Night Spots Chiliens

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La plage de « l’Islote Blanco »

Quelques kilomètres après Antofogasta, nous quittons la monotone Ruta 5 pour rejoindre la route de la côte avec l’objectif de planter la tente en bord de mer.

Après avoir lutté avec le vent pendant une petite heure sur la route côtière, nous montons le campement à quelques encablures de la petite ville de Taltal. Nous optons pour une petite plage, protégée du vent par quelques rochers. Les side-cars sont garés sur le sable, les matelas sont gonflés pour la nuit, le réchaud est sorti pour la cuisson des pâtes à la soupe d’asperge ! Nous savourons les derniers rayons du soleil ; avant une nuit bercée par les vagues.

Au réveil, nous avons misé sur un café, dans la petite ville de Taltal. L’adresse y est somme toute sympathique mais le croissant ne comble pas nos attentes. Sur la carte, il nous a mis l’eau à la bouche mais finalement nous a déçu par sa taille et son goût insignifiant. Nous apprendrons par la suite que ces « croissants », pour la traduction, sont en fait les « media-luna », la petite pâtisserie (un petit croissant recouvert de sucre glace) mangée à toute heure par les chiliens.

Mines à proximité de Vallenar

Passé la ville de Vallenar, nous poursuivons notre descente vers le sud sur la Ruta 5. Cette autoroute, est de part et d’autre de l’asphalte, encadrée par des clôtures. Il nous est difficile de trouver un spot de camping sauvage dans ces conditions. C’est finalement une nouvelle fois l’application IOverlander qui nous proposa un emplacement où monter les tentes. Au milieu de ce désert nous montons donc le campement sur le terrain d’une mine toujours en exploitation.

Le coucher de soleil sur les dunes de sable est incroyable. Lors de notre dîner un « zorro » (qui ressemble à un renard des sables) nous rend visite. Avec une pollution lumineuse quasi-nulle, le désert d’Atacama est réputé pour être l’endroit idéal pour observer les étoiles. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la plupart des plus grands télescopes au monde ont été installés dans cette région. Nous sommes ici à plusieurs centaines de kilomètres de ce lieu stratégique, dans un désert tout aussi dénué de pollution lumineuse qui nous offre une magnifique nuit étoilée. Nous les contemplons, accompagnés par les douces notes de la musique de Ludovico Einaudi.

Le lac de Pullinque

La région des 7 lacs aurait sans doute mérité plus d’une journée au vue de la magnifique nuit de camping sauvage passée sur les rives du lac Pullinque. Trente kilomètres avant Puerto Montt, nous quittons l’autoroute en direction de Panguipulli. Cette petite ville, dont les maisons en bois rappellent les villages alpins, symbolise notre entrée dans la région des lacs. Nous longeons les rives du lac du même nom. La route est légèrement glissante après la petite averse de l’après-midi et une fine odeur de forêt humide vient nous lécher les narines. Sur notre droite, les nuages menaçants s’éloignent et laissent place à des rayons de soleil qui se reflètent sur les eaux bleues du lac.

Arrivés sur les rives du lac suivant, nous nous mettons en quête d’un espace parfait pour planter les tentes. Là encore nous nous aventurons sur des petites routes. Au détour d’un virage nous passons à côté d’un terrain de foot qui voit s’affronter sur son gazon rugueux deux équipes locales. A notre passage, les joueurs cessent de suivre du regard le ballon, déconcentrés par le passage de nos engins. C’est encore une fois au bout d’un chemin arboré que nous trouverons notre spot. Un lac, une eau turquoise et les montagnes de la Cordillère des Andes viendront offrir un bel arrière-plan à notre campement. A notre arrivée une famille quitte la petite plage. A leur départ, ils sont fiers de nous proposer leurs braises pour notre futur feu de camp. Au programme de cette soirée, baignade dans les eaux fraîches du lac, pêche à la hache et pop-corn.

Sur les rives du Rio Negro à Hornopirén

Arrivée dans le petit village de Hornopiren en milieu d’après-midi, nous nous acquittons d’acheter notre billet pour la traversée en ferry pour rejoindre Chaiten le lendemain. Puis, nous nous mettons en quête du spot pour le soir.

Après avoir traversé la petite ville, nous empruntons le pont qui enjambe la rivière et tournons de suite à droite dans un petit chemin qui longe le cours d’eau. Avant que la rivière Noire ne se jette dans le fjord « Comau », de petites clairières entourées d’arbres offrent de jolis espaces abrités du vent et des regards pour planter la tente. Il est 17h et nous n’avons jamais monté le campement aussi tôt. Nous nous mettons alors en quête du bois pour le feu, mettons les bières au frais dans la rivière, puis tentons une petite baignade malgré sa température très fraîche. Heureusement à la sortie de l’eau, le soleil et le feu de camp nous réchauffent. Au dîner, nous cuisinons sur le réchaud notre plat favori, les raviolis aux épinards. Cette première nuit de camping sauvage en Patagonie fût, certes fraîche, mais très paisible.

Le lac de Cochrane

Après une journée sur la Carretera Austral pour remonter de Villa O’Higgins vers Cochrane, nous terminons la journée sur une petite piste de 16 kilomètres pour rejoindre le lac de Cochrane ; ça monte, puis descend sévèrement avec de beaux lacets. L’idée d’une remontée difficile le lendemain est estompée par la vue magnifique qui s’offre à nous.

À quelques centaines de mètres du lac, nous tombons nez-à-nez avec un beau taureau dont nous évaluons le poids à près d’une tonne. Pris de peur par le bruit des moteurs, il semble terrifié et une petite bave s’échappe de sa bouche. Nous coupons les moteurs et patientons, le temps qu’il s’habitue à notre présence. Après une dizaine de minutes passée derrière un buisson, le taureau finit par contourner les side-cars et s’éloigner. Ni une ni deux nous enfourchons les bolides et passons le virage qui nous permet de rejoindre la plage.

Paysages somptueux, plongeon du ponton dans une eau cristalline à la nuit tombée, après la traditionnelle mécanique qui suit une journée sur la piste. Dîner au réchaud avec au menu un riz au curry-chorizo qui change des traditionnelles pâtes habituelles.

Petite pluie fine au réveil qui nous oblige à plier nos tentes encore humides. Mais nous savourons, en échange de ce désagrément, un magnifique arc-en-ciel sur le lac.