Riga – 15 jours – 10 mètres d’altitude

English version available here.


Depuis Ho Chi Minh, au Vietnam, notre vol long courrier atterri à Helsinki. À peine arrivés sur le tarmac de l’aéroport finlandais, nous montons dans un nouvel avion en direction de Riga, la capitale Lettone. Les coups de 10h n’ont pas encore retentis lorsque nous foulons pour la première fois le sol de l’Union Européenne, sept mois après avoir quitté son territoire.

À la sortie de l’aéroport, la première épreuve consiste une nouvelle fois à déchiffrer les panneaux. Au premier coup d’œil, nous sommes tout d’abord rassurés de retrouver un alphabet latin. Mais nous déchantons finalement rapidement car beaucoup de consonnes possèdent des accents. De plus, le letton ne prend ses racines ni dans les langues latines, germaniques ou russes. Le letton est une langue unique qui a traversé les siècles malgré les nombreuses périodes d’invasion qu’a connu le pays.

Mais revenons en à notre recherche de bus ; qui à ce moment là est au point mort…
C’est finalement au culot que nous arpentons le parking désert du petit aéroport et finissons par identifier le minibus qui assure la liaison avec le centre-ville de Riga.

Après quelques minutes de trajet, nous arrivons au pied de la gare centrale de la capitale. Ce n’est encore que la fin de matinée et nous profitons pour nous lancer, chargés de tous nos bagages, dans notre quête d’une agence de tourisme. L’objectif est de résoudre au plus vite la question de l’obtention du Visa Russe.

Notre retour sur le territoire européen, nous permet de nous lancer dans des recherches sur internet pour trouver trois agences qui puissent nous renseigner. Après deux premiers échecs, nous nous présentons au pied du troisième immeuble ; le doute subsiste. Rien ne laisse présager l’existence d’une agence de voyage dans ce vieux bâtiment, si ce n’est la plaque de l’entreprise à gauche de la porte. Par la cage d’escalier de l’immeuble, nous grimpons au troisième étage. Sur le palier un support de communication indique la présence de l’agence. Au bout d’un couloir, plongé dans le noir, la lumière jaillit d’un petit bureau. Nous sommes reçus par une jeune femme, qui parle un anglais approximatif, mais bien suffisant pour répondre à notre requête et nous aider dans la réalisation de ce visa.

Après cette péripétie, qui nous permis d’entamer ces démarches administratives, nous nous laissons tenter par un petit bagel sur le pouce, avant de prendre nos quartiers dans un petit appartement du centre-ville. Pour le dîner du soir, nous décidons de nous rendre au marché central de Riga (Rupniecibas Precu Tirgus) à quelques pas de notre camp de base. Les bâtiments de ce lieu atypiques sont hors du commun. Créés à l’origine pour accueillir des dirigeables, ils abritent aujourd’hui des étales de poissons,  de fromages, de pains et de bien d’autre produits locaux.

Autour de ces bâtiments, un important marché aux fleurs s’est installé, apportant de magnifiques touches de couleurs au milieu de ces imposantes structures de béton. Derrière un vase de marguerites, posé sur une table de pique-nique je crois reconnaître Mamie Nénette, en train de vendre les bouquets de son jardin normand…

Après une nuit rallongée, afin de nous remettre du décalage horaire, nous nous mettons en action pour découvrir le centre historique de la capitale lettone.
Une balade sous le soleil, où chacun de ses rayons révèlent la beauté de ses petites rues médiévales célèbres pour leurs pavés et leurs vieilles bâtisses aux murs colorés (dont les plus emblématiques sont la maison des « Têtes noires » et les maisons jumelles des « Trois Frères »). Nous assistons à la relève de la garde au château de Riga, lieu de résidence du président letton, avant de regagner les larges avenues où circulent de vieux tram hors d’âge. Au bout de l’une d’elles, le monument de la Liberté trône, droit comme un I.

Pour profiter de la douceur du week-end de Pâques, nous mettons les voiles vers la mer Baltique. Au départ de la gare centrale, nous montons dans ce qui s’apparente à un « train de banlieue » pour rejoindre la station balnéaire de Jurmala, et plus précisément son quartier de Jandubulti, ancien village de pêcheur.
A notre arrivée dans la petite gare, perdue au milieu des pins, pas un chat. Le guichet d’information est désert et pas l’ombre d’un agent pour nous indiquer la direction de la ville. Nous empruntons donc au feeling un petit chemin goudronné au milieu de la forêt, qui nous mènera jusqu’à notre gîte.
Jurmala, est une succession de vieux villages de pêcheurs au milieu de la pinède. Mais aujourd’hui, pour ce Cap-Ferret letton, l’activité principale reste le tourisme. Au milieu de la forêt, se cache de nombreuses villas et de vieilles bâtisses domaniales dont le bardage en bois est peint de jolies teintes de couleurs pâles.
L’accès à la plage se fait par le petit chemin emprunté précédemment qui traverse la zone boisée avant d’atteindre la longue bande de sable qui s’étire sur des dizaines de kilomètres. À l’endroit où les grains de sable rencontrent les aiguilles de pins, est érigée la sculpture de la Raina Priedes, un arbre métallique en hommage à un poète local. Une œuvre qui n’est pas sans nous rappeler celles de l’atelier LMB.
Notre balade, les pieds dans le sable, nous conduit jusqu’au quartier/village suivant de Majori. Nous nous y autorisons une pause bière en terrasse, sous les derniers rayons de ce soleil d’avril, avant de rebrousser chemin vers notre humble demeure.

C’est à la station de Dubulti que nous attrapons, le lendemain, un train pour Sloka. Dans le nouveau bâtiment de la gare, nous découvrons une exposition d’art contemporain. Les œuvres plastiques ont dû être réalisées par des artistes torturées, tant elles semblent sombres.

Quelques minutes de trajet plus tard nous descendons donc à Sloka pour entamer une randonnée jusqu’au parc national de Kemeri. Le sentier longe un imposant lac où la nature nous offre de saisissants contrastes de couleurs entre le vert des pins, le jaune des hautes herbes et le bleu de l’eau. Située aux portes du parc, nous entrons, après quelques kilomètres, dans la petite ville de Kemeri. Nous restons estomaqués devant ces grandes fissures qui défigurent, telles d’imposantes balafres, ces bâtiments abandonnés de l’ère soviétique.

De l’autre côté de la ville, nous achevons notre balade par la découverte des marais de Kemeri. Un lieu magique où les arbres et les nuages se répondent par reflet dans l’eau des marécages. Le lieu est une zone protégée pour la préservation de la faune et de la flore. La promenade se fait sur de belles passerelles en bois renforçant le charme des lieux.

Après la « grasse mat’ de Pâques » et la recherche des œufs qui l’accompagne, nous attrapons un bus pour nous rendre aux villages de pêcheurs de Lapmezciems puis Ragaciems. Nous longeons le lac Kanieris sur de nouvelles passerelles en bois qui se fraient un chemin au milieu des hautes herbes, avant d’atteindre la plage du village. Les propriétés sur le littoral possèdent toutes un fumoir à poisson. Au mouillage, quatre bateaux de pêche attendent patiemment le retour de leur capitaine. Au loin le phare métallique de Ragaciem, peint de rouge, attend lui aussi son heure, pour remplir pleinement ses missions de guide.

Retour en train vers la gare centrale de Riga. Les jours suivants sont consacrés à la récupération de nos side-cars et à leur remise sur pieds pour débuter avec sérénité la seconde moitié du voyage.

En fin d’après-midi, c’est l’heure des premiers essais. En guise de « tour de chauffe » pour les bolides, nous faisons une virée dans le parc national de Gauja accompagné de Mikhail, l’agent mandaté par la société de transport pour ouvrir le conteneur et faciliter les démarches de douane. Après une petite centaine de kilomètres, nous effectuons un premier arrêt au pied de la piste nationale de Bobsleigh. En ascenseur, nous atteignons la zone de départ qui surplombe la rivière Gauja et l’entrée du parc national. À quelques kilomètres de là, nous visitons le château de Turaida. Cette forteresse des chevaliers teutoniques a été construite sur les hauteurs entre deux lacets du lit de cette même rivière !

Nous sommes de retour à Riga vers 21h, et partageons le dîner avec Mikhail à la brasserie Stargorod, le long du fleuve Daugava. On y boit des bières brassées sur place qui accompagnent parfaitement les spécialités locales. En guise d’amuse-bouches, des petites oreilles de cochon grillées, laissant ensuite la place à un excellent jarret de porc cuit à la broche accompagné de chou, de patates au bacon et d’une sauce moutarde à l’ancienne. Fort de ce repas copieux, nous réalisons une petite marche digestive dans le centre-historique de Riga “by night”, où l’ambiance est toujours aussi “bon enfant.”

Au matin, on plie, on range et on nettoie nos affaires pour boucler nos valises. Vers 16h, nous recevons un premier appel de l’agence qui s’occupe des visas. Ils ont eu un souci avec celui d’Emilie, et souhaiteraient obtenir immédiatement une nouvelle photo d’identité. Le temps de commander un taxi et Emilie et Marie dévalent les escaliers. À ce moment là, second coup de téléphone de l’agence, pour nous informer que finalement ils n’ont plus besoin de photo et que les visas seront prêts pour 18h. A 17h, l’ascenseur émotionnel reprend puisque nous apprenons que seul trois des quatre visas russes sont à l’agence de voyage, celui d’Emilie a subi une erreur de la part du consulat russe et ne sera près que lundi matin.

Nous reportons donc notre départ vers la Russie et programmons donc un week-end « moto » dans le parc de la Gauja, en attendant la réception du dernier visa. Soleil et températures douces nous accompagnent pendant ces deux belles journées.

Lundi matin, 11h, nous arrivons à l’agence de voyage pour récupérer le visa d’Emilie. Nous quittons cette fois la capitale pour de bon, mettant le cap sur la Russie. La route nous amène à longer une dernière fois le parc National de Gauja. Nous pique-niquons à la station essence Circle K de Valmiera. Un homme nous y offre des fraises… Il conduisait un Ural dans ses jeunes années ! Nous passons la frontière avec l’Estonie, au milieu d’une ville nommée Vlaka côté lituanien et Valga coté estonien, une frontière symbolique entre deux pays européens. Coté estonien, les bouleaux viennent tenir compagnie aux pins et sapins, entre les virages espacés de plusieurs kilomètres. Nous faisons une dernière pause café en périphérie de la grande ville de Tartu, pour nous réchauffer. La fraîcheur se fait ressentir au guidon de nos bolides. Dans la soirée nous atteignons la ville de Narva, frontalière avec la Russie.


NOS COUPS DE COEUR
Où boire un verre ?

Backpackers pub
Valnu iela 43, Riga 1050

Comme son nom l’indique, voici une bonne adresse de baroudeurs où la bière coule à flot. Avec son combi Split en guise de bar et son baby-foot à l’étage, pas de doute vous y passerez un moment agréable.

Alus Krodzins
Jomas iela 64A, Jūrmala, 2015

Situé dans la rue piétonne de Jurmala, sa jolie terrasse ensoleillée avec ces grandes tables en bois nous a attiré. La bière est bonne et la spécialité de harengs frits et pommes de terre à l’ail également.

Où manger ? 

Big Bad Bagel
Baznicas iela 8, Riga 1010

Petite adresse chaleureuse où d’excellents bagels sont servis à la carte. Victime de son succès, c’est sur les tables disposées sur le trottoir que nous savourons nos sandwichs malgré la fraîcheur de la météo.

Brasserie Stargorod
Republikas Laukums 1, Centra rajons, Riga 1010

Grande brasserie sur les rives du fleuve Daugava. Excellente spécialité de viande, notamment le jarret de porc cuit à la broche, accompagné de bière brassée sur place. Budget conséquent, mais pure adresse locale.