Sa Pa et Hoi An – 6 jours – 1500 mètres d’altitude

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Nous arrivons à Sa Pa au petit matin. La nuit dans le “sleeping-bus” a été agitée. Pour trouver le sommeil, il a d’abord fallu passer outre la sensation d’être encastré dans sa couchette, puis faire abstraction des nombreux virages qui permettent d’atteindre cette ville, perchée à 1500 mètres d’altitude.

Sa Pa trouve l’origine de son attractivité touristique pendant l’ère coloniale française. Les autorités françaises y fondèrent alors une station d’altitude, avant qu’elle ne devienne, par sa renommée, l’un des hauts-lieux du tourisme Nord-Vietnamien. Et pour cause, ce district de la province de Lao Cai, possède un paysage naturel hors du commun, où se côtoient montagnes, forêts et champs de rizières en terrasse.

A la descente du bus, il est 6h. Une courte accalmie météorologique nous permet de passer entre les gouttes de pluie avant de nous réfugier dans un café pour le petit-déjeuner. Mais à notre sortie, la quête d’un hôtel se fait sous une pluie battante. L’averse torrentielle, créée d’impressionnants écoulements de boue dans les rues de la ville. Après une recherche faite au pas de course sous le déluge, nous finissons par mettre la main sur trois chambres dans l’auberge de Manh.

En début d’après-midi, nous décidons d’affronter le mauvais temps pour partir à la découverte de la ville. Mais sans grande surprise, ce qui fait le charme de Sa Pa ne réside pas dans ses rues constituées d’une succession de “guesthouse,” de restaurants et d’hôtels en travaux. Et il faut le reconnaître, visiter Sa Pa, c’est accepter de partager les trottoirs avec de nombreux autres touristes.

Cependant au détour d’une petite rue étroite, nous ouvrons la porte d’un musée intimiste, dont l’exposition présente les différentes ethnies de la région. Passer le pas de la porte, une parenthèse pleine d’authenticité s’ouvre. Elle nous révèle les secrets culturels et traditionnels de la région, bien loin des structures touristiques citées précédemment. Ainsi nous apprenons que l’ethnie majoritaire au Vietnam est celle des Kinh, mais que différentes ethnies minoritaires vivent dans les montagnes autour de la ville. Elles possèdent leur propre culture, une langue différente et se vêtissent de vêtements de couleurs particulières (les H’Mong optent par exemple pour des tenues sombres).

De retour à l’auberge, nous consacrons la fin d’après-midi à la réalisation d’un cours de cuisine vietnamienne orchestré par Manh, le gérant de l’auberge. Nous débutons ce cours en achetant les ingrédients sur le marché de la ville, avant de nous lancer dans la confection des plats, puis de nous régaler du festin que nous avons réalisé.

Le lendemain, réveil en douceur, afin de se mettre en condition pour la randonnée du jour. Un grand soleil et un beau ciel bleu ont remplacé la grisaille humide de la veille. Des conditions idéales qui ne nous quitteront pas de toute notre escapade au milieu des cultures en terrasse. Nous partons à la découverte de ces paysages, sans guide, mais riches des précieux conseils de Manh qui nous suggère d’opter pour un tracé en direction de Ta Phin. Une fois que nous passons devant le lac artificiel de Sa Pa ; nous bifurquons à gauche sur un petit chemin qui s’enfonce dans la montagne.

Nous marchons jusqu’au petit hameau de Ma Tra. Nous y rencontrons de jeunes femmes H’Mong qui nous révèlent le savoir-faire qui permet, à partir de plantes, d’obtenir l’intense indigo qui colore leur pièce de tissus. D’autres petits villages se succèdent, au milieu des magnifiques rizières en terrasse ; à l’entrée de chacun d’eux, les enfants nous saluent. D’autres malheureusement, mendient, mettant en lumière les ravages du tourisme de masse. La promenade se poursuit par l’exploration de la grotte de Ta Phin. Nous n’avions pas envisagé cette activité et n’avions pas pensé nous équiper de lampe torche. C’est donc à l’aide de nos téléphones portables que nous nous enfonçons, dans les galeries de la grotte. Les derniers kilomètres, se font le long de la route principale, plus fréquentée. Un petit bémol qui reste à relativiser au vu du joli trek réalisé lors de cette journée ensoleillée.

Notre séjour à Sa Pa se conclut par un nouveau trajet dans un “sleeping-bus”, qui nous permet de regagner Hanoï. Un voyage plutôt épique puisque le bus nous laissa à 3h30, en pleine nuit, au milieu d’une avenue. Trop tard pour trouver un hôtel et trop tôt pour un petit-déjeuner. Alors nous avons “campé” devant un Burger King. Certains ont réussi à s’endormir pendant que d’autres ont joué aux cartes. Quand le soleil s’est levé, nous avons choisi un Banh-Mi en guise de petit déjeuner. Une nouvelle journée commença !

Nous empruntons ensuite un “Grab,” le taxi local, pour prendre la direction de l’aéroport de Hanoï. Nous prenons place dans un avion en partance pour Dan Ang. De nouveau, nous grimpons dans un taxi local pour réaliser les 40 kilomètres qui séparent l’aéroport de la ville de Hoi An. Sur ce trajet, le chauffeur pousse le volume de son autoradio, en guise de fond musical, les enceintes révèlent de douces notes de “techno” vietnamiennes. A notre arrivée, nous nous autorisons une petite session “chill” autour de la piscine de l’hôtel. Cette journée de trajet se termine par la dégustation d’un Cao Lao, la spécialité culinaire de la ville, dans un très bon petit restaurant.

Le lendemain nous entreprenons de rallier, depuis notre hôtel, le quartier historique de Hoi An, à bicyclette. Nous garons nos deux roues à l’entrée de la vieille ville, son accès n’est d’ailleurs autorisé qu’aux piétons et aux cyclistes. Située, sur les rives du fleuve Thu Bon, la ville est célèbre pour avoir gardé son charme d’antan. Elle a été classée, en 1999, au patrimoine de l’Unesco, pour son héritage multiculturel forgé par son histoire portuaire.

Rapidement, l’impression de remonter dans le temps nous saisit. Nous marchons entre les vieilles maisons aux façades ocres, illuminées par les rayons du soleil. Véritable musée, à ciel ouvert, nous tombons sous le charme des vieilles demeures de marchands, des bâtisses à l’architecture héritée de la période coloniale et des assemblées de marchands chinois. Nous avons été particulièrement sensibles à l’Assemblée Cantonaise dédiée aux dieux de la mer. Derrière son hôtel de prières, nous nous faufilons dans le jardin qui révèle, entre les figuiers une splendide fontaine ornée de dragons.

Nous poursuivons notre promenade en marchant au bord du fleuve. Jouxtant la vieille ville, il est à l’origine du succès économique de Hoi An. Nous suivons l’alignement de bateaux traditionnels colorés pour atteindre le vieux pont japonais, un édifice en bois, érigé par les marchands japonais il y a plus de 400 ans.

Notre vadrouille dans le cœur historique se termine en prenant place dans le vieux théâtre de la ville. Après avoir rabattu l’assise du vieux siège en velours, nous patientons quelques instants que les lumières s’éteignent. Plongé dans une ambiance feutrée, le lourd rideau rouge s’ouvre révélant quatre animaux. Au son des notes de musique folklorique vietnamienne, les danseurs leur donnent vie en réalisant des pas très poétiques. Une jolie parenthèse, qui en cet fin d’après-midi vient nous couper de l’ivresse de la modernité.

Au soleil couchant, le surnom de la ville aux milles lanternes prend alors tout son sens. Leurs lumières douces et chatoyantes se reflètent sur le fleuve. Sous l’action du souffle du vent, elles dansent sur les ponts, dans les arbres et aux fenêtres des maisons. La soirée est consacrée à la découverte du “night-market”. Malheureusement, sa large fréquentation touristique atténue son charme qui n’a finalement pour principal intérêt que de déguster un étonnant gâteau à la noix de coco. Sur le fleuve, des lotus en papier éclairés à l’intérieur par une bougie dérivent au rythme du courant, laissant s’échapper les vœux de leurs propriétaires. Cette pratique proviendrait d’une légende : “un jeune garçon parti en mer, n’est jamais revenu. Sa fiancée l’attend toujours et dépose chaque soir, sur le fleuve, une lanterne pour lui indiquer le chemin du retour.”

Au petit matin, c’est reparti pour une exploration des alentours de Hoi An, en scooter au hasard des chemins, avec cette douce sensation de liberté qui accompagne ces trajets en deux roues, au milieu des champs et des petits villages.

Nous prenons la direction de Cam Thanh, une petite zone géographique plus connue sous le nom de “Baie des Cocotiers.” L’eau y est à moitié douce et salée, ce qui en fait un lieu particulièrement apprécié des cocotiers d’eau (qui ressemblent aux cocotiers classiques, à la différence qu’ils poussent dans l’eau). Arrivés dans le petit village à l’entrée de la baie, nous garons nos engins derrière une maison et partons à pieds vadrouiller dans les petites rues à la recherche d’un marin qui pourrait nous conduire sur la mangrove. C’est sur un ponton isolé que nous rencontrons notre homme. Il appelle alors ses amis pour effectuer 4 équipages. Nous prenons places dans ces sortes de coques de noix (appelées ici “basket boat”) propulsées à la godille par nos valeureux capitaines. Équipés de nos chapeaux chinois en bambou, les rameurs nous conduisent au milieu de la baie. Il nous démontre alors toute leur habileté en faisant tourner leur embarcation à grande vitesse. Pour accentuer le folklore, ils nous fabrique d’excentriques bagues “crevettes” à partir de feuilles de cocotiers, et nous invite à pêcher le crabe entre les troncs de cocotiers à l’aide de petites cannes à pêche en bambou.

La promenade se poursuit en nous rendant au village de Thanh Ha. Situé sur les rives du fleuve Thu Bon, il est réputé pour son artisanat de poterie. Nous y manipulons, tour à tour, l’argile pour créer des vases, bols, et pots à crayons, avant de repartir avec un joli sifflet en terre.

Nous continuons notre route en effectuant une halte sur l’île de Tra Que Herb. Ses 40 hectares sont consacrés à la culture de légumes et d’herbes aromatiques. Nous nous baladons, à pied, entre les parcelles de ces petits jardins, recensées comme étant biologiques. On y observe le travail des agriculteurs qui, bien loin du confort des techniques industrielles arrosent les différents plants avec d’étranges arrosoirs portés sur leurs épaules.

Hoi An est situé à 4 kilomètres du bord de mer. Nous profitons donc de la plage de An Bang pour effectuer ce qui sera notre dernière étape de cette journée de vadrouille. Le temps de piquer une tête dans les eaux chaudes et claires de la Mer de Chine, et de profiter de son calme et de sa tranquillité. Les prémices d’une douce soirée, qui ne s’éternisera pas ; le réveil du lendemain étant programmé à 6h pour attraper un avion dans le petit aéroport de Dan Ang, et ainsi s’envoler vers Hô Chi Minh et le sud du pays.


NOS COUPS DE COEUR
Où dormir ?

L’auberge Dang Trung
031 Cầu Mây, Muong Hoa Valley, Sa Pa

Bien que nous ayons éprouvé quelques difficultés pour la trouver dans le dédale de petites rues de Sa Pa, cette petite auberge offre un joli patio (avec une coursive qui offre une très belle vue sur les montagnes environnantes) et des chambres de bon standing pour un prix tout à fait raisonnable. De plus Manh, le propriétaire des lieux est très sympathique.

L’hôtel Suburban
1 Nguyễn Tri Phương, Hoi An

Un hôtel d’un très bon standing, légèrement en retrait du centre-ville historique de Hoi An. Il propose une sympathique terrasse avec piscine et met des vélos à disposition, gratuitement.

Où manger ? 

Ngo Mart Coffee
125 Nguyễn Tri Phương, Hoi An

Une adresse sympathique, encore peu connue des touristes, certainement de par sa localisation légèrement excentrée du cœur historique. Nous avons craqué pour le design de leur table, réalisée à partir de tambour de machine à laver, et pour leur excellent Cao Lao (la spécialité culinaire de Hoi An).

Banh Mi Queen
115 Trần Cao Vân, Hoi an

Tenu par Madame Khan, ce petit restaurant à l’extérieur du centre-ville vaut le détour. Son nom est tout à fait justifié tant ses sandwichs sont délicieux et à un prix très raisonnable.

Baie d’Halong terrestre et maritime – 6 jours – 1 mètre d’altitude

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Pour rejoindre la ville de Ninh Binh, porte d’entrée de la Baie d’Halong terrestre, nous optons pour le train, un moyen de locomotion populaire et pas cher, tout à fait dans l’esprit de notre voyage. L’aventure débute dès notre entrée dans la gare centrale de Hanoï. Elle ressemble, en ce début de matinée, à une véritable fourmilière. Au milieu de cette effervescence, nous parvenons à trouver notre train et à rejoindre le quai central où il est stationné. Nous prenons place dans la vieille chenille de métal de la compagnie d’état Vietnam Railways. Son look ressemble à celui de ces bons vieux inter-cités qui parcourent les rails au milieu des campagnes françaises. A peine assis, il est temps de s’adonner au principal passe-temps de tout voyage en train ; ainsi, c’est la tête appuyée contre la vitre que je laisse mes pensées s’échapper par la fenêtre, au rythme des claquements du wagon. Cet agréable moyen de locomotion bouge peu, en comparaison aux aventures en bus vécues précédemment au Laos. Nous nous offrons même le luxe de sortir nos biscuits et jus de fruits pour prendre le petit déjeuner. Le trajet ne dure qu’une petite heure et est ponctué d’escales. Nous nous arrêtons tout d’abord dans les petites gares de l’agglomération de la capitale avant qu’elles ne laissent la place à celles perdues au cœur de la campagne vietnamienne.

Arrivés en gare de Ninh Binh, le lieu est désert et l’effervescence de Hanoï bien loin. À sa sortie, nous appelons un taxi “Grab”, qui nous conduit à quelques kilomètres de là, dans la petite ville de Tam Coc, au cœur de la Baie d’Halong Terrestre. Ce joyau du paysage vietnamien tient son nom de la similitude de son paysage à celui de la Baie d’Halong Maritime ; à la différence près, que les rizières ont ici remplacées la mer de Chine. Ses immenses rochers s’élèvent au milieu des rizières et s’étirent sur une longueur de plus de 40 kilomètres. Ce paysage fut le décor de nombreux films hollywoodiens dont le célèbre King Kong.

Après avoir regagné des forces en savourant de délicieux plats saupoudrés de coriandre ; nous entamons une petite marche au milieu des rizières, jusqu’au pied du piton calcaire qui abrite la cave Mua. En toute objectivité, celle-ci ne présente pas un grand intérêt, en comparaison à l’aventure que procure l’escalade des 500 marches pour atteindre le sommet du rocher Mua. Au terme de cette ascension nous faisons la douce rencontre du gardien des lieux. Il nous faut alors passer sous les écailles du gigantesque dragon qui trône, sur cette vue sublime. Sous nos yeux et à perte de vue s’étend la baie d’Halong terrestre et ses pains de sucre au milieu des rizières.

La matinée du lendemain est consacrée à une promenade en barque sur l’un des nombreux cours d’eau de la baie d’Halong terrestre. Les rameurs ont ici une technique de propulsion tout à fait atypique. Ils font, en effet, avancer leur embarcation en poussant sur les avirons avec leurs pieds. Nous naviguons ainsi entre les rochers calcaires avant de nous aventurer dans trois grottes traversées par la rivière. Cette attraction est très appréciée des touristes. La rivière est donc très fréquentée et de nombreux pièges sont positionnés tout au long de la promenade pour nous inciter à  mettre la main au porte-monnaie. Malheureusement ce bémol enlève un peu de poésie à cette promenade.

Au douzième coup de midi, nous sommes rejoints, à l’auberge, par Aurélien, un ami de Florian et Élodie. En voyage en Asie du Sud-Est depuis plusieurs mois, il se joint à nous pour la suite de notre séjour Vietnamien. Pour occuper notre dernière après-midi à Tam Coc, nous louons sept scooters afin d’explorer un peu plus cette région hors-du-commun. Nous roulons, sans itinéraire précis, portés par nos intuitions. Ces dernières nous conduisent au plus près des pics karstiques, nous invitent à traverser des villages pittoresques et à s’aventurer sur des petits chemins de terre au cœur des rizières. Arrivés aux portes du site historique de Hoa Lu, nous décidons d’y effectuer une halte. Il ne reste plus grand chose de cette ancienne capitale du pays, si ce n’est deux vieux temples, reconstruits dernièrement. C’est finalement à la nuit tombée que nous regagnons Tam Coc, les phares de notre colonne de scooter se reflètent dans les champs et les cours d’eau. La quiétude de la campagne est alors troublée, le temps d’un instant, par le défilé de notre cortège de pétrolettes.

Une fois notre parenthèse de la baie d’Halong terrestre refermée, nous rejoignons en bus l’île de Cát Bà, sur la partie sud de la Baie d’Halong. Pour y accéder, nous traversons le détroit qui sépare l’île de la ville de Hai Phong, sur un vieux ferry rouillé. Notre embarcation de fortune se fraie un chemin entre de vieux porte-conteneurs et bateaux miniers, hors d’âge, qui patientent au mouillage de pouvoir reprendre du service. Cette météo nuageuse et le ciel gris qui l’accompagne, attristent ce paysage industriel.

En revanche sur l’île de Cát Bà, c’est jour de fête. Sur la grande avenue qui longe la mer les drapeaux rouges du parti sont hissés, les parterres de fleurs sont soignés et une grande scène est installée. Il s’y produit danseurs et chanteurs arborant de jolies tenues pailletées et colorées. En guise de déjeuner, nous mangeons un Banh Mi face au port ; il se déroule alors sous nos yeux, sur l’étendue d’eau, une course de pirogues traditionnelles. Les membres de chaque équipe portent un costume aux couleurs de leur pirogue. La course voit s’affronter cinq embarcations, dont chacune d’elles représente une communauté locale. Après le signal du départ, les rames s’enfoncent en rythme dans l’eau. Le circuit consiste en trois allers-retours entre deux bouées positionnées l’une en face de l’autre. Depuis la digue du port, la forme des pirogues s’apparente à d’énormes serpents, à la surface de l’eau. Leur ballet de couleurs ravit les centaines de spectateurs présents qui soutiennent avec ferveur leur favori.

L’après-midi est consacré à une promenade sur le sentier côtier qui permet d’atteindre les plages en périphérie situées de l’autre côté du rocher qui encercle le port. Nommées Cat Co 1 et Cat Co 2, ces grandes anses de sable jaune, se cachent sous d’immenses rochers karstiques. Malheureusement, la plage de Cat Co 3 n’est plus accessible depuis le lancement d’un chantier pour la construction d’un imposant complexe hôtelier. Après avoir piqué une tête dans les eaux émeraudes de la mer de chine, une backpakeuse allemande nous propose d’échanger quelques passes de volley sur le sable fin de la plage. Une session qui évoluera rapidement en un petit “set” improvisé, une fois les lignes du terrain tracées au sol et les règles adaptées au vu de l’absence de filet.  Nous rejoignons la ville à la tombée de la nuit. On profite alors, de la chaleur du port qui en soirée est vraiment plein de vie. Nous nous accordons une bière en terrasse avant de se laisser tenter par un “Fried Rice” en guise de dîner, dans une petite cantine vietnamienne. Un feu d’artifice vient clôturer cette journée de festivités.

Malgré son coté grandement touristique, la Baie d’Halong n’en reste pas moins un de ces endroits uniques sur terre. C’est par une excursion sur une grande jonque de bois que nous partons à la découverte des paysages magnifiques de Lan Ha Bay et Halong Bay. Le bateau serpente entre les rochers et malgré une matinée placée sous le signe de la grisaille, les îlots en pain de sucre sont déjà enchanteurs. Nous effectuons une halte dans une petite baie abritée. Le capitaine nous invite à grimper sur des kayaks pour atteindre des recoins entre les rochers inaccessibles en bateau. Pendant ces deux heures de pagaie nous n’avons qu’une obsession : nous isoler du reste du groupe pour ressentir la force de ce lieu mythique. Nous nous aventurons alors dans une “grotte-tunnel” qui débouche sur un lagon aux eaux claires tirant sur le vert émeraude.

La jonque mouille ensuite l’ancre dans une autre petite crique de la baie d’Halong ; le temps d’un plongeon depuis le pont supérieur du bateau. La visite se poursuit sur l’île aux singes. Nous grimpons sur les rochers pour nous isoler une nouvelle fois des autres voyageurs. Une escalade qui nous offre un beau point de vue panoramique sur la baie. Nous y recevons la visite d’une famille de singes. En redescendant sur la plage, nous sommes attristés de voir le comportement de nombreux touristes qui donnent barres chocolatées et chips aux pauvres animaux, qui en deviennent agressifs.

Avant de rentrer au port, nous traversons le village flottant de Bon Beo où vivent environ 1000 personnes. Nous passons au milieu des bassins de piscicultures reliés par des pontons en bois aux habitations faites d’un amas de bric et de broc. Le tout est amarré à des barils flottant à la surface de l’eau. La journée se termine une nouvelle fois par la dégustation d’une bière et d’un dîner savouré sur la terrasse en “roof-top” du Mona Restaurant ; accompagné des notes de guitare et de la voix d’un jeune backpacker écossais.

Nous occupons notre dernière journée sur Cát Bà, en faisant une virée en scooter. Il ne faut que quelques kilomètres pour ressentir le gouffre qui sépare l’effervescence du port, de la vie simple et sans artifices qui anime les villages du cœur de l’île. En suivant cette route de l’intérieur, nous traversons de somptueux paysages entre forêts de palmiers et rochers de calcaire. Sur cette route sinueuse, les rizières ont ici remplacé la mer. Après une dernière pente raide et une descente de plusieurs kilomètres, nous atteignons à la mi-journée l’embarcadère de Tuan Chau à l’autre bout de l’île. Un fjord s’enfonce dans l’île tel une balafre sur un visage. A son extrémité une grande passerelle en bois permet d’atteindre un petit autel bouddhiste. Nous déjeunons, ce midi-là, dans un boui-boui du bord de route avant de longer la côte pour le chemin du retour. Arrivés à l’hôtel, nous rendons les scooters avant de monter dans le bus couchette qui nous conduit de nuit à Sapa, dans la pointe montagneuse au nord-ouest du pays.


NOTRE COUP DE COEUR
Où manger ?

Mona Restaurant

Nous ne sommes pas ici dans une adresse authentique, mais plutôt dans un “entre-soit” de backpackers. L’ambiance y est cependant très sympa, et la terrasse sur le toit de l’immeuble offre une jolie vue sur le port de Cát Bà. Après avoir pris place, assis en tailleur autour de petites tables, nous avons apprécié les plats que nous avons commandés. Seul petit bémol, les prix sont un peu élevés, comparés à nos habituelles petites cantines.

Hanoï – 4 jours – 10 mètres d’altitude

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Après quelques mésaventures avec nos visas vietnamiens, nous quittons l’aéroport en “Grab”, le “Uber” local. Le jeune chauffeur slalome entre les lumières des voitures, sur l’autoroute qui nous permet de rejoindre le quartier de Quang An, à proximité du centre-ville de Hanoï. C’est au milieu de cette effervescence citadine que nous attendent Élodie et Florian (le frère d’Émilie). A notre arrivée sur les rives du lac Hô Tay, nous dégustons en leur compagnie, nems et bières de retrouvailles sous la guirlande colorée d’un petit bar. Le lendemain, la journée débute par la quête du petit-déjeuner. Pour cela, nous entamons une petite marche au pied de l’appartement dans le dédale des petites rues piétonnes. Après avoir évité trois scooters de justesse et avoir eu à maintes reprises le sentiment de tourner en rond, nous finissons par jeter notre dévolu sur la terrasse d’un petit café. Les batteries rechargées, nous entamons notre découverte de la capitale Vietnamienne.

La très surprenante capitale, Hanoï, est une ville historique possédant une énergie débordante. La circulation y est dense, le bruit des klaxons est permanent et le premier contact peut parfois paraître un peu rude. Mais après quelques heures passées dans ce tumulte, on apprend à apprivoiser ses multiples facettes entre grandes avenues imposantes et jardins calmes et verdoyants.

Nous débutons notre aventure dans la capitale vietnamienne en longeant le lac Hô Thay (lac de l’ouest en Vietnamien), qui par ses 17 kilomètres de circonférence est le plus grand lac de la ville. Avec la brume, malheureusement, nous ne distinguons pas l’autre côté du plan d’eau. Mais déjà, ce décor nous plonge dans une atmosphère particulière ; derrière le brouillard, apparaît la pointe du toit d’un temple bouddhiste. En poursuivant notre chemin de quelques dizaines de mètres, surgit à la surface du lac, les flammes puis la gueule du dragon, protecteur du temple. Les esprits ne prendraient-ils pas le contrôle de notre imaginaire pour nous guider au plus près des secrets de la ville ?

Pour nous remettre de nos émotions, nous savourons à midi notre premier banh-mi. Ce sandwich, véritable institution de la street-food vietnamienne, nous le retrouverons à de nombreux coins de rue. Le succès du banh-mi réside dans le savoureux mélange de la cuisine française et vietnamienne. En effet, cette spécialité culinaire trouve son origine au temps de l’Indochine française, dont la baguette et le pâté sont deux des nombreux héritages ; la coriandre et le porc grillé offrant à cette recette les bases de ses notes asiatiques (chaque chef y apportant ses ingrédients et épices mystères). Nous l’accompagnerons, ce midi-là, d’une bière Tiger avant de s’aventurer dans le quartier historique des 36 corporations.

Partie la plus pittoresque de la ville (mais également devenue l’une des plus touristiques), l’histoire de ce vieux quartier date du 15ème siècle. A cette époque chacune des rues est alors dédiée à une corporation d’artisans. On y retrouve la rue de la soie, la rue des ferrailleurs et la rue des couturières. Aujourd’hui, le principe persiste mais les spécialités ont quelques peu évoluées ; ainsi il est possible de s’aventurer dans la rue des horlogers, celle des chaussures ou encore celle des menuisiers dont leur stock de bambou empiète sur une large partie du trottoir. Ce labyrinthe grouillant de vie, d’objets et d’odeurs, offre au quartier son ambiance unique.

Dans les rues, de nombreux vendeurs ambulants proposent fruits et légumes, qu’ils transportent dans de grand paniers plats, portés sur leur épaules ou posés sur un vélo qu’ils poussent à bout de bras. En s’inspirant de leur technique pour se fondre dans la circulation au milieu des bancs de scooters, nous poursuivons nos pérégrinations en nous frayant un chemin sur les trottoirs de la ville. Eux aussi sont grandement encombrés par des terrasses de tabourets en plastique, au milieu desquels il nous faut slalomer en file indienne. Les terrasses sont occupées, à toute heure de la journée, par les habitants qui y savourent un café ou une noodle soupe. Nous nous familiarisons tant bien que mal à cette jungle urbaine pour en découvrir ses secrets. Nos efforts furent, à de nombreuses reprises, récompensés. Ainsi par le plus pur des hasards, nous sommes tombés au détour d’une rue au milieu d’un marché de légumes et de poisson. Au croisement d’un carrefour, nous avons découvert un petit autel et ses deux bâtons d’encens qui se consument devant un vieil immeuble colonial. Ou encore, quand au bout d’une avenue, un jardin public a pointé le bout de son nez. À droite de son entrée, un coiffeur y jouait du ciseaux ; son client, contemplait sa partition, assis dans son fauteuil de fortune, face à un miroir accroché au mur du parc.

Pour débuter notre seconde journée à Hanoï, nous entrons dans un boulangerie que nous pouvons qualifier de “française à l’esprit vietnamien.” Nous craquons pour ses croissants et pains au chocolat que nous savourons, de l’autre côté de la rue, dans un petit café familiale. Pour accompagner nos viennoiseries, nous commandons un “black coffee” vietnamien, servi dans un petit support en métal où l’eau traverse le café avant de tomber dans la tasse située en dessous.

Aujourd’hui, notre visite de la ville nous mène au jardin public qui entoure le lac Hai Bà Trung. Nous sommes surpris d’y croiser un très grand nombre de vietnamiens, jeunes et moins jeunes, y pratiquant une activité physique.

Nous traversons ensuite le quartier historique et remontons ce qui s’apparente à l’avenue des “Champs-Élysées” de Hanoï pour atteindre le lac de Hoàn Kiem (lac de l’épée restituée). Son nom provient d’une légende : « une épée magique aurait été offerte à l’empereur du Vietnam pour repousser l’envahisseur chinois. La paix retrouvée, un jour où l’empereur faisait de la barque sur le lac, une tortue géante aurait surgi et remporté l’épée dans les profondeurs du lac.”

En fin d’après-midi, alors que la nuit commence à envelopper la ville dans son doux manteau bleu marine, nous avons pu apprécier le reflet des immeubles environnants dans les eaux sombres du lac. C’est alors le moment choisi par le célèbre “pont rouge”, inspiré des ponts japonais, pour scintiller. Nous avons alors traversé cet édifice coloré pour rejoindre le milieu du lac et visiter le temple Ngoc Son, situé sur la petite île.

En fin de journée, nous prenons place le long des rails, au croisement de ces dernières avec l’avenue Dien Bien Phu, pour y déguster une nouvelle bière Tiger. Devenue l’une des attractions les plus en vogue de la ville, les différentes “rues du train”, de part et d’autre de la gare de Hanoï, offrent un spectacle saisissant lorsque les trains s’aventurent au cœur de quartiers résidentiels dans d’étroits passages larges d’à peine 4-5 mètres. A 19h10, puis à 20h15, il nous faut plier notre terrasse de fortune pour nous serrer le long des murs. A son passage, la locomotive bleue et ses wagons nous frôlent. Après avoir senti le souffle des deux convois, nous entreprenons de rentrer à l’appartement par les rails. Après plusieurs centaines de mètres, les rails empruntent un pont qui surplombe la rue. Nous nous y aventurons, espérant nous rapprocher de notre point d’arrivée. Mais le pont s’avère plus long que prévu et ne présente pas de solution de protection en cas de passage d’un train. Ne pouvant quitter la voie, nous prenons la décision de rebrousser chemin. Quelques secondes après avoir retrouvé la terre ferme, un train passe sur les rails ! Sur ce coup-ci, nous sommes chanceux de ne pas avoir croisé son chemin quelques minutes plus tôt, pendant que nous fanfaronnions sur les rails.

Au petit matin, nous prenons place dans le train en partance pour Ninh Binh et la baie d’Halong terrestre. En quittant Hanoï, nous sommes cette fois dans le train qui circule au milieu des petites rues étroites, frôlant les échoppes.


NOS COUPS DE COEUR
Où boire un verre ?

RailwayStation Cafe
10 Điện Biên Phủ, Cửa Nam, Ba Đình, Hanoï

Bien que ce soit l’attraction touristique la plus célèbre de la ville, se trouver une petite place pour assister à l’arrivée du train au milieu de la rue reste une expérience à ne pas manquer à Hanoï.

Où manger ? 

Restaurant Com Thô
111k2 Ngõ 48, Tạ Quang Bửu, Bách Khoa , Hanoï

Un peu en retrait du centre-ville, une adresse sans prétention, où l’on peut déguster de bonnes petites poêlées dans de jolies plats en fonte. Le tout pour un prix très abordable.