Göreme et la Cappadoce – 8 jours – 1100 mètres d’altitude

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Nous débutons notre aventure turque en longeant la Mer Noire sur la route 10 ; une large quatre voies parallèle au littoral.

À hauteur de la ville de Ardesen, nous rentrons dans les terres et remontons le lit de la rivière Firtina. Nous passons, une petite dizaine de kilomètres plus loin, sur un petit pont qui enjambe le cours d’eau. Sur l’autre rive, nous arrivons à la base nautique de “Derebeyi Rafting.” Nous y plantons les tentes sur le terrain de jeu de Microbe, une charmante chèvre aux longs poils noirs et blancs.

Au lever du jour, réveil avec le premier appel à la prière ; nous nous préparons rapidement en vue de la longue journée de route qui nous attend. Le petit-déjeuner est cuisiné par notre hôte, propriétaire des lieux et membre de l’équipe national de rafting, servi sur la terrasse au dessus de la rivière. Nous goûtons le Kuymak, une fondue de fromage mélangé à de la farine de maïs et servie avec du pain.

Il est 10h quand nous nous lançons pour une journée de route de 500 km le long de la Mer Noire. Nous traversons les villes de Rize, dont l’équipe de football vient d’accéder en première division, de Trabzon et de Samsun. Nous circulons tout au long de notre trajet le long de la côte, sur une bande urbanisée large de 5 km. À notre gauche la Mer Noire que nous apercevons entre les immeubles, et à notre droite les collines verdoyantes des montagnes de la chaîne Pontique.

Nous effectuons une petite pause pique-nique sur une des plages de galets qui borde la 4 voies. Au menu, un gros pain et du fromage. Passé Samsun, nous poursuivons notre route en quittant la côte pour les collines. Au sommet de l’une d’elles trône un immense drapeau turque qui vole au vent. Bien qu’il est difficile de vous donner sa taille exacte, il devait bien faire une dizaine de mètres de large. Sa couleur rouge rompait catégoriquement avec le camaïeu de verts des collines environnantes. Nous quittons la route principale pour trouver un spot propice au bivouac sur les hauteurs, derrière la petite ville de Kavak.

Nouveau réveil matinal pour partir à l’assaut de la Cappadoce et des 400 km de la journée, qui nous permettent de rejoindre Göreme en fin d’après-midi. Nous montons le campement dans un camping en périphérie de la petite ville. Une fois dressé nous prenons, à pied, la direction du centre-ville. Göreme a la particularité de posséder un centre historique composé de petites rues et d’habitations troglodytes. Pour le coucher du soleil, nous grimpons sur la colline qui surplombe la ville. La lumière s’adoucit progressivement révélant la beauté de l’architecture locale.

À 4h30 du matin nous sortons de notre sommeil au son des montgolfières qui se gonflent. Nous quittons les duvets en vitesse, et enfilons les sacs à dos pour partir à la rencontre de ces mystérieux engins, véritables attractions locales.

C’est vers 5h qu’a lieu le clou du spectacle. Dans le ciel, plus d’une centaine de montgolfières virevoltent sous les premiers rayons du soleil. Nous prenons le petit-déjeuner à proximité de leur aire de départ ; avec pour fond sonore les coups de gaz qui gonflent les ballons.

Leur ballet au-dessus des cette structure géologique hors du commun durera près de deux heures. Le soleil finissant par gagner de l’altitude dans le ciel, nous laissons derrière nous les dernières montgolfières pour entamer une randonnée dans les vallées rouges et roses du parc national. Le décor est magnifique et dépourvu de tout touriste à cette heure matinale. Dans ces vallées, au milieu de ce décor qui pourrait s’apparenter à de la chantilly aux couleurs pastel, la végétation se fait rare. Et pourtant  au coeur des petites gorges formées par la roche, dès que l’espace le permet, quelques petits lopins de terre sont cultivés. À un croisement, une petite porte sculptée dans la falaise nous intrigue. Alors que de l’extérieur, rien ne laissait présager un trésor, une chapelle se révèle à nous. En son coeur, d’impressionnantes colonnes sont révélées par la lumière matinale du soleil. Quelques centaines de mètres plus haut sur le sentier, une seconde petite chapelle est elle surprenante pas la qualité de ses fresques murales, peintes à même la roche.

À différents carrefours stratégiques de ces deux vallées, des petits cafés se sont installés pour satisfaire la soif des marcheurs.

Nous ne nous laissons pas tenter par une pause fraicheur, de peur de ne pas pouvoir quitter les coussins si accueillants qui y sont disposés. Nous poursuivons donc notre chemin qui grimpe alors sur le sommet de la colline avant de redescendre ; puis de passer par des tunnels ou dans des cours d’eau avant de remonter de nouveau pour atteindre un plateau où un viticulteur entretient ses vignes. Nous redescendons dans le village de Göreme en empruntant un chemin moins bien balisé, slalomant au milieu de petits vergers.

L’après-midi est consacrée à la farniente, entre plongeons dans la piscine et montage de vidéos. Pour nous remettre de ces efforts, nous dînons dans un restaurant de la ville avec au menu un “kebab pottery” servi dans un petit ramequin en terre, coiffé de son pain.

Le lendemain, après quelques longueurs matinales dans la piscine et une rapide révision mécanique des side-cars, nous partons découvrir la Love Valley ; à 5 kilomètres de la ville de Göreme. Cette vallée a la particularité de posséder des rochers que l’érosion a taillé en forme de pénis !

Nous prenons ensuite la direction du petit village perché de Uchisar, qui possède en son sommet un important piton rocheux dans lequel a été creusé une étonnante forteresse troglodyte aux innombrables galeries. Dans une des petites rues du village, nous savourons notre premier Tzatziki du voyage. Cette adresse, certes touristique, possède néanmoins une terrasse à couper le souffle qui surplombe le parc national de Cappadoce.

La journée se termine par la visite de l’ancienne ville souterraine de Derinkuyu. Créée sur pas moins de 8 étages, cette ville pouvait en tant de guerre, accueillir 20 000 personnes de la région qui venait y trouver refuge. Lors de la visite, nous parcourons les différentes galeries accessibles (10 % du site environ), mais il est difficile de pouvoir imaginer la vie et son effervescence en période de conflit.

Nous enfourchons une dernière fois les side-cars pour nous rendre à quelques kilomètres de là, au lac Narli Göl, où nous établissons notre campement pour la nuit. L’arrivée en haut du volcan et la descente dans son cratère ponctue cette journée de la plus belle des manières.

Après une nuit fraîche et une baignade dans le lac au réveil, nous reprenons la route en direction de Konya, où nous arrivons en fin de matinée. Après avoir trouvé un petit hôtel en centre-ville, nous nous mettons en quête du déjeuner. Dans la rue piétonne adjacente, alors que ses voisins voient leur terrasse dépourvue de tout client, celle de Mithat Tirit Salonu est pleine à craquer. Intrigué nous jetons donc notre dévolu sur ce restaurant qui sert un plat unique : le Tirit Kebab, une viande de mouton cuite à la broche puis gratinée au four avec du persil, des tomates, du pain et de la crème.

L’après-midi est consacrée à la découverte, à pied, de la ville. Nous découvrons son impressionnante mosquée, et visitons le mausolé de Mevlana, un grand philosophe mystique de l’Islam turque à l’origine de la philosophie du “Soufisme”. Sa rencontre avec un derviche (pouvant être assimilé à un pèlerin turque) l’inspira. À la mort de ce pauvre homme, Mevlana inventa une danse en son honneur. C’est ainsi que la légende raconte la naissance de la confrérie des “Derviches Tourneurs” et de leur célèbre danse, devenu aujourd’hui l’une des principales curiosités de la ville. Malheureusement nous n’aurons pas l’occasion de pouvoir voir l’un d’eux, si ce n’est dans les boutiques de souvenirs.

Nos pérégrinations se poursuivent au musée des armées, avant de s’offrir une petite glace dans le parc Aladin, et de se rafraîchir dans le parc de la culture et ses fontaines. Pour conclure la promenade, impossible de mettre la main sur une bière, nous nous contentons donc d’un jus de citron pressé sur la jolie place ombragée de Aziziye puis d’un kebab au coin de la rue.

Au petit-déjeuner, un joli buffet composé d’olives, de tomates, de concombre et d’oeufs durs accompagnés d’une tartine de miel, rien de tel pour prendre des forces avant d’affronter le trafic de Konya sous un soleil de plomb. Nous empruntons un axe majeur jusqu’à la ville d’Aksehir, avant de bifurquer pour longer le lac Egirdir, avec en toile de fond les montagnes environnantes. Nous passons la fin de l’après-midi à contempler l’étendue d’eau. La baignade fut malheureusement infructueuse, sur cette petite plage de cailloux, l’eau sur plusieurs mètres, n’a jamais pu dépasser la hauteur de mes genoux. Pour le camping sauvage du soir, nous empruntons un petit sentier de l’autre côté de la route. Le spot offre une jolie vue sur le lac et les montagnes environnantes.

Petit déjeuner de bon matin sous de fraîches températures, le jour choisi par le réchaud pour faire des siennes au moment de chauffer l’eau du thé.

Nous atteignons en fin de matinée le site archéologique de Sagalassos. La ville est aménagée sur une terrasse perché sur le flanc de la montagne Akdag, au milieu de la chaîne du Taurus.  Pendant toute notre visite, nous savourons le bonheur de découvrir, seul et sans horde de touristes, ce site majeur, magnifiquement conservé et restauré. Les sentiers au milieu des ruines sont restées très bucolique ce qui donne à ce lieu chargé d’histoire une ambiance des plus sympathiques. Au coeur de ce qui devait être son forum, nous restons subjugués devant sa magnifique fontaine dont l’eau aujourd’hui s’écoule toujours. Sur les hauteurs, le théâtre est lui aussi dans un état de conservation exemplaire, en prenant place dans ses gradins, il est facile de rêver à une représentation antique avec en arrière-plan, une vue imprenable sur les montagnes environnantes.

En guise de déjeuner nous optons pour une “pide”, pizza turque, sur la place principale de la ville de Aglasun située en contrebas. Avons nous été trop gourmand ? Une chose est sûr, au moment de reprendre la route vers le sud, le ciel se charge de nuages. Contraint de nous arrêter à un feu rouge dans l’agglomération de Bucak, l’orage fait rage et l’averse qui l’accompagne nous mouille jusqu’aux os. Quelques dizaines de kilomètres plus loin, alors que le soleil a refait son apparition, nous quittons l’axe principal pour emprunter une route secondaire, qui s’élève dans la montagne. En haut du premier col nous bifurquons sur un petit sentier que nous suivons sur 1 kilomètre jusqu’à trouver un joli terrain plat sur la crête de la montagne. Une petite esplanade où nous dressons notre campement pour la soirée et la nuit.

Après le traditionnel petit-déjeuner de bivouac, savouré cette fois-ci avec vue sur les montagnes, nous prenons la direction de la côte méditerranéenne ; ouvrant une nouvelle parenthèse de notre aventure turque.


NOTRE COUP DE COEUR
Où manger ?

Restaurant Mithat Tirit Salonu
Yusufaga Sk. 21/A Aziziye Mah, Konya 42030

Une terrasse noire de monde qui met la puce à l’oreille. Ici pas de carte mais un plat unique le tirit kebab, tout simplement savoureux.