Linz – 6 jours – 317 mètres d’altitude

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Passé le poste frontière symbolisant l’entrée en Slovénie, nous retrouvons Alice, la sœur de Julien, Manu son conjoint, Zack et Loah leurs enfants. En file indienne derrière le Vito de la petite famille, nous parcourons les routes slovènes au milieu des collines qui jalonnent la région de la Basse-Styrie, située au nord-est du pays.

Le campement est monté pour ce premier soir auprès d’un petit lac. Nous trinquons aux retrouvailles ; sur la table un saucisson, du pâté hénaff et d’autres victuailles françaises trônent fièrement. Un florilège de gourmandises dont nous rêvions depuis plusieurs mois.

Le lendemain, nous visitons sous une importante chaleurM la 2e plus grande ville de Slovénie, Maribor. Nous découvrons son ancienne place du marché, sa cathédrale et déambulons dans ses rues pavées. Sur les rives de la rivière Drava, nous pique-niquons, assis sur les marches du quai à l’ombre d’un arbre.

Au pied du vieux pont Stari Most, nous découvrons sur le mur d’une longère en pierre, ce qui serait être le plus vieux spécimen de vigne cultivé au monde ; et qui, malgré ses 400 ans,  donne toujours du raisin.

Nous poursuivons notre promenade dans les rues piétonnes jusqu’à la place principale et ses façades colorées d’architecture austro-hongroise, avant d’atteindre le vieux château et son clocher doré dédié à Saint Florian. Erigé à la suite d’un énième incendie, il est censé protéger la ville des catastrophes naturelles.

En fin d’après-midi, nous reprenons la route en quête d’un nouveau spot de camping sauvage. Nous dresserons cette fois-ci les tentes entre un terrain de foot et le lac Ledavsko. Pour avoir le droit d’apprécier pleinement l’apéritif du soir, je me lance dans un petit footing autour de ses berges. Pas de plongeon dans ses eaux troubles en guise de douche, mais l’installation du tuyau d’arrosage sur le toit de la guitoune, au bord du terrain de foot, offre un confort digne des meilleurs vestiaires de district.

Au matin, les premiers kilomètres permettent d’atteindre le poste de frontière symbolisant notre entrée en Autriche.

Nous rejoignons Prigglitz, petit village au sud-ouest de Vienne, en fin d’après-midi. Nous y retrouvons Eva et Willy, nos amis autrichiens, rencontrés au Pérou, avec qui nous passons une agréable soirée champêtre dans leur maison de vacances.

Au petit matin, cap vers l’ouest ! Nous quittons nos amis baroudeurs et prenons la direction de Linz. C’est plus précisément à Welz, siège social de Ural Europe, que nous faisons une étape de plusieurs jours, le temps de s’adonner à quelques révisions mécaniques entre deux barbecues.

Les side-cars d’attaques et toujours escortés par le van familial, il est l’heure de reprendre la route pour entamer la traversée des Alpes autrichiennes et la région des Tyrols.  Nous coupons avant Salzbourg et plongeons vers le sud, pour rejoindre l’Italie.

Faisant pleinement confiance à notre GPS, nous nous enfonçons dans l’une de ces somptueuses vallées, bordées de ces impressionnantes montagnes.  Mais après plusieurs heures de route sur cet axe qui devait nous permettre de passer la frontière sans encombre ; nous découvrons que l’itinéraire que nous envisagions de suivre, nous oblige à emprunter un autorail pour traverser une montagne. Le prix annoncé sur l’un des panneaux nous hérisse les poils. Nous décidons donc de rebrousser chemin pour emprunter une route plus à l’est ; qui elle devrait nous permettre de rejoindre gratuitement l’Italie après le passage d’un col alpin.

Mais pour l’heure, il nous faut trouver un endroit où dormir ; et dans ce pays où le camping sauvage est interdit et les campings hors de prix ; ce n’est pas une mince affaire. Nous optons au hasard pour une petite route qui longe la rivière Saalach. Après avoir essuyé deux refus auprès d’agriculteurs, c’est à l’entrée d’un circuit de quad que nous obtenons le droit d’utiliser un petit bungalow en bois pour passer la nuit à l’abris des averses. Nous y dînons tous ensemble, blottis les uns à côté des autres, avant d’y étendre nos matelas pour la nuit.

Départ au petit matin pour Innsbruck, nous effectuons un arrêt rapide en bas des remontées mécaniques de la station de ski de Steinbergbahn, prise d’assaut par les vététistes de descente, avant d’effectuer une seconde halte dans le joli village de St Johann de Tirol. Entourée de ses jolies maisons colorées, la place principale, ce jour-là est en pleine effervescence. Il y est donné le départ d’une course de VTT Enduro. Les cyclistes parés de leurs plus beaux équipements ont pris possession de ses petites rues pavées.

En poursuivant notre route, nous apercevons des panneaux indiquant le temple du ski, Kitzbuhel. En détournant le regard sur notre gauche, se dresse son fameux mur, une pente vertigineuse qui permet à tout grand skieur d’y forger sa légende. Nous contournons Innsbruck en empruntant la petite route qui mène à la station de Patscherkofelbahn et sa descente de bobsleigh. La pluie a fait son apparition pour le pique-nique et c’est sous les arbres de la forêt que nous nous réfugions pour manger des sandwichs aux rillettes de poisson, sous le coffre du Vito.

En fin d’après-midi, c’est au cœur d’un épais brouillard que nous franchissons le col du Brenner qui marque la frontière avec l’Italie.