Sur les routes uruguayennes

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Nous quittons Gualeguaychu, dernière ville argentine, de bon matin. Avant la frontière, nous passons par une station service et échangeons avec le pompiste, nos derniers Pesos contres quelques litres d’essence. Vingt kilomètres plus loin, nous passons le poste frontière argentin et traversons le pont qui enjambe le fleuve Uruguay pour rejoindre le pays du même nom. Une fois de l’autre côté, nous n’avions pas anticipé la présence d’une barrière de péage qui nous empêche de rejoindre le poste frontière Uruguayen. Le droit de passage sur le pont, n’est pas d’un montant très élevé, environ 1,50€, mais nous n’avons dans nos poches ni monnaie argentine, ni monnaie Uruguayenne pour le payer. Nous essayons, en vain, de négocier le passage des side-cars avec la personne du péage ; mais devons nous résigner à les garer sur le côté et passer à pied pour essayer de récupérer du liquide dans un petit commerce Duty Free du poste de frontière. Nous avons demandé si nous pouvions payer une bricole par carte, plus chère que son prix réel, et récupérer la différence en liquide, en vain. C’est finalement dans un restaurant, qu’un jeune serveur accepta d’offrir quelques Pesos à Marie et Émilie.

Quelques minutes plus tard, c’est donc au guidon des side-cars que nous traversons le péage pour rejoindre le poste frontière Uruguayen, premier poste frontière, où il n’est pas nécessaire de descendre de son véhicule pour obtenir le tampon du visa sur son passeport (nous avions cependant besoin d’aller à l’intérieur d’un bureau pour l’importation des véhicules). Dans ces conditions, les démarches administratives ne prendront que quelques instants et rapidement nous prenons la direction de Colonia del Sacramento.

Pour atteindre cette ville au riche passé historique, nous empruntons de jolies petites routes de campagne. Les platanes qui bordent la route, rappelle le Sud de la France.
Nous croisons un rallye de veilles voitures en chemin. Sur plus d’une dizaine de kilomètres, un défilé d’une centaine de bolides d’un autre temps, pilotés par des passionnés, nous font face. BMW, Ford et Fiat sont les marques plus représentées. À l’arrière du peloton, arrêtés sur le bord de la route, le nez dans le capot, les retardataires doivent faire face à de légers contre-temps mécaniques. Sous ce soleil estival, au contact de l’asphalte, les températures s’emballent et mettent les machines et les pilotes à rude épreuve.

La marque Fiat est d’ailleurs très implantée dans le pays. Sur la route, nous ne croisons pas les dernières voitures présentées par la marque aux salons automobiles ; mais bien de nombreuses vieilles Fiat Uno. Le plus souvent laissées au repos, sur une place de parking, à l’ombre d’un platane. On les reconnait à leur forme cubique singulière, les petits picots de rouille sur leurs carrosseries colorées, et leurs finitions intérieures faites de vieux plastique, de tissus bariolés et dépourvus de tout électronique. La Uno illustre parfaitement la simplicité des Uruguayens qui privilégient la discrétion de cette petite voiture aux affres des gros 4×4 que nous avons pu croiser dans des pays précédents.

Après avoir passé la nuit dans les alentours de Colonial del Sacramento, nous poursuivons notre périple vers Montevideo. En chemin, nous nous arrêtons dans l’une des nombreuses échoppes de bord de route, faites de bric et de broc. Nous y achetons du fromage et de la confiture de figue pour agrémenter nos futurs petits-déjeuners.
L’entrée dans la capitale Uruguayenne sonne la fin de l’aventure sur les routes d’Amérique du Sud. Nous offrons un dernier coup de propre aux bolides dans une station de lavage. Un charmant jeune homme joue de son éponge au rythme de la musique. Sur un son reggaeton, craché par une vieille enceinte, accrochée sur le mur jaune de son petit « parcadero-lavadero », il fait danser ses dreadlocks. Les side-cars en ressortent beaux comme des camions, parés pour la grande traversée. Celle qui les conduira de Montevideo à Riga en Lettonie.