De Impérial à Ayacucho – 5 jours – 89 mètres d’altitude

English version available here.


Lors d’un voyage itinérant, il y a parfois des lieux où le temps semble suspendu. Chez Oscar, les secondes semblent accrochées aux grappes de raisin qui étoffent son jardin.

La journée sur la route fut rendu difficile par la traversée laborieuse de Lima.

Alors, lorsque les portes métalliques de cette jolie maison ont commencées à grincer, une parenthèse enchantée s’est ouverte. Oscar a su, de suite, nous prendre par les sentiments. Il nous a offert un petit verre de pisco de bienvenu tout en échangeant quelques mots de français. Nous avons ensuite pris le temps de pérégriner au milieu de ses allées de vignes. Une petite marche qui fut le prétexte pour une délicieuse discussion sur les cépages, le travail de la vigne et l’élaboration de ce doux breuvage qu’est le pisco. Cet alcool traditionnel du Pérou est principalement élaboré dans la région d’Ica au sud de Lima. Il est obtenu par distillation du raisin, comme le brandy et le cognac, mais sans prolongation du vieillissement en fûts de bois.

Nous quittons Oscar et Impérial pour rejoindre le désert de Paracas.

Ce désert borde l’océan Pacifique au sud de la ville côtière de Pisco. Sur une superficie de 3 350 km2 , ses dunes de sable jouent avec la ligne de l’horizon, avant de se jeter dans la mer du haut de falaises de plusieurs dizaines de mètres. Au cœur du parc, une plage rouge sang vient rompre la continuité des falaises. Cette plage doit sa couleur aux activités volcaniques et à l’érosion des montagnes rougeâtres des alentours. Quelques kilomètres plus loin, les vagues ont creusé dans la roche ce qui a été renommé comme la cathédrale du désert. À l’origine ce piton rocheux était rattaché à la falaise par un arche qui s’écroula en 2007 à la suite d’un tremblement de terre.

La route se poursuit entre les vignes qui s’étendent à perte de vue au milieu des grandes exploitations de Pisco. Nous rejoignons l’Oasis de Huacachina, un petit havre touristique autour d’un lac artificiel à quelques kilomètres de la ville de Ica. Dans l’oasis beaucoup de superficiel ; mais autour les dunes du désert se succèdent à perte de vue. Nous nous laisserons tenter par l’attraction locale qu’est la sortie en buggy dans les dunes au coucher du soleil. Malgré les nombreux déchets qui jonchent le sable, la vue reste magnifique et ces couleurs de feu nous réchauffent l’esprit. Entre les photos et les sauts dans les dunes en buggy, nous nous essayons au sandboarding. Nous faisions les mariols avec nos précédentes expériences de snowboard dans les Alpes. Mais lorsque l’on nous tendit les planches artisanales en bois avec pour seul cale-pieds des scratchs ; on a vite compris que ça ne serait pas une mince affaire. Et pour cause, la descente se fera finalement allongée, sur une pente très raide de plusieurs dizaines de mètres.

Après ces glissades dans le sable, nous sommes revenus à nos lacets sur l’asphalte péruvien, en prenant la direction de Ayacucho. Changement de décor donc, et retour dans les montagnes.  Les virages font tourner la tête de l’altimètre qui indique rapidement 2 000 mètres. La montagne nous offre de belles couleurs et un brin de fraîcheur jusque Ayacucho.

Cette ville, au nom exotique, a conservé son architecture coloniale dans le centre historique. Elle est également célèbre pour ses 37 églises qui arpentent ses rues.

Nous prenons plaisir à nous balader dans ses travées, une glace artisanale à la main. Ces glaces à base de lait sont réalisées par des paysannes des montagnes environnantes qui vendent ainsi leur lait en le préparant avec de la canelle et de la noix de coco avant de le geler dans de grandes casseroles placées au-dessus de bols remplis de glaçons. Nous laissons Ayacucho derrière nous et nous nous projetons vers l’avant à la découverte de Cuzco et de la Vallée Sacrée des incas.


NOS COUPS DE COEUR
Où dormir ?

La Vina de Oscar
Fundó Santa Adela, Nuevo Imperial, San Vicente de Cañete

À la sortie de l’agglomération de Lima, en direction de Pisco, la Viña de Oscar vous offre la possibilité de vous reposer dans son joli jardin et de profiter de la tranquillité des lieux. Oscar saura vous accueillir comme il se doit et prendra plaisir à vous conter sa passion pour le vin et les vignes.

Où prendre le goûter ?

D’marce Café
Jr. ricardo palma 340, Andahuaylas

Après une journée sous la pluie, nous nous autorisons un petit goûter dans un salon de thé sur la place principale de la ville. Après avoir grimpé les escaliers qui permettent d’atteindre la salle, on découvre une ambiance feutrée avec pour l’occasion, de jolies décorations de Noël. Pour la première fois en ce mois de décembre, nous ressentons un peu de cette chaleur de fin d’année alors que dehors il pleut averses. Pour couronner le tout, les parts de gâteaux et les différents cafés et thés sont excellents.

Cuzco et la Vallée Sacrée des Incas – 9 jours – 3 310 mètres d’altitude

English version available here. 


Après une nuit paisible dans le petit village de Limatambo, nous partons à la rencontre de la civilisation Inca et de ses secrets. Notre entrée dans la Vallée Sacrée se fera par le village de Maras. Bien que nous souhaitions privilégier la route ; à la suite de travaux, c’est finalement par la piste que nous entrerons dans cette charmante bourgade. Après s’être remplis l’estomac d’un copieux “almuerzo”, nous prenons la direction des célèbres salines à quelques kilomètres en contrebas du village. Construits par les Incas, les 3 600 bassins permettent, aujourd’hui encore, de récolter le sel. Cet or blanc provient d’une source d’eau salée emprisonnée dans la montagne adjacente. Elle ne laisse s’échapper qu’un fin ruisseau qui alimente l’ensemble des bassins.

Notre route se poursuit par une étape à Ollantaytambo. Ce charmant village, qui ressemble à ses confrères alpins, est aujourd’hui grandement fréquenté par les touristes du fait de son emplacement stratégique aux portes de la vallée du Machu Picchu. Les Incas, déjà, en avaient fait l’un de leur principaux bastions militaires, dont on peut encore visiter les vestiges, pour défendre l’entrée de la vallée.

Le lendemain aux aurores, nous nous présentons sur la place principale du village dans l’espoir de trouver un bus qui nous amènera à la centrale hydroélectrique de Santa Teresa. L’objectif est ensuite de rejoindre à pied Aguas Calientes, le village au pied du Machu Picchu puisqu’il est impossible d’atteindre le village par véhicule (sauf par train).

Ce ne fut pas une mince affaire de négocier quatre places à un bon prix pour nous amener à cette destination. Mais après deux heures d’attente et de négociations, nous prenons finalement la route vers la station hydroélectrique dans un van partagé avec une classe de lycéens originaires de Puno au Pérou. La route est sinueuse mais fort jolie pour rejoindre Santa Teresa et les lycéens mettent l’ambiance dans le mini-bus. Une fois à destination, nous entamons la petite randonnée le long des rails du Perurail. En levant la tête, nous apercevons pour la première fois  le site du Machu Picchu perché en haut de la montagne.

Après deux petites heures de marche, nous atteignons le village d’Aguas Calientes, aussi appelé Machu Picchu village. On trouve, dans ce haut-lieu du tourisme péruvien, des hôtels et des restaurants à des prix bien plus élevés que ceux pratiqués dans le reste du pays. Après avoir fait le tour des moindres ruelles, nous finissons par trouver une chambre et des burgers à des prix un peu plus décents.

Après une courte nuit de sommeil, le réveil sonne ce matin là à 5h. Nous craquons pour un petit-déjeuner dans la boulangerie française du village ; rien de tel qu’un petit pain au chocolat pour lancer une longue journée de marche. Nous nous attaquons dans la foulée à l’ascension qui permet d’atteindre l’entrée du site du Machu Picchu ; une petite randonnée de 5 kms ponctuée de près de 1 500 marches.

Une fois sur le site, le jeu est de rechercher le spot parfait pour une photo originale et isolée des autres visiteurs. Après avoir réussi à amadouer un lama pour un selfie, nous entamons l’escalade de la montagne Machu Picchu, ses 2 000 marches et 550 mètres de dénivelé. Après un bel effort physique, nous sommes récompensés ; les nuages se dissipent et un rayon de soleil révèle un point de vue extraordinaire sur le site archéologique ; avec, qui plus est, en toile de fond, la montagne Huayna Picchu.

Après près de sept heures passées à pérégriner entre les temples et vestiges de cette cité Incas, nous redescendons vers Aguas Calientes pour attraper le Inca-Rail qui nous ramènera à Ollantaytambo où nous retrouvons nos side-cars.

Sur le chemin qui nous mène à Cuzco, nous poursuivons notre découverte de la Vallée Sacrée en visitant les sites archéologiques de Moray et de Chinchero.

Le premier est un site où les Incas réalisaient des expériences agroalimentaires. Son architecture constituée d’un enchevêtrement de cercles permettait, sur chacune des terrasses, de planter différentes sortes de plantes et d’étudier leurs besoins en eau. Le cercle central était, du fait de cette architecture, mieux irrigué que la terrasse la plus élevée.

Dans un second temps, nous avons effectué une étape sur le site de Chinchero, une ville Inca importante lors de l’âge d’Or de la vallée. Le village possède également une église impressionnante, dont l’intérieur est intégralement peint. (Nous ne pouvons malheureusement pas illustrer ces propos, les photos étant interdites pour préserver la peinture).

Cette étape se termine par la visite de la ville de Cuzco. Il y règne une ambiance particulière, on y ressent une énergie importante que les locaux appelle “la energia indigena”. Cette atmosphère est particulièrement prégnante au marché couvert de San Pedro où il règne une perpétuelle effervescence. Les murs blanc agrémentés de balcons colorés, les bâtiments religieux et l’ensemble des bâtisses au style coloniale, accroissent l’emprise de la ville sur le voyageur. Surplombant la ville, l’impressionnant site archéologique de Sacsayhuaman, vient refermer cette parenthèse sacrée au cœur des secrets de la civilisation Incas.


NOS COUPS DE COEUR
Où manger ?

TAO
Avenida Imperio de los Incas 520, Aguas Calientes

Pas si simple de trouver un lieu où dîner, bon marché et sympa dans ce haut-lieu du tourisme péruvien. Après quelques longues minutes de recherche, nous trouvons la perle rare. Ce petit restaurant possède une carte de burgers à des prix décents, au goût excellent, le tout accompagné par une décoration et une playlist agréable.

Mercado San Pedro d’Ollantaytambo

Au Pérou, pour le petit-déjeuner, rien de tel qu’un petit détour par le marché pour dégoter un sandwich œuf-fromage-avocat, accompagné d’un jus de fruits. La journée démarre ainsi de la plus belle des manières, sans percer le porte-monnaie. Au village de Ollantaytambo, nous ne dérogeons pas à la règle. Nous grimpons au deuxième étage du marché couvert pour y trouver notre bonheur.

Où boire un verre ?

Mirador de San Blas

Cette petite échoppe possède une jolie  terrasse agrémentée de trois, quatre tables. Pour l’atteindre il faut grimper quelques marches derrière la Plaza Mayor. Le bar situé sur les premières hauteurs de la ville offre une vue imprenable sur Cuzco. Nous vous recommandons donc de venir apprécier les couleurs du coucher du soleil en savourant une Cusqueña. De trigo, dorada ou negra, l’échoppe possède toutes les recettes.

De Cancas à la Laguna Parón – 10 jours – 23 mètres d’altitude

English version available here.


Le passage de cette petite frontière à proximité de la Côte Pacifique fut rapide et relativement simple. L’organisation est rodée ; les bureaux des migrations Équatoriennes et Péruviennes se font faces dans la même salle. Une fois les tampons obtenus, il ne nous reste plus qu’à nous présenter à la douane, là aussi dans le même bâtiment, pour réaliser l’importation des side-cars.

Le SOAT, assurance qui permet de rouler en Équateur, sera le document qui nous prendra le plus de temps. Bien que le bureau soit lui aussi dans le même bâtiment ; nous n’avions pas, dans nos porte-monnaies respectifs, de Soles (monnaie péruvienne) pour payer cette assurance. La seule banque au poste frontière étant hors-service, nous sommes allés à Tumbes à 25 kilomètres pour nous procurer nos premiers billets péruviens, avant de retourner à la frontière pour obtenir ce SOAT.

Nous avons ensuite repris la route en direction du Sud, vers la ville de Cancas où nous étions attendu par Cio et Beto. Nous avons alors longé l’Océan Pacifique à la tombée de la nuit ; et pris plaisir à retrouver le bleu de la mer à perte de vue.

Trois jours durant, nous avons pleinement profité d’un quotidien les pieds dans le sable et les yeux vers le large. Nous avons dégusté d’excellents Ceviche et Tiradito dans le restaurant de nos hôtes et pu profiter pleinement de ce cadre idyllique pour recharger les batteries.

Parce que toute belle chose à une fin, qui permet de savourer les prochains moments extraordinaires ; nous avons donc repris la route sur la Pan-américaine en descendant toujours plus au Sud. Nos étapes nous ont permis de découvrir les secrets des civilisations pré-inca en visitant la sépulture du seigneur de Sipan à Layambeque et la cité de Chan-Chan à Trujillo.

Puis nous sommes arrivés sur le spot de Huanchaco. Ici, tous les jours, les vagues viennent frapper de toute leur puissance le pier qui s’avance vers le large. Le spot est prisé par les surfeurs locaux mais également par de nombreux backpackers venus tester la réputation de cette vague péruvienne.

Outre le surf et les vagues, cette étape sera marquée par une soirée pizza improvisée lors de laquelle nous avons échangé des conseils, des bons plans et de bonnes adresses avec cinq autres couples qui parcourent eux aussi l’Amérique du Sud, du Nord au Sud ou du Sud au Nord.

Après une belle nuit bercée par le son des vagues, nous reprenons la direction des montagnes et le Parc National de Huascaran.
Pour s’y rendre, après une étape sans saveur dans la ville de Santa ; nous empruntons, pour atteindre la ville de Caraz, une petite route dans le fond d’un canyon. Les virages s’enchaînent, les tunnels se succèdent, le paysage est magnifique et compense très largement les moments de stress, lorsque l’on croise un camion sur cette route si étroite. Au bout des tunnels, la ville de Caraz nous ouvre ses bras. Nous y passerons deux jours le temps pour nous de faire la vidange des 5000 kilomètres.

Une fois les side-cars d’attaque, nous nous lançons à l’assaut de la Laguna Parón. Ce lac naturel aux eaux turquoises ne se révèle à nous qu’après une ascension de 34 kilomètres d’une piste pierreuse et au nombre de lacets incalculables. Nous prendrons trois heures pour atteindre le sommet. Mais une fois encore, quel spectacle ! Nous passons la nuit, seul, face à cette majestueuse étendue d’eau. Avant d’entamer la descente, nous faisons une jolie randonnée sur les rives de la lagune ; avant de se laisser charmer par son bleu turquoise et de piquer une tête dans une eau à 6 degrés (estimation sur la base des précédentes baignades en terre bretonne).

Une fois réchauffés, la descente vers la civilisation se fera moteur éteint, pour ensuite poursuivre l’aventure toujours plus au sud.


NOS COUPS DE COEUR

 

Où manger ?

Majariscos Canoas de Punta Sal
Carretera Panamerica Norte 1196, Canoas

Les pieds dans le sable, le regard porté vers le large, un coucher de soleil sur l’Océan Pacifique en guise de toile de fond ; le restaurant Le Majariscos offre un cadre idyllique pour savourer le meilleur Ceviche de la région (si ce n’est pas de tout le Pérou).

Où dormir ?

Casa de Amelia
Avenida Victor Larco Herrera 1150, Huanchaco

Le voyage et les rencontres sont au cœur du projet de la Case de Amélia. Une petite auberge face à la mer dans le centre ville de Huanchaco. Cette auberge conviviale et sans prétention possède trois petites chambres et accueille dans son jardin les vans des voyageurs itinérants. La convivialité est le maître mot des lieux qui se retrouve particulièrement dans l’espace commun extérieur avec son coin salon, sa cuisine et son four à pizza.