Rencontres Colombiennes

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Nous souhaitons placer la notion de partage au cœur de cette aventure. Nous essayons de traduire cela par des faits concrets en échangeant avec les enfants d’écoles françaises, en partageant cette aventure avec nos proches ainsi que sur les réseaux sociaux. Mais l’échange se construit au quotidien avec les personnes qui croisent notre route. Sans elles, nous ne pourrions vous raconter autant d’anecdotes. Nous ne pouvons malheureusement pas être exhaustif et vous présenter l’ensemble de ces formidables personnes, mais chacun de ces moments resteront gravés dans nos mémoires.

 

Benjamin et José Luis – Mutiscua

Notre première histoire commence sur la route de Pamplona. Nous avions, depuis notre départ de Cartagena, pris l’habitude d’effectuer des étapes quotidiennes de 150 kilomètres en moyenne. Or 300 kilomètres séparent les villes de Bucaramanga et de Pamplona. Entre les deux, des montagnes, des plaines et quelques villages. Autant dire qu’en cherchant un endroit où dormir sur internet, nous n’avions pas grand choix. Nous avons donc jeté notre dévolu sur un petit hôtel dans le village de Mutiscua.

Après avoir quitté l’axe principal, descendu quelques lacets sur près de deux kilomètres, les premières habitations apparaissent. Au détour d’un virage en épingle, la jolie place principale du village s’offre à nous. Marie et Émilie, GPS en main, partent alors en quête de l’hôtel pendant que Julien et moi gardons un œil sur les motos.

Benjamin se présente à nous, intrigué par les motos. Nous commençons à échanger sur la mécanique, la cylindrée, la largeur des pneus, avant qu’il ne nous propose de l’accompagner boire un café. Nous reportons sa proposition en lui indiquant que nous attendons le retour des filles. Après avoir fait trois fois le tour du village, Marie et Émilie nous annoncent, à leur retour, ne pas avoir trouvé l’hôtel recherché.

Nous questionnons Benjamin pour savoir s’il connait un endroit où nous pourrions louer une chambre avec un parking. Ni une ni deux, il nous invite à le suivre. Nous nous dirigeons vers une rue adjacente de la place. Benjamin s’arrête devant une maison et sonne à la porte. Une dame âgée lui ouvre. Benjamin, dans un espagnol à couper au couteau, lui explique notre situation. Elle nous ouvre alors en grand la porte de son parking et nous montre deux chambres indépendantes de sa maison. Elle est ravie de nous les proposer pour passer la nuit.

Une fois les motos garées et nos affaires installées pour la nuit, nous retournons retrouver Benjamin sur la place. En rentrant dans le bar, l’heure est à la bière  pour savourer la fin de la journée. Sur l’une des tables quelques une ont déjà été dégustées. Nous partageons donc, avec Benjamin et ses amis, la « cervecita » de fin d’étape puis découvrons avec eux l’Aguardiente, la liqueur à l’anis locale. Devant le comptoir, nous faisons la connaissance de José Luis. Il est intrigué par notre voyage et nous questionne également beaucoup sur la vie quotidienne en Europe par rapport à leur village. Il souhaite faire tout le nécessaire pour que notre séjour à Mutiscua soit mémorable. Une fois quelques bières de l’amitié savourées, José Luis nous accompagne manger un “perro caliente” dans l’échoppe voisine. La soirée sera conclue par une ultime discussion arrosée d’Aguardiente, sur les ressources économiques du village, ses fêtes et traditions.

 

Le lendemain au réveil, en déambulant dans les rues du village, nous croisons de nouveau la route de Benjamin. Il est 10h, l’heure de la pause syndicale. Sa journée a commencée à 6h30. Il nous propose une nouvelle bière, que nous déclinons. Il insiste alors pour nous offrir des barres chocolatées en guise de petit-déjeuner.

Au moment du départ, José Luis nous fait la surprise de passer nous dire au-revoir. Nous prenons une dernière petite photo avec lui et notre hôtesse avant de remonter sur la route principale qui nous permettra de rejoindre Pamplona.

 

Bryan et Erin – Medellín

Sur la route de Medellín, nous avons fait une étape à San José del Nus. La mécanique, planifiée avant de reprendre la route, a finalement duré un peu plus longtemps que prévu. Nous nous sommes, en effet, aperçu que le jeu de cales de soupapes était trop large. Peu importe les petites heures de perdues ; elles nous ont permises de rencontrer Bryan et Erin qui passaient par là, et qui à la vue de nos side-cars ont fait le choix de faire une pause.

Après une brève discussion sur nos bolides, nous échangeons nos coordonnées et nous promettons de nous retrouver à Medellín pour partager d’avantages nos anecdotes de voyage.

Après une journée à vadrouiller dans le quartier de la “Comuna 13” puis dans le centre historique, nous retrouvons Erin et Bryan en fin d’après-midi dans le quartier de « Parque Lleras ». Nous partageons une première bière tout en échangeant nos bons plans. Nos projets sont similaires : descendre jusqu’en Patagonie Chilienne au guidon de nos bécanes.

Les rêves creusant l’appétit, nous nous mettons en quête d’un petit bout à nous mettre sous la dent. Après avoir pointé du doigt le fait que nous n’avions pas eu l’occasion de savourer une bonne pizza depuis le début de séjour, nous optons donc pour le restaurant italien de Il Forno qui réalisera notre souhait.

Nous concluons ce repas en se promettant que si nos routes se croisent de nouveau lors de nos périples respectifs nous ne manquerons pas de partager de nouveau un bon moment ensemble.

 

Yeison et sa famille – La Pintada

Après avoir quitté Guatapé, sur la route de la région du  café, nous avions visé la petite ville de La Pintada pour passer la nuit. En arrivant en fin d’après midi, nous nous sommes rapidement mis en quête d’un hôtel pour la nuit. Après trois refus pour manque de places, nous nous sommes garés, un peu anxieux, devant un quatrième hôtel. Pendant que Émilie et Marie questionnait la réception sur une éventuelle disponibilité ; Yeison, propriétaire du restaurant attenant l’hôtel, vient discuter avec nous pour en savoir un peu plus sur notre voyage. Les filles, à leur retour, nous informent que là encore, pas de chambre de libre.

Yeison nous apprend que la ville est touristique et qu’un grand nombre d’habitants de Medellín viennent profiter des thermes de la ville le week-end. Ce dimanche soir, les hôtels sont complets puisque le lendemain est férié. Le pays célèbre en effet la découverte de l’Amérique par Christrophe Colomb.

Nous voyant en difficulté, Yeison se propose spontanément de nous héberger chez lui.

Une fois nos affaires installées dans son salon, nous allons dîner dans son restaurant pour déguster un hamburger de derrière les fagots préparé par sa femme Neiyireth. Yeison nous parle de sa passion pour le VTT de descente, nous montre quelques vidéos et nous parle de sa région .

Nous passons la nuit dans leur salon, la rue est passante et le passage de quelques camions berce notre sommeil. Au réveil, Leydi nous propose un merveilleux petit-déjeuner composé d’œufs brouillés, de tartines et de “chocolat con queso” (un chocolat chaud accompagné d’un morceau de fromage frais). Nous discutons toute la matinée en comparant nos quotidiens entre la France et la Colombie. Il est midi et il est temps pour nous de reprendre la route en direction de notre prochaine étape, Santa-Rosa.

 

Bernard et Fabienne avec leur super camping-car 4×4 – Salento

A notre arrivée au camping de La Serrana, à Salento, nous sommes impressionnés par le camping-car 4×4 Mercedes à côté duquel nous avons monté notre campement. A côté, nos tentes paraissent ridicules ! Le lendemain, lors de la randonnée nous croisons au milieu d’une montée infernale, un couple de français nous interrogant de la distance les séparant de la maison des Colibris, étape clé de la balade. Nous nous rendons compte qu’ils s’agit de Bernard et Fabienne, nos voisins de campement. Intrigués par nos side-cars, nous avons convenu de poursuivre cette échange une fois de retour au camping.

Le lendemain, autour de la petite révision mécanique des Urals, nous reprenons la discussion là où nous l’avions laissé la veille. Bernard nous parle de sa passion pour les deux roues, de sa jeunesse au guidon d’une Mash et de leur expérience en Amérique du Sud. Parce que Bernard au volant de son engin, il est passé partout, la route de la mort du côté d’Ipiales, les routes escarpées de la cordillère blanche, les pistes de Bolivie. Fabienne, elle, n’hésite pas à nous donner de bons tuyaux et nous rassure sur les différents passages de frontières et notamment celle avec l’Équateur qui approche. Nous prenons des notes que nous affinerons en consultant leur blog : https://www.myatlas.com/Nanarlelion

Nous reprenons notre route vers le Sud mais gardons précieusement leur coordonnées pour partager un café lors de notre prochain passage du côté de Briançon.

 

René – Popayan

Il est de ces rencontres qui ne peuvent être préméditées. 18h30, la nuit vient de tomber sur la ville de Popayan. Sur le chemin du retour vers le camping après une petite visite du centre-ville, nous sommes doublés à un feu par un motard possédant de nombreux autocollants sur ses valises. A hauteur de la station service, le pilote nous fait signe de nous arrêter. Nous coupons le contact de nos side-cars derrière sa bécane. René se présente, il fait parti du club de motard de la ville et a pour habitude d’inviter chez lui les voyageurs à moto qu’il croise. Nous acceptons son invitation pour partager le petit-déjeuner et ainsi discuter plus amplement de notre voyage.

Le lendemain à 8h30 nous arrivons devant la maison à l’adresse indiquée la veille par René. Il nous attend sur le parvis avec un drapeau du club. Nous prenons alors quelques photos et selfies avant de monter prendre un café. René nous reçoit chaleureusement chez lui, nous fait goûter des biscuits et des bonbons locaux ressemblant à des chamallow. Sur la porte de son bureau, il nous présente avec fierté les autocollants des motards qu’il a accueilli chez lui. Nous y affichons fièrement notre carte.

Nous quittons René, le ventre bien rempli, pour reprendre la route vers Pasto.

Il est 11h15, René s’en était bien caché mais ce matin à 11h, c’est la communion de sa fille ! Mais pas d’affolement, il était important de recevoir des motards comme il se doit.

 

Les routes Colombiennes laissent la place à l’asphalte Équatorien. Le périple vers le Sud se poursuit, ponctué de nouvelles rencontres.