Rencontres Argentines

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Juan Carlos de Bajo Caracoles

Arrivés en fin d’après-midi à Bajo Caracoles, petit village balayé par le vent, nous nous mettons en quête d’un espace abrité pour monter le campement. Il y a bien un petit panneau indiquant un camping mais personne pour nous offrir le moindre renseignement. Nous partons alors à la recherche de Juan Carlos dont nous avons trouvé les coordonnées sur iOverlander, une application dédiée aux voyageurs. Nous nous dirigeons, comme indiqué, vers le point de santé pour en savoir plus ! La porte nous est ouverte par quelqu’un, nous indiquant que Juan Carlos est absent… Mais après quelques instants, il nous dit qu’il blague, que c’est bien lui et nous invite à rentrer ! Il est infirmier et assure les premiers soins médicaux sur les 200 kms de la Ruta 40 en amont et en aval du village. Il nous offre l’hospitalité pour la nuit dans la petite chambre située entre la salle de consultation et la cuisine.

Dès les premières minutes, Juan Carlos nous met à l’aise grâce à son humour. Il nous offre le maté et nous présente son livre de cuisine française. Après quelques pages, nous découvrons la recette de la soupe à l’oignon. Une recette simple que nous cuisinons en entrée, pendant que « J.C » nous prépare des pâtes agrémentées d’une excellente sauce maison.

Fabio, le policier du village, en charge de la sécurité sur la même portion de route que Juan Carlos, se joint à nous pour la soirée. Il nous propose de découvrir le cocktail local à base de Fernet (une liqueur de plantes) noyé dans le coca ; une recette au doux goût de médicaments…

Pour vous retranscrire, comme il se doit l’ambiance de la soirée, imaginez une petite maison médicale perdue dans un hameau rural dans laquelle se trouve une petite salle de pause à l’arrière du bâtiment, avec une table, quatre chaises, un beau fauteuil et une boule à facettes. Cette seule source de lumière nous éclaire de toutes ses couleurs. Et pour couronner le tout, en fond musical, une playlist des années 80, avec un volume sonore poussé à l’extrême parce que : “Michael Jackson, ça s’écoute fort…”

Jorge – El Mago Hamelin à Gobernador

Soirée au camping de Gobernador Gregores, nous y rencontrons Jorge, un magicien professionnel qui voyage en exposant son talent en échange de l’hospitalité ou de quelques litres d’essence.

Son pickup Ford aménagé est original, il nous intrigue et par curiosité nous échangeons nos premiers mots. Une discussion qui se poursuivra autour d’une bière et de pâtes au pesto préparées sur le réchaud.

Jorge nous bluffe par ses tours de magie qui agrémenteront notre soirée. Le lendemain au moment des « au revoir », il nous apprend un dernier tour et nous offre les cartes truquées pour le réaliser.

Jean-Luc et Nelly

Nous rencontrons Nelly et Jean-Luc pour la première fois au pied du supermarché “Anonyma” de Gobernador Gregores. Ce couple de motards, de la campagne Seine et Marnaise, parcourt l’Amérique du Sud en BMW GS, dont ils sont tombés amoureux, il y a maintenant plusieurs années. À leur retour en France, ils ont pour projet d’acquérir un side-car Ural et c’est donc tout naturellement qu’ils sont venus à notre rencontre en apercevant nos bolides. Après avoir partagé nos anecdotes de voyage et échangé nos contacts, nous entrons alors dans le supermarché où, sur leurs conseils, nous achetons notre premier « bon » saucisson du voyage (tout est ici question de point de vue, et après quatre mois de voyage, nous sommes plus laxistes quant au respect de la règle des trois F : fleur, forme, fermeté).

Nous retrouvons les voyageurs de Adventura2, par hasard, dans la longue file d’attente de la station service Petrobras de El Calafate. Une coïncidence qui aboutit à une soirée de partage autour d’une copieuse « parilla » sur notre petit emplacement au camping municipal de la ville. Jean-Luc et Nelly, responsable des gourmandises de l’apéro nous régalent de saucisson, de fromages et de vin.

Après la visite du Perito Moreno et la poursuite du périple vers le Sud, c’est à la « fin du monde » que nous partageons les bières suivantes. À Ushuaïa, nous célébrons notre arrivée au point le plus austral de notre voyage dans un vieux pub à l’ambiance chaleureuse. La météo à l’extérieur est proche de celle de l’Irlande et la bière locale qui coule des tireuses n’a rien à envier à l’or ambré du Connemara.

Au moment de mettre le cap vers le Nord pour rejoindre la capitale Uruguayenne (lieu de mise en conteneurs des véhicules des deux équipes), nous adoptons deux stratégies différentes. La moto la plus rapide opte pour la route de l’Est qui conduira ses passagers du lac Bariloche aux chutes de Iguazu, tandis qu’avec nos « tracteurs » nous décidons de prendre la route la plus directe qui longe la côte Atlantique. À Montevideo, nous nous retrouvons une dernière fois en terre Sud-Américaine, mais nul doute qu’à notre retour en France, nous partagerons de nouveau, avec ces aventuriers des terres du Sud, un bout d’asphalte et quelques mousses.

Les pêcheurs de San Antonio Oeste

Sur les conseils d’un couple de retraités (rencontrés sur une aire d’autoroute YPF) ; nous plantons la tente au “Club Nautico Social y de Pesca » lors de notre étape à San Antonio Oeste. Le camping existe depuis quelques mois, mais le club organise des concours de pêche depuis plusieurs années déjà.

À notre arrivée, nous sommes accueillis par Luis, le patron des lieux. Sur ses conseils, nous optons pour l’emplacement à l’ombre à l’arrière du bâtiment. Une fois le campement monté, nous l’interrogeons pour savoir où est-ce qu’il serait possible de trouver du bon poisson pour les grillades du soir. Il passe alors sa main dans ses cheveux de vieux loup de mer, rendus si atypique par le sel et le soleil de ces nombreuses années passées en mer. Il nous propose de partager une « parilla » de poissons avec les marins du village qui vivent à l’année au camping.

Franco et son frère, Lucas, nous préparent une “paella” à partir des victuailles ramenées d’une précédente pêche. Les ingrédients mijotent dans un immense plat positionné au dessus du feu de bois. Nous partageons les premières bières Quilmes de la soirée, autour du feu.

Le lendemain, après une petite journée farniente, c’est à notre tour de préparer à nos hôtes un dîner constitué de spécialités culinaires françaises.

Nous devions initialement reprendre la route, le jour suivant, mais la mécanique en a décidé autrement. Et c’est finalement autour d’une parilla argentine que nous partageons cette troisième soirée au club nautique. Nous ne veillerons pas trop tard, car aux aurores, le bateau du Lucas largue les amarres, tandis que Franco et Nicolas doivent être au port de bonne heure pour réaliser la préparation des câbles de pêche sur leur bateau.

Au réveil, nous partageons le maté avec toute l’équipe avant qu’ils n’embauchent. Au moment du départ, nous faisons un crochet par le port pour saluer Franco et Nicolas. Au début réticent à ce que des touristes pénètrent dans cette enceinte surveillée, l’agent faisant autorité au port finira par nous accompagner sur les quais et nous présenter les différents bateaux présents. Avant de sortir, nous saluons brièvement Franco qui a fort à faire avec ses câbles.

Ricardo, Ivan et Marcos

Cette rencontre prend ses racines dans le petit village de Hornopiren sur la Carretera Australe. Nous avions alors recherché avec Ricardo et ses deux garçons, Ivan et Marcos, la billetterie du ferry qui permet de rejoindre le petit village de Chaiten. C’est finalement sur ce bateau que cette amitié a débuté. La traversée s’est faite sous un temps pluvieux, et malgré cela, les paysages étaient somptueux. Ricardo a quitté Buenos Aires avec ses deux enfants pour un voyage de plusieurs semaines en Patagonie au guidon de deux BMW.

Nous les avons ensuite retrouvés, sur le « glacier des explorateurs » à hauteur du petit village chilien de Puerto Rio Tranquilo. Nos chemins se séparant à la suite de cette aventure, Ricardo, nous proposa un carré de pelouse pour planter nos tentes lors de notre passage à Buenos Aires.

Quelques jours avant notre arrivée dans la capitale Argentine, nous avions donc repris contact avec lui et c’est avec enthousiasme qu’il nous a accueilli. À notre arrivée, Ricardo nous a sorti le « grand jeu », l’idée de planter les tentes a été remplacé par la mise à disposition de deux belles chambres ; et une fois nos valises déchargées, il se plia en quatre pour que tout se passe pour le mieux.

Le soir, toute la famille est réunie autour d’une parilla. Ricardo nous révèle les secrets d’une cuisson maîtrisée de la viande, qui réside dans la réalisation d’un feu sur une des extrémités du barbecue avant de disperser les braises incandescentes sous la viande. Ainsi il n’y a pas de risques de devoir se battre avec les flammes ; et pour savoir si la température est bonne, il faut être en capacité d’apposer sa main juste au-dessus de la viande dix secondes (pas plus – cuisson trop forte ; pas moins – manque de puissance).

Au réveil le lendemain, nous nous régalons d’excellents croissants au petit-déjeuner. Puis montons dans la voiture de Ricardo pour la visite de la ville de Tigré puis celle de la capitale Argentine. En fin d’après-midi, nous prenons possession de la cuisine pour préparer un dîner français à l’ensemble de la famille. Au menu, melon-jambon, poulet flambé accompagné d’un gratin dauphinois ; et en guise de dessert, des crêpes pommes-caramel au beurre salé (maison).

Pour la troisième journée en compagnie de Ricardo, nous accompagnons sa moto GS, avec nos Ural, pour visiter le village traditionnel de San Antonio de Areco, qui met en avant la culture « Gaucho » (cow-boys locaux) et les traditions de la campagne argentine. Nous terminons cette journée en partageant une bière dans le quartier Belén de Escobar.

Après une dernière journée à pérégriner dans les rues de la capitale, nous quittons Ricardo, Astrid et Marcos, le lendemain en fin de matinée. Les garçons nous escortent jusqu’au dernier échangeur de l’autoroute n°9. Nos routes se séparent une nouvelle fois, mais elles se recroiseront certainement prochainement…