Sur les routes Vietnamiennes

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Notre expérience sur les routes vietnamiennes débute en autocar. Après une première courte étape avec ce moyen de locomotion, entre la baie d’Halong terrestre et l’île de Cat Ba, notre véritable premier périple en “Night-bus” nous conduit de l’île de Cat Ba, vers la région montagneuse de Sa Pa. Des kilomètres d’asphalte, de virages, et de cols jalonneront les 11 heures de trajet qui nous permettront de rejoindre cette ville à la frontière chinoise.

Le « sleeping-bus » est une expérience de référence pour les voyageurs en sac à dos, qui parcourent l’Asie du Sud-Est. L’expérience débute dès l’entrée dans le véhicule, puisque avant même que nous n’ayons eu le temps de poser notre pied sur la première marche, le conducteur nous invite à retirer nos chaussures. Il nous propose de les troquer sans obligation, contre de magnifiques « tatannes » noires stockées dans une bannette à linge. Pour rejoindre sa couchette, il faut ensuite se faufiler dans l’une des deux allées centrales de l’autocar, guidés par les néons fluos. Au sol, un petit tapis en simili-cuir rouge amortit chacun de nos pas. Dans les caisses faisant office de couchette, une petite couverture est proposée.

Il est sur les coups de 16h, lorsque nous montons sur notre siège. Tels des caïds, nous prenons place dans le fond du bus, pour y faire régner notre loi. Mais rapidement nous déchantons. Quelques minutes après notre départ, le bus s’arrête de nouveau et un passager vietnamien vient perturber notre quiétude. Il prend place sur le trône du maître suprême des lieux, le siège du milieu de la banquette arrière, venant occuper le petit espace libre entre Marie et moi.

Pause rapide vers 20h, le temps d’avaler une noodle soupe en guise de dîner dans un restaurant qui pourrait s’apparenter à une aire d’autoroute locale. Le grand bâtiment propose sur sa moitié gauche, une partie restauration, et sur son autre moitié un espace boutique, qui vend entre autres de nombreux snacks. Vers 3h du matin, notre bus se stationne dans l’alignement de ses confrères sur le parking de la gare routière de Sa Pa. Certains voyageurs descendent du véhicule ; nous restons, nous et les autres touristes, dans nos couchettes, pour terminer notre nuit. Ce n’est qu’à 6h du matin que nous sommes priés de descendre du bus. L’heure de se mettre en quête du petit-déjeuner.

Nous réitérons cette expérience en « Night-Bus » à notre départ de Sa Pa. Le départ pour Hanoï se fait à 22h, derrière le lac artificiel de la ville. Nous prenons place, cette fois-ci, dans les couchettes au ras du sol. À cette hauteur la sensation d’être enfermé dans une boîte est décuplée. Le bus est une nouvelle fois complet, occupé par de nombreux backpackers mais aussi quelques locaux.

Nous arrivons dans le centre-ville de Hanoï vers 3h30 du matin. Et contrairement au trajet initial, nous sommes cette fois priés de quitter le bus. Nous errons donc dans les rues de la capitale avant de poser nos valises sur le parvis d’un Burger King. Certains membres de l’équipe s’allongent pour terminer leur nuit quand d’autres jouent aux cartes. La vie nocturne de Hanoï s’achève et progressivement les lèves-tôt reprennent possession de la rue. Les fêtards laissent alors la place aux salariés et écoliers. La rue s’anime de ses travailleurs ambulants.

Les rues des villes vietnamiennes deviennent alors de véritables fourmilières. A scooter, les pilotes sont de véritables acrobates doués d’une très grande faculté d’anticipation. Ainsi rares sont les graves accidents malgré ces nuages de deux roues qui s’élancent à chaque passage au vert des feux tricolores. L’agilité est leur seconde grande faculté. Révélée notamment lorsque nous traversions à pieds, un petit marché de rue, dans le quartier des 36 coopérations de Hanoï. À de multiples reprises nous y avons croisé la route de scooters slalomant entre les étals, sans ne jamais poser le pied par terre.

Inspiré par cette joyeuse mascarade, nous avons enfourché nous aussi des deux roues.
Mais les premiers mètres ne se passèrent pas tout à fait comme prévu et dès la première intersection, c’est la collision (suite à la signature d’une clause de confidentialité, l’identité du pilote ne sera pas révélé dans ces lignes) avec un autre scooter.

Heureusement, plus de peur que de mal, la vitesse étant très réduite au moment de l’impact, la mésaventure se conclura par un joli bleu. La jeune conductrice vietnamienne, gênée, s’excusera à plusieurs reprises avant de reprendre la route. Une attitude de grande gentillesse alors que c’est bien notre maladresse qui provoqua l’incident. Après ce faux départ, nous avons entrepris une excursion dans les rizières de Tam Coc au cœur de la baie d’Halong terrestre. Mais sur le chemin du retour, la malchance nous frappa de nouveau. À 13 kilomètres de la fin de la boucle, le scooter de Julien tombe en panne. Un problème mécanique qui empêche le deux roues de redémarrer. Nous abandonnons le bolide à une station-service où il sera, par la suite, récupéré par le loueur. C’est donc avec six scooters pour sept que nous reprenons le chemin du retour. Nous empruntons de jolies petites pistes étroites au milieu des rizières.

Lors des voyages en sac à dos, les deux roues sont un excellent échappatoire pour partir à l’aventure loin des attractions du tourisme de masse. Nous avons réitéré cette expérience pour parcourir l’île de Cat Ba, traversée par une petite route déserte et sinueuse sur une vingtaine de kilomètres. Les virages s’y enchaînent entre les petites montagnes de l’île, avant que nous entamions la descente vers l’embarcadère de Tuan Chau, qui offre un nouveau joli point de vue sur la Baie d’Halong maritime.

Notre dernière aventure en scooter, nous permettra d’apprécier la douceur des alentours de Hoï An ; de la réserve de cocotiers, au sable fin des plages de la mer de Chine. Ce seront donc les derniers kilomètres en deux roues sur ces terres vietnamiennes mais aussi de ce tour du monde ; puisque quelques jours plus tard, sur les rives de la mer Baltique nous retrouverons nos fidèles destriers à trois roues. Mais ça c’est une autre histoire…