Sur les routes Équatoriennes

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Passés le pont qui marque la séparation entre la Colombie et l’Équateur, les side-cars foulent pour la première fois le bitume équatorien. Dès les premiers kilomètres et jusqu’au sud du pays, les motos se régaleront sur cet asphalte lisse et sans pièges. À noter que cet excellent revêtement se trouve aussi bien sur la Panaméricaine que sur les routes secondaires permettant d’atteindre les différents volcans.

Contrairement à la Colombie, les autoroutes équatoriennes ne sont pas gérées par des entreprises privées mais par l’État. A chacun des péages nous payons la modique somme de 20 centimes de dollars américains.

En comparaison du précédent pays qu’est la Colombie, la gestion des déchets est une préoccupation importante pour le pays. Dès les premiers kilomètres nous constatons qu’il y a moins de déchets à joncher le bas-côté des routes. Les poubelles sont plus présentes aux péages et dans les stations-services où il existe même parfois des poubelles de tri aux couleurs similaires à celles que nous connaissons en Europe.

L’État a également réalisé une grosse campagne de sensibilisation en disposant sur le bord des routes de nombreux panneaux de signalisation faisant la promotion de la protection de la nature avec des slogans tels que “Les arbres sont les poumons de notre terre : protégez les !”

Pour ce qui est de l’essence nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières. Nous avons poursuivi notre habitude de nous faire servir et avons continué nos conversions de galons en litres pour estimer les prix. L’essence y est un petit peu plus chère qu’en Colombie mais nous ne dépassons jamais les 1,20€/litre.

En revanche après avoir dépassé la ville de Puyo, en longeant l’orée de la forêt amazonienne et avant de rejoindre la petite ville de Sucua, nous avons dû utiliser un de nos bidons d’essence. Nous nous sommes fait surprendre par le fait que pendant les 100 kilomètres de lignes droites qui longent la forêt, nous n’avons pas trouvé une seule goutte d’essence.

En Équateur, nous avons été surpris par le nombre de personnes portant au quotidien les habits traditionnels. N’ayant pas les moyens de posséder une voiture personnelle, régulièrement sur le bord de la route nous pouvons apercevoir des locaux attendant patiemment avec leur baluchon l’arrivée d’un bus qui les conduira dans la ville voisine. Sur certaines routes secondaires et particulièrement sur celles longeant la forêt amazonienne, nous les croisons parfois, près de ce qui nous semble être le milieu de nulle part, à des dizaines de kilomètres de la prochaine ville.

Le passage de la ligne de l’Équateur marque notre entrée dans l’hémisphère Sud. D’après nos calculs, nous devions donc nous rapprocher de l’été et de ses chaleurs. Mais en arrivant, une centaine de kilomètres plus au sud à l’approche du volcan Cotopaxi, c’est bien par la pluie et des températures proches de zéro degré que nous avons été accueillis. Ni une ni deux, nous avons donc pour la première fois du voyage enfilé les doublures de nos blousons de motos.

L’aventure sur la route se traduit aussi parfois par quelques déboires mécaniques. En arrivant en Équateur, dans la ville d’Ibarra, nous avons dû procéder à quelques révisions mécaniques, ouvrir un moteur et notamment roder une soupape. Après avoir pris plaisir à retirer le panier, démonter un cylindre, contrôler l’arbre à cames, le vilebrequin et la distribution puis régler les défauts, il a fallu alors tout remonter. Ce qui se traduit par le serrage de vis et écrous avec un couple de force précis. Pour cela, il faut utiliser une clé dynamométrique que nous n’avions pas en notre possession dans nos caisses à outils.

Ni une ni deux, nous prenons le side-car encore d’attaque pour nous rendre dans la rue des mécanos trouver notre perle rare. En Équateur, comme en Colombie, les boutiques vendant les même produits sont regroupées au sein d’une même rue. Ainsi on peut trouver la rue des télévisions, la rue des frigidaires, la rue des agences de voyage et donc la rue des mécanos. Pour trouver la clé dynamométrique, nous avons arpenté cette rue en long, en large, et en travers. Les Équatoriens, désolés de ne pas avoir ce que l’on cherche, nous indiquaient gentiment la boutique concurrente de l’autre côté de la rue ayant potentiellement notre perle rare. Dans l’avant dernière échoppe de la rue, on nous indiqua un magasin d’outils agricoles à trois pâtés de maison dans la rue des débroussailleuses et autres bêches et bineuses. Et effectivement, après trois petites heures de recherche nous finîmes par mettre la main sur ce précieux instrument.

Même trouver un outil dans un pays et une ville inconnue, c’est une réelle aventure !

Cette mission accomplie, nous avons pu remonter le moteur et reprendre sereinement la route toujours plus au sud.