Expériences Colombiennes

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En un mois passé en Colombie, nous avons vécu de nombreuses expériences surprenantes. Nous souhaitons vous en partager quelques unes au travers de ces quelques lignes.

 

Jouer au Tejo accompagné d’une bière locale

Le Tejo est un jeu traditionnel Colombien. Il se pratique en famille ou entre amis ; et est pour la plupart du temps accompagné d’une « cervecita » (petite bière). Le terrain de Tejo étant long de 19,5 m, chacun ne possède pas son terrain dans son jardin. Ils sont davantage positionnés dans des endroits stratégiques du village ou de la ville (bars essentiellement, terrains de sport ou encore salles de réception).

Nous avons eu l’opportunité de découvrir ce jeu dans la petite ville de Salento, dans le bar de « Los Amigos.” Il possède dans sa cours 7 terrains couverts. Lors de notre venue, pas de spécialiste à jeter le Tejo autour de nous, mais d’autres touristes venus, comme nous, découvrir ce jeu.

Le Tejo est le nom donné au gros palet en métal que nous jetons. Il pèse environ 700 grammes et est lancé vers une cible d’1m² en argile, appelée « Cancha ».

Chaque joueur a dans sa main un Tejo qu’il lance depuis une ligne placée à 6 m (les habitués pouvant jouer jusqu’à 12 m) d’une cible constituée d’un plan incliné recouvert d’argile. Au milieu de la « Cancha » est positionné un anneau en métal sur lequel est placé cinq petits sachets de poudre.

Nous avons joué une partie à quatre joueurs, en étant “chacun pour soi ». Est déclaré vainqueur le joueur ayant atteint 21  points. A tour de rôle chaque joueur lance son Tejo :

  • Marque 1 point le joueur qui est le plus près de l’anneau.
  • Marque 3 points un joueur qui lance son Tejo sur un sachet de poudre et réalise alors une explosion.
  • Marque 6 points un joueur qui lance sont Tejo dans l’anneau.
  • Marque 9 points un joueur qui réalise une explosion et que son Tejo retombe dans l’anneau.
  • Si un Tejo est dans l’anneau et qu’un des joueurs suivants réalise une explosion, il annule les points du premier joueur.

Une fois les règles assimilées, le terrain d’argile bien aplati, les sachets de poudre positionnés et la bière décapsulée ; la première partie peut débuter. Les lancers s’enchaînent, les premiers points sont marqués, jusqu’à ce tir millimétré de Marie dont le Tejo vient pour la première fois heurter un sachet de poudre. Un bruit de pétard attire l’attention de toute la salle, notre cible est recouverte d’une petite fumée blanche ; c’est notre première explosion !

Les parties vont ainsi s’enchaîner jusqu’à terminer notre bière, les lancers deviendront de plus en plus précis et les explosions se succéderont, bien aidés par notre expérience au palet breton ou vendéen (nous ne révélerons pas dans ces quelques lignes quel fut la meilleur école pour l’emporter au Tejo 😉

 

Se faire tailler la barbe sur la place principale de Pamplona

Un mois de voyage, un mois sans rasoir, ça finit par se voir ! Ca pourrait même faire négliger, mais on préfère dire « baroudeur ». Ce n’est pas faute de voir de nombreux barbiers sur la route. Oui mais voilà, au vue des vitrines on a l’impression qu’ils maîtrisent les étoiles dans les cheveux dessinées à la tondeuse plus que la taille de la barbe au peigne et aux ciseaux !

C’est finalement à Pamplona, sur la place principale que je trouve une échoppe à mon goût. Une décoration un peu « bikers », des vieux sièges en cuir et un barbier qui joue du coupe-chou… Une fois le peignoir enfilé et le siège rehaussé, il ne reste plus qu’à s’exprimer en espagnol pour formuler mon souhait. L’idée est d’éviter la coupe à la Neymar ou la moustache à la Escobar. Ce sera finalement une coupe avec un poil plus court que prévu mais la barbe en ressort douce, soyeuse et chouchoutée !

 

Se faire piéger par le Pony-Malta

Notre relation avec les sodas colombiens a débuté à Bogota. Un déjeuner sur le pouce, dans les rues de Bogota, nous a permis de déguster nos premières empañadas accompagnées du numéro un des sodas colombiens : le Colombiana. A sa couleur jaune d’or, nous ne nous attendions pas à une saveur naturelle. Mais en réalité ce soda n’est que du sucre en bouteille, rien de plus.

Intrigué par sa publicité, mash-up de la charte graphique des jouets « Mon Petit Poney » et des étiquettes des bières Coreff, nous nous sommes laissés tenter un soir par une bouteille de Pony-Malta pour accompagner une pizza. À vouloir tester l’inconnu, on finit parfois par se faire piéger ! Le Pony-Malta, comme tous les sodas colombiens vous l’aurez compris, est très sucré. Mais c’est son goût qui reste le plus surprenant. Comme son nom l’indique, c’est le goût de l’extrait de malte qui prend le dessus. Une saveur qui n’a pas été approuvée par l’équipe. Il en faut pourtant pour tous les goûts ; mais celui-ci mérite d’être radié aux yeux de l’équipe ! 😉

 

Se rendre à la Vallée de la Cocora debout à l’arrière d’une jeep

Nous aurions pu nous rendre à la Vallée de Cocora avec les side-cars. Mais voir  les Jeeps sur la place principale de Salento nous a fait craquer pour cette expérience touristique !

Le départ de la randonnée est à 20 minutes en voiture en suivant une route sinueuse le long du Rio Quindio.

Tout l’intérêt de cette expérience se joua en 10 secondes ; lorsque le chauffeur du départ de 8h30 appela ses 10 passagers. La stratégie adoptée, qui se révéla payante, fut de laisser monter les 8 autres passagers pour que Julien et moi prennent place sur le marchepied à l’arrière de la Jeep. Les cheveux au vent, mains sur le porte-bagages, nous partagions le spot avec un troisième touriste. Relativement à l’aise, nous faisions les beaux auprès des autres passagers. Au tiers du parcours, un agriculteur local sur le bord de la route a fait signe au chauffeur de s’arrêter. Il a alors lancé son sac de céréales sur le porte-bagages et pris place avec nous à l’arrière de la Jeep. Un pied sur le marchepied, l’autre sur la roue de secours. On perdit alors un peu de notre aisance et notre fierté en pris un petit coup, tellement il avait la classe dans cette position !

Après une belle randonnée sous les palmiers de la vallée, nous avons de nouveau adopté la position du singe sur le chemin du retour.  Les gouttes de pluie apportèrent un peu de piment à ce trajet qui ponctuèrent une belle expérience à l’arrière d’une Jeep…

 

Monter en Renault 9 au mirador de Pamplona

En Colombie, la marque de voiture Renault est l’une des plus représentées. Sur l’asphalte colombien, aussi bien en ville que dans les zones plus rurales, les lignes des voitures Renault sont partout. On trouve quelques modèles récents tel que la Logan, le 4×4 Koleos ou des Mégane. Mais le plus impressionnant reste de voir la grande majorité de modèles anciens qui continue de rouler alors qu’elle ont depuis longtemps quitté les routes françaises. La Renault 9 est la plus répandue. Très souvent customisée à l’aide de stickers, néon et autres boomers ; elle est la fierté de nombreux colombiens.

Il est 19h30 un samedi soir, lorsque nous décidons d’aller déguster une bière sur les hauteurs de la ville de Pamplona. Certes nous sommes 5 mais ce soir, contrairement à d’habitude, aucun taxi n’accepte de nous prendre. Positionné à l’angle d’une rue, discutant avec ses amis autour d’une bière, le propriétaire d’une magnifique Renault 9 bleu avec néons rouges se propose de nous y emmener. “Águila” (la marque de bière  la plus répandue de Colombie) à la main, il nous explique que nous n’avions aucune chance de monter dans un taxi.

S’ensuit une course à la “Fast and Furious” dans les lacets de la ville.

Imaginez une vieille Renault 9 avec un siège passager avant non-fixé, un ventilateur pour refroidir le moteur qui fait un bouquant pas possible et des freins qui couinent dans chacun des virages, le tout dans des rues étroites avec des pourcentages supérieurs à 45% ; vous avez là le décor de l’ascension.

La vue sur les lumières de la ville en valait la chandelle et ce moment fut une expérience qui restera gravée dans nos mémoires.