hanoï. C’est au milieu de cette effervescence citadine que nous attendent Élodie et Florian (le frère d’Émilie). A notre arrivée sur les rives du lac Hô Tay, nous dégustons en leur compagnie, nems et bières de retrouvailles sous la guirlande colorée d’un petit bar. Le lendemain, la journée débute par la quête du petit-déjeuner. Pour cela, nous entamons une petite marche au pied de l’appartement dans le dédale des petites rues piétonnes. Après avoir évité trois scooters de justesse et avoir eu à maintes reprises le sentiment de tourner en rond, nous finissons par jeter notre dévolu sur la terrasse d’un petit café. Les batteries rechargées, nous entamons notre découverte de la capitale Vietnamienne.

La très surprenante capitale, Hanoï, est une ville historique possédant une énergie débordante. La circulation y est dense, le bruit des klaxons est permanent et le premier contact peut parfois paraître un peu rude. Mais après quelques heures passées dans ce tumulte, on apprend à apprivoiser ses multiples facettes entre grandes avenues imposantes et jardins calmes et verdoyants.

Nous débutons notre aventure dans la capitale vietnamienne en longeant le lac Hô Thay (lac de l’ouest en Vietnamien), qui par ses 17 kilomètres de circonférence est le plus grand lac de la ville. Avec la brume, malheureusement, nous ne distinguons pas l’autre côté du plan d’eau. Mais déjà, ce décor nous plonge dans une atmosphère particulière ; derrière le brouillard, apparaît la pointe du toit d’un temple bouddhiste. En poursuivant notre chemin de quelques dizaines de mètres, surgit à la surface du lac, les flammes puis la gueule du dragon, protecteur du temple. Les esprits ne prendraient-ils pas le contrôle de notre imaginaire pour nous guider au plus près des secrets de la ville ?

Pour nous remettre de nos émotions, nous savourons à midi notre premier banh-mi. Ce sandwich, véritable institution de la street-food vietnamienne, nous le retrouverons à de nombreux coins de rue. Le succès du banh-mi réside dans le savoureux mélange de la cuisine française et vietnamienne. En effet, cette spécialité culinaire trouve son origine au temps de l’Indochine française, dont la baguette et le pâté sont deux des nombreux héritages ; la coriandre et le porc grillé offrant à cette recette les bases de ses notes asiatiques (chaque chef y apportant ses ingrédients et épices mystères). Nous l’accompagnerons, ce midi-là, d’une bière Tiger avant de s’aventurer dans le quartier historique des 36 corporations.

Partie la plus pittoresque de la ville (mais également devenue l’une des plus touristiques), l’histoire de ce vieux quartier date du 15ème siècle. A cette époque chacune des rues est alors dédiée à une corporation d’artisans. On y retrouve la rue de la soie, la rue des ferrailleurs et la rue des couturières. Aujourd’hui, le principe persiste mais les spécialités ont quelques peu évoluées ; ainsi il est possible de s’aventurer dans la rue des horlogers, celle des chaussures ou encore celle des menuisiers dont leur stock de bambou empiète sur une large partie du trottoir. Ce labyrinthe grouillant de vie, d’objets et d’odeurs, offre au quartier son ambiance unique.

Dans les rues, de nombreux vendeurs ambulants proposent fruits et légumes, qu’ils transportent dans de grand paniers plats, portés sur leur épaules ou posés sur un vélo qu’ils poussent à bout de bras. En s’inspirant de leur technique pour se fondre dans la circulation au milieu des bancs de scooters, nous poursuivons nos pérégrinations en nous frayant un chemin sur les trottoirs de la ville. Eux aussi sont grandement encombrés par des terrasses de tabourets en plastique, au milieu desquels il nous faut slalomer en file indienne. Les terrasses sont occupées, à toute heure de la journée, par les habitants qui y savourent un café ou une noodle soupe. Nous nous familiarisons tant bien que mal à cette jungle urbaine pour en découvrir ses secrets. Nos efforts furent, à de nombreuses reprises, récompensés. Ainsi par le plus pur des hasards, nous sommes tombés au détour d’une rue au milieu d’un marché de légumes et de poisson. Au croisement d’un carrefour, nous avons découvert un petit autel et ses deux bâtons d’encens qui se consument devant un vieil immeuble colonial. Ou encore, quand au bout d’une avenue, un jardin public a pointé le bout de son nez. À droite de son entrée, un coiffeur y jouait du ciseaux ; son client, contemplait sa partition, assis dans son fauteuil de fortune, face à un miroir accroché au mur du parc.

Pour débuter notre seconde journée à Hanoï, nous entrons dans un boulangerie que nous pouvons qualifier de “française à l’esprit vietnamien.” Nous craquons pour ses croissants et pains au chocolat que nous savourons, de l’autre côté de la rue, dans un petit café familiale. Pour accompagner nos viennoiseries, nous commandons un “black coffee” vietnamien, servi dans un petit support en métal où l’eau traverse le café avant de tomber dans la tasse située en dessous.

Aujourd’hui, notre visite de la ville nous mène au jardin public qui entoure le lac Hai Bà Trung. Nous sommes surpris d’y croiser un très grand nombre de vietnamiens, jeunes et moins jeunes, y pratiquant une activité physique.

Nous traversons ensuite le quartier historique et remontons ce qui s’apparente à l’avenue des “Champs-Élysées” de Hanoï pour atteindre le lac de Hoàn Kiem (lac de l’épée restituée). Son nom provient d’une légende : « une épée magique aurait été offerte à l’empereur du Vietnam pour repousser l’envahisseur chinois. La paix retrouvée, un jour où l’empereur faisait de la barque sur le lac, une tortue géante aurait surgi et remporté l’épée dans les profondeurs du lac.”

En fin d’après-midi, alors que la nuit commence à envelopper la ville dans son doux manteau bleu marine, nous avons pu apprécier le reflet des immeubles environnants dans les eaux sombres du lac. C’est alors le moment choisi par le célèbre “pont rouge”, inspiré des ponts japonais, pour scintiller. Nous avons alors traversé cet édifice coloré pour rejoindre le milieu du lac et visiter le temple Ngoc Son, situé sur la petite île.

En fin de journée, nous prenons place le long des rails, au croisement de ces dernières avec l’avenue Dien Bien Phu, pour y déguster une nouvelle bière Tiger. Devenue l’une des attractions les plus en vogue de la ville, les différentes “rues du train”, de part et d’autre de la gare de Hanoï, offrent un spectacle saisissant lorsque les trains s’aventurent au cœur de quartiers résidentiels dans d’étroits passages larges d’à peine 4-5 mètres. A 19h10, puis à 20h15, il nous faut plier notre terrasse de fortune pour nous serrer le long des murs. A son passage, la locomotive bleue et ses wagons nous frôlent. Après avoir senti le souffle des deux convois, nous entreprenons de rentrer à l’appartement par les rails. Après plusieurs centaines de mètres, les rails empruntent un pont qui surplombe la rue. Nous nous y aventurons, espérant nous rapprocher de notre point d’arrivée. Mais le pont s’avère plus long que prévu et ne présente pas de solution de protection en cas de passage d’un train. Ne pouvant quitter la voie, nous prenons la décision de rebrousser chemin. Quelques secondes après avoir retrouvé la terre ferme, un train passe sur les rails ! Sur ce coup-ci, nous sommes chanceux de ne pas avoir croisé son chemin quelques minutes plus tôt, pendant que nous fanfaronnions sur les rails.

Au petit matin, nous prenons place dans le train en partance pour Ninh Binh et la baie d’Halong terrestre. En quittant Hanoï, nous sommes cette fois dans le train qui circule au milieu des petites rues étroites, frôlant les échoppes.


NOS COUPS DE COEUR
Où boire un verre ?

RailwayStation Cafe
10 Điện Biên Phủ, Cửa Nam, Ba Đình, Hanoï

Bien que ce soit l’attraction touristique la plus célèbre de la ville, se trouver une petite place pour assister à l’arrivée du train au milieu de la rue reste une expérience à ne pas manquer à Hanoï.

Où manger ? 

Restaurant Com Thô
111k2 Ngõ 48, Tạ Quang Bửu, Bách Khoa , Hanoï

Un peu en retrait du centre-ville, une adresse sans prétention, où l’on peut déguster de bonnes petites poêlées dans de jolies plats en fonte. Le tout pour un prix très abordable.