Expériences Géorgiennes

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Découverte du vignoble géorgien

Le vin est une culture géorgienne ancestrale qui occupe une place au cœur de la vie économique, sociale et culturelle du pays.

Dans ce pays la particularité de ce breuvage réside dans sa technique traditionnelle de vinification, en Qvevri. Ce nom provient de la jarre en terre cuite dans laquelle le vin est fermenté avant d’y être stocké.

C’est dans la région de Kakheti, à l’Est de la Géorgie, sur les collines avant  notre arrivée à Tbilissi,  que nous faisons une halte dans le vignoble.

L’accueil que Niki Antadze nous réserve dans son humble demeure est des plus chaleureux. En compagnie de sa fille, cet ancien patron de boîte de nuit nous fait aujourd’hui découvrir son trésor et les traditions qui l’accompagne ; tout en prenant bien soin de savourer l’instant présent.

Son petit vignoble constitué de trois hectares de vieilles vignes (dont certaines ont plus de 100 ans), surplombe la vallée et les contreforts du Caucase.

Dans la cave de notre producteur de vin bio, le vin fermente et vieillit dans l’une des 8 amphores en grès. Un trou est creusé dans le sol pour placer ces amphores. La production y est minime, mais Niki est parti de rien et s’attelle aujourd’hui à faire du vin de qualité, par plaisir, qu’il exporte ensuite principalement en Allemagne et en France.

Sur la terrasse ombragée, autour d’une large table en bois, la dégustation est accompagnée de pain géorgien, de fromage, d’huile d’olive et de tomates du jardin. Le vin, lui, est surprenant. Le premier est un vin blanc pétillant, original car à milles lieux du champagne français ou du prosecco italien. Fait de fines bulles, il se dégage en bouche une saveur très minérale. Le vin blanc sec est, lui, très fruité et conserve une note de terre particulière du fait de son vieillissement dans l’amphore. Le vin rouge en revanche est plus ordinaire et légèrement acide. A notre goût il manquait de corps, parce que trop jeune peut-être. Mais cela n’entache rien à ce moment de partage placé sous le signe de la simplicité.

La dégustation et la visite de la propriété terminées, nous reprenons la route vers la capitale géorgienne avec, dans nos coffres respectifs 5 bouteilles de ces deux vins blancs surprenants.

Nuit au restaurant de Khertvisi

En prenant la direction du site historique de Vardzia, nous nous retrouvons sous une averse de grêle agressive. Nous trouvons refuge au « Café Tourist », un restaurant du village de Khertvisi. Situé au pied des remparts de la forteresse du même nom, l’auberge semble être placée sous sa protection. Une place de choix au vu du ciel menaçant qui nous entoure.

Pendant que nous patientons, espérant voir apparaître une accalmie, le patron des lieux nous prépare le déjeuner. Il ressort de sa cuisine avec des assiettes composées de plats du soleil qui rappellent la cuisine méditerranéenne. Une fois requinqué, nous reprenons la route pour découvrir la cité troglodyte de Vardzia, à quelques kilomètres de là.

Une fois ses labyrinthes de tunnel parcourus, nous rebroussons chemin jusqu’au « Café Tourist » où nous espérons pouvoir passer la nuit. Mais la discussion est compliquée avec le patron qui ne parle que les quelques mots d’anglais qui lui permettent de servir ses clients. Habituellement fermé, nous en déduisons qu’il s’excuse de ne plus rien avoir à nous servir pour le dîner. Nous le rassurons et prêtons main forte en cuisine. Nous sommes de mission « frites » pendant que notre hôte s’affaire à la préparation des salades composées. Nous partageons la soirée avec Simon et Claudia, un couple allemand qui voyage en van Volkswagen, garé pour la nuit à côté du UAZ.

Le vent souffle. La « Chacha », l’eau de vie locale, et le vin de la maison obtenu à partir des vignes du jardin, sont de sortie. La première arrive sur la table dans une grande bonbonne de 5 litres, quant au vin, il est servi dans des bouteilles de soda de 50cl.

Notre hôte nous fait comprendre que nous ne pouvons quitter la table sans avoir terminé ces doux breuvages. Une mission que nous n’avons pu remplir… Mais pas offusqué par notre manquement à ce devoir et avec la tempête qui sévit à l’extérieur, il accepte que nous sortions nos duvets et matelas pour nous installer dans la salle du restaurant.

Le lendemain, le réveil matinal se fait avec un bon mal de crâne ; la Chacha laisse des traces et des souvenirs impérissables…