Sur les routes grecques

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Sur ces routes sinueuses, nous arpentons la Grèce. Les virages s’enchaînent au rythme du profil de la côte et de celui des collines qui jalonnent le pays.

Passé la frontière, puis la ville de Kavala, nous quittons l’autoroute, pour emprunter un axe secondaire bordant la mer Egée jusqu’à Olympiada. Le relief nous guide successivement du bleu du ciel au turquoise de l’eau, suivant le dénivelé des collines qui se jettent dans la mer.

Puis vient le moment de bifurquer et quitter la côte pour découvrir les petites routes de campagne au cœur de la Chalcidique. Dans cette région, la nature est reine, entre forêts et champs d’oliviers, les villages perchés se succèdent. Ça grimpe sur la colline, avant de redescendre dans la vallée suivante et ainsi de suite ; les bécanes filent au gré des vents sur ces routes secondaires sinueuses et enivrantes.

À Sozopoli, nous profitons d’une étape de quelques jours, ponctuée par une coupure d’électricité, pour faire un brin de mécanique. En plus des habituels serrages et graissages, nous révisons notamment les roulements des roues. Un brin de nettoyage et voilà nos side-cars parés pour poursuivre leur mission jusqu’à la fin de ce périple.

Dans la région des Météores, nous nous régalons sur la petite route panoramique 4418. À flanc de falaise elle permet de voir défiler les différents monastères. À son extrémité, arrivés à la patte d’oie, nous tournons à droite. La route s’élève de nouveau sur quelques mètres avant de nous offrir l’opportunité de chevaucher les crêtes jusqu’au village de Vlachava. Devant nous, les rayons du soleil transpercent les nuages pour éclairer les monastères d’une lumière divine.

Après le dîner, retour à la maison dans le noir à pas de loup. Notre feu de croisement a grillé. C’est donc avec l’unique feu de route, qui paradoxalement éclaire moins bien, que nous rentrons ; suivant les phares arrières de la voiture qui nous précède.

À force de mettre le cap au nord, la frontière albanaise se rapproche. Vient alors le moment d’entamer une course poursuite avec l’orage menaçant qui nous poursuit. Nous narguons les nuages à coups d’accélérateur, lors d’une petite escalade dans les montagnes. Nous trouvons finalement refuge sous la suite de tunnels, qui s’étire sur des dizaines de kilomètres, à l’approche de Ioannina, dernière ville importante avant le passage de frontière.

L’Albanie et la pluie nous tendent les bras…