Sur les routes russes

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Seul le fleuve Narva sépare la ville estonienne du même nom du plus vaste pays du monde, la Russie. Dès notre arrivée dans la ville, en début de soirée, nous prenons nos quartiers dans l’appartement loué sur internet et réservons via le site www.goswift.eu, un créneau pour passer la frontière le lendemain. Cette démarche administrative nous rassure. Elle semble présager une organisation pointilleuse et  peut-être même un passage de frontière rapide, au vu du nombre d’horaires proposés.

À 9h, l’heure de notre rendez-vous, nous nous présentons au poste frontière situé au pied de l’imposant château-fort du centre-ville de Narva. Mais, ce qui nous rendait confiant la veille, s’avère finalement être plus compliqué que prévu. Nous y apprenons en effet qu’à 9h nous n’étions pas attendu au poste frontière, mais au secrétariat d’une « zone d’attente » à l’extérieur de la ville. Une fois l’immense parking de cette zone atteint, nous entreprenons les premières formalités administratives, puis prenons place à l’extrémité d’une des colonnes formées par d’autres véhicules. Nous attendons une demie-heure que nos plaques d’immatriculation s’affichent sur un immense écran numérique, qui fait face à la petite dizaine de voitures qui nous précèdent.

Une fois le ticket “sésame” en poche, nous retournons au poste frontière du centre-ville  nous positionner dans la file d’attente aux abords du château. De nouveau, il nous faut patienter une petite heure ; un laps de temps qui nous offre la perspective de monter sur ses remparts pour y apprécier la vue sur la rivière Narva et la forteresse russe d’Ivangorod qui lui fait face.

Notre place dans la file progresse doucement, jusqu’à ce que le feu tricolore devant nous passe au vert. Nous présentons alors au douanier estonien les passeports et la carte grise des véhicules, qui y jette un rapide coup d’oeil avant d’ouvrir la barrière qui symbolise notre sortie de l’Union Européenne.

Nous avançons au ralenti sur le pont qui sépare les deux pays pour prendre place dans une nouvelle file d’attente. À l’autre bout de l’édifice, nous apercevons le dernier point de contrôle ; celui de la douane russe. Il reste sept véhicules devant nous quand il nous est remis un premier document à compléter. À notre plus grande surprise, il est rédigé entièrement en russe ; et ce premier contact avec son alphabet incompréhensible ne nous permet pas d’en déchiffrer le moindre mot. Après avoir demandé de l’aide à une automobiliste pour traduire les renseignements demandés, un jeune agent de contrôle nous propose une copie de ce document en anglais. La chance est avec nous ! Son très bon anglais nous est alors d’une grande aide et facilite la réalisation des formalités douanières. Elles demanderont certes un zeste de patience mais se passeront sans encombre. Le contrôle des véhicules se résumera à l’ouverture des valises, sans aucune fouille ; et à notre grand étonnement aucune question ne nous sera posées sur notre itinéraire.

La frontière derrière nous, nous nous mettons en quête d’un assureur dans la petite ville frontalière russe d’Ivangorod. Malheureusement, dans l’ensemble des petites boutiques des compagnies d’assurances nous entendons la même réponse… “Niet” ! C’est donc sans assurance que nous prenons la direction de Saint Pétersbourg, notre prochaine ville-étape.

Nos premiers kilomètres russes sont identiques à ceux de la veille en Estonie ; à la différence près qu’il nous est alors impossible de lire les directions sur les panneaux, le passage à l’alphabet cyrillique rendant leur déchiffrage impossible. Les alignements de bouleaux se succèdent sur le bords de la route, ponctués par les traversées de nombreux villages où des maisonnettes en bois jouxtent des barres d’immeubles démesurées.

Nous partageons pour la première fois l’asphalte avec les symboles russes que sont les LADA, “voitures du peuple” par excellence, et les camionnettes UAZ. À mesure que nous avalons les kilomètres à leur côté, nous remontons le temps pour nous retrouver propulsés sous l’ère soviétique. À cette période, bien que réputées pour tomber régulièrement en panne, les petites Lada 2101 surnommées les “Jigouli” bourdonnaient à chaque coin de rue ; pendant que leurs grandes soeurs, les Lada Niva 4×4, sillonnaient les chemins embourbés de la taïga. Leurs cousines, les camionnettes UAZ, qui du fait de leur carrosserie rectangulaire et allongée étaient surnommées “Bukhanka” (“miche de pain”) ; semblent elles à la fois hors du temps et inusables. Leur réputation de véhicules invincibles s’est forgée à force d’expéditions dans les plus rudes conditions des lieux les plus reculés de Russie ; gagnant en retour le respect de la nation entière. C’est donc en compagnie de ces trois figures emblématiques russes que nous progressons vers Saint-Petersbourg.

Une trentaine de kilomètres avant notre arrivée, un panneau nous indique notre entrée dans l’agglomération. La route s’élargie pour atteindre six voies. Le début d’une anarchie sans nom lors de laquelle nous nous faisons doubler dans tous les sens et souvent de manière serrée, pour ne pas dire en “queue de poisson”. Une fois le centre-ville atteint, le trafic se fait encore plus dense, nous atteignons avec difficultés la boutique de moto où nous devions récupérer nos pneus. Nous patientons entre les tramways et les voitures, observant l’architecture imposante de la ville caractérisée par ses larges avenues, ses palais majestueux et ses ponts enjambants le fleuve Neva.

Nous passons deux jours à Saint-Petersbourg, entre visites et bureaux d’assureurs. Malheureusement pour cette mission administrative, en ce pont du 1er mai, nous ne ferons face qu’à des portes closes. C’est donc sans assurance que nous faisons notre retour sur la route et quittons la deuxième ville du pays pour nous aventurer vers l’est.

Nous pénétrons progressivement dans la taïga russe. Fidèle à l’imaginaire que l’on peut s’en faire avec ses forêts à perte de vue entrecoupées fréquemment de ruisseaux, de rivières ou de fleuves. Les lignes droites tirées au cordeau tracent de longues cicatrices entre les bouleaux dressés en lignes ordonnées. Le bois est ici une véritable industrie. Sur le bord de la route, les empilements de troncs d’arbres ont remplacé les bornes kilométriques.  Une odeur enivrante de sapin s’en échappe. Cette expression, n’est cette fois-ci pas mentionnée pour exprimer les difficultés que nous rencontrons ; mais bien pour laisser libre court à votre imagination pour sentir cette douce essence de sève venir vous chatouiller les narines.

Au fur et à mesure que les chiffres du compteur défilent sur le cadran, une certaine monotonie s’installe, si propre à cette terre sauvage qui semble s’étirer vers l’infini.

Notre vie sur le route est alors ponctuée d’arrêts lors desquels les gens se rapprochent systématiquement, curieux de voir deux Ural sur les routes de Russie. Beaucoup nous disent que nous sommes fous. Pour eux, ces engins excellent dans les champs pour ramasser “les patates” mais en aucun cas pour faire des milliers de kilomètres.

Ce quotidien, nous le partageons avec la communauté des “routards” ; non pas celle de ces voyageurs, guide à la main, qui parcourent le monde en quête de la bonne adresse, mais bien celle qui regroupe toute ces personnes qui vivent “de et pour” l’asphalte. Les routiers tout d’abord, mais aussi les commerciaux, les ambulanciers et les policiers ; les pompistes, les aubergistes et les employés des cafés ; tous reliés par ces longues lignes droites qui transpercent la taïga. Ensemble, nous nous retrouvons chaque midi, pour partager le menu du jour dans les “cafés”, équivalents de nos restaurants “routiers.” Les suggestions du chef y sont écrites à la main sur les vitres du self ou sur une grande ardoise derrière le comptoir, le tout en russe… malheureusement incompréhensibles pour nous. À chaque porte poussée dans l’une de ces institutions, nous devenons les acteurs principaux d’un vieux western spaghetti. Les regards braqués sur nous, dans un silence de mort, il nous faut alors nous diriger vers le comptoir tel des cow-boys dans un saloon. La tension est alors palpable, mais dès les trois seuls mots de notre vocabulaire russe prononcés, elle laisse la place immédiatement aux rires et sourires. Viens alors le moment de faire nos choix, la barrière de la langue créée des situations incongrues. Face aux plats proposés, nous pointons du doigt ce que nous désirons sans pour autant savoir ce que l’on mangera. Seule certitude, arrivés en bout de self, la personne qui tient la caisse ne nous a jamais réclamé plus de 2€ alors que sur le plateau trônait souvent une salade en guise d’entrée, une soupe ou une assiette purée-paupiette, et un petit gâteau pour le dessert.

Une fois la peau du ventre bien tendue, la journée se poursuit pour chacun des routards, au gré de la puissance de son moteur et de sa résistance à la fatigue. Aux dernières heures de l’après-midi, il est alors temps pour nous de nous arrêter dans le premier “motel-garage” venu. Dans chacun d’eux, il y règne une atmosphère de road-trip américain avec un zeste d’ère soviétique. Pas de cadillac de garée au pied de l’enseigne lumineuse ; mais les ballots de paille pris par le vent traversent, ici aussi, les parkings en terre battue. Une nouvelle fois, il nous faut jouer “technique” pour nous faire comprendre des aubergistes afin d’obtenir 4 couchages au moindre coût. Toutes les stratégies sont alors bonnes pour faire diminuer la note : du couchage à deux dans un lit simple, ou dans les meilleurs des cas, la petite chambre isolée à l’autre bout du parking. Après avoir déchargé nos paquetages, sous les yeux ébahis des chauffeurs de poids lourds, les premières interrogations laissent vite la place à la chaleur des échanges. Nous partageons avec nos compagnons routards, conseils et anecdotes, avec l’aide de nos smartphones et de l’application “Google Traduction.”

Outre le piège de la monotonie et de la fatigue qui s’accumulent au fil des kilomètres, il nous faut également être vigilants à l’un des fléaux qui ravage le pays : l’alcool. Sur les routes, à plusieurs reprises nous avons fait la triste expérience de côtoyer des véhicules gardant difficilement le cap alors qu’aucun obstacle ne venait se mettre en travers des lignes droites de la taïga.

Il est 16h quand après une dernière pause, nous reprenons la route pour le dernier relais de la journée. Quelques minutes plus tard, une Kia double Julien et Marie en leur faisant une queue de poisson avant de réitérer ce comportement en se rabattant devant nous. Au même moment, les deux camions nous précédent se doublent et occupent les deux seules voies de cet axe routier. La Kia sans doute pressée, ne peut attendre et essaie de se faufiler entre les deux poids lourds. Une démarche hasardeuse qui l’envoie dans le décor après deux tonneaux. L’un des deux camions s’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence. Nous nous stationnons derrière lui et coupons nos moteurs. Nous échangeons deux mots en anglais avec le chauffeur routier : “ok”, “police.” Il traverse alors la route pour porter assistance aux passagers de la Kia. La voiture a fini sa course folle sur ses quatre roues. Le chauffard, avant même que le routier est eu le temps d’atteindre le véhicule, remet le contact et ressort la voiture du bas côté ; avant de s’arrêter quelques mètres plus loin sur la bande d’arrêt d’urgence. Le conducteur et son passager sortent alors de la petite berline et constatent, que le pneu avant droit a crevé. Ils rejoignent le chauffeur routier en titubant pour échanger quelques mots, pendant que nous assistons, ébahis, à cette scène de l’autre côté de la route.

Les deux occupants étant immobilisés par ce pneu crevé, le chauffeur routier nous invite à reprendre la route, nous assurant que la police arrive et qu’il reste sur place pour témoigner des faits qui viennent de se dérouler.

En fin d’après-midi, nous atteignons la ville de Tcherepovets. À la nuit tombée, alors que nous regagnons notre logement après le dîner, notre attention se porte sur la danse des gyrophares d’une voiture de police. À son bord, à la place du copilote, un homme dans une couverture de survie. Et derrière la voiture blanche des fonctionnaires, nous reconnaissons la Kia endommagée. Son conducteur, sous l’emprise de l’alcool a tout de même parcouru les 90 kilomètres qui sépare la ville du lieu de l’accident avec le toit de la voiture écrasée ; avant de se faire arrêter par les forces de l’ordre. Cette scène digne d’un mauvais film d’action, nous incita à modifier nos horaires de conduite, afin d’éviter de rouler après 16h.

Notre aventure à travers la Russie, se poursuit sans encombre jusqu’à ce que la taïga, laisse progressivement la place aux premiers monts de l’Oural. Entre Tchelibinsk et Oufa, les pentes s’élèvent, les side-cars toussotent au milieu des poids lourds. Dès les premiers lacets, l’air se rafraîchit et les flocons commencent à tomber. À hauteur de la petite ville de Zlatoust, nous atteignons le sommet d’un col à 800 mètres d’altitude, sous une véritable tempête de neige. Nous nous abritons au café du sommet pour nous réchauffer avec une bonne soupe “Solyanka.” Notre voisin de table, lui, préfère se concentrer sur sa mignonnette de vodka.

En Amérique du Sud, à chaque coup de fraicheur, nous faisions allusions aux températures que nous allions connaître en Russie. Ainsi sur les sommets andins, nous ne voulions pas nous équiper de l’ensemble de nos tenues hivernales, pour se rassurer en se disant que, lorsque nous devrions affronter le froid sibérien, nous aurions toujours une petite couche en plus. Et pourtant, par 4000 mètres d’altitude au beau milieu de la Cordillère des Andes, inutile de vous dire que l’on a connu des situations météorologiques peu enviables. On s’en était fait peut-être toute une montagne de ce climat russe. Il faut dire que les prévisions météo au mois de mai n’étaient pas des plus positives sur le papier, avec des estimations alternant entre -5°C et 5°C. Alors quand, après avoir été épargnés sur les premières centaines de kilomètres, nous avons dû faire face à nos premières conditions difficiles, nous en étions presque tout excités. La fraîcheur des températures nous oblige à nous emmitoufler sous de nombreuses couches de vêtements, adoptant la célèbre technique de l’oignon. Sous-couche, tee-shirt, sweat, doudoune, tenue de pluie et gants d’hiver, nous voici prêts à arpenter les longues lignes droites russes.

Mais les averses successives de pluie, de neige et de grêle, paraissent rapidement interminables. L’excitation des premiers kilomètres laisse rapidement la place au désespoir. Les doigts sont pincés et nos jambes semblent avoir disparu. Chaque petite éclaircie est une lueur d’espoir au bout d’un sombre tunnel et chaque station essence devient un petit coin de paradis. On y rentre tout humide avant de prendre place sur la table la plus proche du radiateur pour s’y blottir. Les fourmis viennent chatouiller nos doigts au contact de la chaleur du café.

Nous nous étions préparés à affronter cette difficulté, ne voulant pas subir les mêmes déboires que les troupes napoléoniennes. Pour cela nous avions choisi le mois de mai, pour éviter la traversée de ces montagnes de l’Oural sous des températures sibériennes. ; mais ces conditions météorologiques furent toute de même les plus difficiles que nous ayons connues depuis le début de cette aventure…

Outre la température, notre seconde difficulté sur les routes russes, fut d’avaler des centaines de kilomètres sur un asphalte en piteux état. Une conséquence directe des grandes variations de température dans le pays. Les motos et leurs passagers sont secouées dans tous les sens. Le revêtement et ses “nids de poule,” quand ce n’est pas des “nids de vache,” endommagent quelques peu les side-cars, nous obligeant à de joyeuses réparations.

Pour le premier arrêt mécanique, c’est la fixation de selle qui commença à donner des signes de fatigue, une large fissure y est apparue, mais réparée le soir même par Julien avec le poste à souder du motel.

La seconde mésaventure intervient à la suite du premier relais, le jour où nous prenions la direction de Perm. Après environ 100 kilomètres, nous nous arrêtons dans une station Lukoil pour remplir nos réservoirs d’essence. Julien par intuition, après cette nouvelle portion de route esquintée, vérifie le châssis de nos sides et constate sur chacun des deux engins, une nouvelle fissure sous la suspension du panier. Face à ce coup dur, et le temps d’analyser la situation, nous prenons un café à la station. Comme à notre habitude, nous éprouvons quelques difficultés pour commander, mais les serveuses sont comme toujours très gentilles et compréhensives. Nous y retournons une seconde fois pour leur demander un conseil d’hôtel, puis une dernière fois pour savoir si elles ne connaissent pas un soudeur. Elles nous demandent de patienter 10 minutes, sans nous expliquer pourquoi.

A l’heure indiquée, débarquent à bord d’une vieille camionnette, deux soudeurs. Ils inspectent les side-cars et nous demandent de les suivre. Ils nous conduisent à deux kilomètres de là dans un motel où nous pouvons faire la mécanique dans d’excellentes conditions, sur une dalle en béton au milieu du parking des routiers. Pour rester dans le thème, nous utilisons des briques en guise de crics, ce qui nous permet de travailler simultanément sur les deux side-cars, avec qui plus est, un gain accrue de stabilité.

Une fois le bras oscillant extrait de chacun des sides, Emilie et Julien se rendent à l’atelier d’Alexander, le soudeur, qui les poncent, les coupent, les soudent et les renforcent. Au moment de le payer pour ce service, il fait la grimace avant de sourire en annonçant fièrement le mot anglais : « present ». Après l’avoir remercié chaleureusement, nous regagnons le parking. Il nous faudra plus de deux heures pour remonter le tout ; interrompues par laine pause bière avec Alexander qui débarque sur le parking avec une magnifique “Jigouli” dont il a refait parfaitement la carrosserie. Michael, l’agent de sécurité du parking se joindra également à nous avant de veiller sur nos bolides pendant la nuit.

Alors que nous nous rapprochions à grand pas de la frontière Kazakh, une dernière mésaventure est venue ponctuer notre périple sur les routes russes. Nous en parlions la veille et cela ne nous a pas porté chance. 40 kilomètres après notre départ de la petite ville de Iouriouzan, Marie et Julien ne sont plus dans nos rétroviseurs. Dès la première occasion nous nous arrêtons sur le bas-côté avant de nous lancer dans une opération périlleuse, d’effectuer un demi-tour malgré l’important trafic de poids-lourds.

Quelques centaines de mètres plus haut, nous les apercevons arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence. Nous faisons à nouveau demi-tour pour venir nous stationner à leur hauteur. Il s’agit bien de la première crevaison du voyage, après 32 832 kilomètres parcourus. Et alors qu’à l’heure du départ, la neige tombait sur les montagnes de l’Oural ; la réparation se fera par chance sous un rayon de soleil. Ni une, ni deux le cric est de nouveau de sorti et le pneu est changé. Une affaire menée en 40 petites minutes. Nous quittons la bande d’arrêt d’urgence pour nous réinsérer dans le trafic routier. Nous partageons alors avec les routards russes, les derniers kilomètres qui nous sépare du Kazakhstan, terre de la suite de nos aventures en Ural…