Baignades Argentines

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Forte de 3 989 kilomètres de côtes à l’Est et de célèbres lacs andins à l’Ouest ; l’Argentine est un pays que l’on pourrait qualifier d’aquatique. Et pourtant, pendant les 34 jours de notre traversée du pays, les plongeons et autres trempettes rafraichissantes ne furent pas des plus mémorables. Il y a bien eu la baignade sur la plage de Rada Tilly par exemple, où nous souhaitions profiter des dernières lueurs du soleil. Mais nous n’étions pas les seuls à avoir cette idée ; et avons dû partager ce moment avec les nombreux argentins en vacances venus profiter du sable de cette station balnéaire. Dans les eaux des Rio Parana Guazu et Gualeyan bien que rafraîchissantes en ces fins de journée, à chaque fois un élément venait perturber nos mouvements de brasse. À Zárate, il a fallu se frayer un chemin entre les branches entraînées par le courant. À Galeguaychu, c’est dans une zone de baignade restreinte que nous avons dû faire des ronds dans l’eau.

Mais notre traversée de l’Argentine du Nord au Sud, nous a tout de même offert deux belles baignades savoureuses.

 Puerto Pirámides

Après une journée passée à sillonner les pistes de la Péninsule Valdez, dans la peau d’un « ranger », l’œil acéré pour observer la faune et la flore de ce microcosme de 3 600 km² ; nous avons fait étape dans le village de Puerto Pirámides.

Nous avons débuté notre escale par la visite de la caserne des pompiers, non pas que nous souhaitions nous assurer qu’en cas de problème pendant notre bain, notre prise en charge serait optimale, mais pour réaliser le remplissage de nos bidons en eau potable. Une anecdote, je vous le conçois, loin de nos préoccupations de baignade, mais qui reste un moment sympathique que je me devais de vous partager.

Nous arrivons sur la grande plage du village en fin d’après-midi. Elle se situe dans une baie, entourée par des falaises blanches hautes d’une centaine de mètres. À cette heure tardive la mer s’est retirée à une petite centaine de mètres, laissant libre choix aux touristes, d’étendre leur serviette sur le sable sec ou sur celui encore légèrement humide. Une fois installés, et le maillot de bain enfilé, il ne reste plus qu’à s’aventurer dans les eaux claires de la petite baie. A marée basse, le fond ne descend pas rapidement et il faut marcher sur quelques dizaines de mètres pour avoir de l’eau à la ceinture. Mais qu’importe, après une journée à rouler dans la poussière, c’est un vrai plaisir que de se débarbouiller dans l’océan Atlantique ; d’y faire la planche, les yeux fermés et le visage léché par les derniers rayons du soleil ; puis après avoir pris un peu d’eau dans les narines, se redresser et entamer quelques enchaînements de crawl.

De retour sur le sable nous entamons l’escalade de la falaise. La roche s’avance dans l’océan et à son extrémité, des jeunes ont étendu leur serviette et s’adonnent à de périlleux plongeons.

Il est alors temps pour nous de quitter la plage et la péninsule pour se diriger vers le Nord et la capitale du pays.

Tigré

Il n’est pas si facile de trouver un coin d’ombre sur l’asphalte de la métropole de Buenos Aires et à notre arrivée à Tigré, le thermomètre affiche 35°C. Ce fût donc avec un grand plaisir que l’on accueillit la proposition de Ricardo, de se rafraîchir dans le lac artificiel au bout de son jardin.

Ni une ni deux, nous troquons les tenues de moto contre les maillots de bain et plongeons depuis le ponton en bois dans les eaux tièdes de la lagune. Après quelques brasses, Ricardo met à l’eau son canoë et son kayak pour partir à la découverte du plan d’eau. Tels trois indiens, dans un beau canoë en bois, nous longeons les belles propriétés à l’architecture souvent avant-gardiste.

En ce week-end ensoleillé, des enfants jouent sur les pontons et des jeunes argentins profitent de ce bel après-midi pour chiller, au son de la musique électro. Nous sommes rapidement rattrapés par Julien et Marcos qui forment à eux deux, un bel équipage sur le dériveur de la famille. Bien que Marcos soit à cette période, en révision pour préparer le concours d’entrée dans une école d’ingénieur, il s’accorde une petite pause pour tirer quelques bords avec nous.

La voile est une tradition dans cette famille argentine, membre du club local depuis déjà plusieurs générations.

Au milieu du lac nous échangeons d’embarcation avec Julien ; je regoûte ainsi aux joies de la voile. Les premiers bords sont tirés avec Marcos, avant qu’il ne me demande de le débarquer sur le ponton. Il retourne à ses révisions, me laissant seul à la barre. Il me faut alors apprivoiser la gîte du dériveur et apprécier son comportement sur chacun des différents bords tirés. Au début, peu rassuré ; la confiance revient rapidement après avoir enchaîné quelques manœuvres. C’est donc fier comme un coq que je me rapproche du canoë de Marie, Emilie et Julien ! Oui mais voilà, à vouloir faire le malin, le bateau a fini par prendre de la vitesse et au moment d’empanner… C’est le dessalage ; me voici à l’eau, le dériveur couché sur le flanc à quelques mètres de là.
Après quelques mouvements de crawl, il me faut remonter sur le safran du bateau pour le redresser ; avant de repartir pour enchaîner les virements de bords, avec une vigilance accrue.

En cette fin d’après-midi, le soleil vient se refléter dans les eaux du lac, éblouissant quelque peu le petit skipper que je suis. Je poursuis la découverte du plan d’eau en réalisant des traversées entre ses différentes rives. Le ponton de la famille, lui, est situé dans un étroit bras du lac, orienté, à ce moment là, face au vent. Il me faut alors enchaîner les virements de bords pour remonter au vent et ramener le dériveur à la cale ; où, avec l’aide de Ricardo, nous le sortons de l’eau.

Cette session aquatique se terminera par une dernière série de plongeons dans le lac depuis le ponton. Il est alors l’heure de se sécher, pour se lancer dans la préparation de la parilla pour les grillades du soir.

Rencontres Argentines

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Juan Carlos de Bajo Caracoles

Arrivés en fin d’après-midi à Bajo Caracoles, petit village balayé par le vent, nous nous mettons en quête d’un espace abrité pour monter le campement. Il y a bien un petit panneau indiquant un camping mais personne pour nous offrir le moindre renseignement. Nous partons alors à la recherche de Juan Carlos dont nous avons trouvé les coordonnées sur iOverlander, une application dédiée aux voyageurs. Nous nous dirigeons, comme indiqué, vers le point de santé pour en savoir plus ! La porte nous est ouverte par quelqu’un, nous indiquant que Juan Carlos est absent… Mais après quelques instants, il nous dit qu’il blague, que c’est bien lui et nous invite à rentrer ! Il est infirmier et assure les premiers soins médicaux sur les 200 kms de la Ruta 40 en amont et en aval du village. Il nous offre l’hospitalité pour la nuit dans la petite chambre située entre la salle de consultation et la cuisine.

Dès les premières minutes, Juan Carlos nous met à l’aise grâce à son humour. Il nous offre le maté et nous présente son livre de cuisine française. Après quelques pages, nous découvrons la recette de la soupe à l’oignon. Une recette simple que nous cuisinons en entrée, pendant que « J.C » nous prépare des pâtes agrémentées d’une excellente sauce maison.

Fabio, le policier du village, en charge de la sécurité sur la même portion de route que Juan Carlos, se joint à nous pour la soirée. Il nous propose de découvrir le cocktail local à base de Fernet (une liqueur de plantes) noyé dans le coca ; une recette au doux goût de médicaments…

Pour vous retranscrire, comme il se doit l’ambiance de la soirée, imaginez une petite maison médicale perdue dans un hameau rural dans laquelle se trouve une petite salle de pause à l’arrière du bâtiment, avec une table, quatre chaises, un beau fauteuil et une boule à facettes. Cette seule source de lumière nous éclaire de toutes ses couleurs. Et pour couronner le tout, en fond musical, une playlist des années 80, avec un volume sonore poussé à l’extrême parce que : “Michael Jackson, ça s’écoute fort…”

Jorge – El Mago Hamelin à Gobernador

Soirée au camping de Gobernador Gregores, nous y rencontrons Jorge, un magicien professionnel qui voyage en exposant son talent en échange de l’hospitalité ou de quelques litres d’essence.

Son pickup Ford aménagé est original, il nous intrigue et par curiosité nous échangeons nos premiers mots. Une discussion qui se poursuivra autour d’une bière et de pâtes au pesto préparées sur le réchaud.

Jorge nous bluffe par ses tours de magie qui agrémenteront notre soirée. Le lendemain au moment des « au revoir », il nous apprend un dernier tour et nous offre les cartes truquées pour le réaliser.

Jean-Luc et Nelly

Nous rencontrons Nelly et Jean-Luc pour la première fois au pied du supermarché “Anonyma” de Gobernador Gregores. Ce couple de motards, de la campagne Seine et Marnaise, parcourt l’Amérique du Sud en BMW GS, dont ils sont tombés amoureux, il y a maintenant plusieurs années. À leur retour en France, ils ont pour projet d’acquérir un side-car Ural et c’est donc tout naturellement qu’ils sont venus à notre rencontre en apercevant nos bolides. Après avoir partagé nos anecdotes de voyage et échangé nos contacts, nous entrons alors dans le supermarché où, sur leurs conseils, nous achetons notre premier « bon » saucisson du voyage (tout est ici question de point de vue, et après quatre mois de voyage, nous sommes plus laxistes quant au respect de la règle des trois F : fleur, forme, fermeté).

Nous retrouvons les voyageurs de Adventura2, par hasard, dans la longue file d’attente de la station service Petrobras de El Calafate. Une coïncidence qui aboutit à une soirée de partage autour d’une copieuse « parilla » sur notre petit emplacement au camping municipal de la ville. Jean-Luc et Nelly, responsable des gourmandises de l’apéro nous régalent de saucisson, de fromages et de vin.

Après la visite du Perito Moreno et la poursuite du périple vers le Sud, c’est à la « fin du monde » que nous partageons les bières suivantes. À Ushuaïa, nous célébrons notre arrivée au point le plus austral de notre voyage dans un vieux pub à l’ambiance chaleureuse. La météo à l’extérieur est proche de celle de l’Irlande et la bière locale qui coule des tireuses n’a rien à envier à l’or ambré du Connemara.

Au moment de mettre le cap vers le Nord pour rejoindre la capitale Uruguayenne (lieu de mise en conteneurs des véhicules des deux équipes), nous adoptons deux stratégies différentes. La moto la plus rapide opte pour la route de l’Est qui conduira ses passagers du lac Bariloche aux chutes de Iguazu, tandis qu’avec nos « tracteurs » nous décidons de prendre la route la plus directe qui longe la côte Atlantique. À Montevideo, nous nous retrouvons une dernière fois en terre Sud-Américaine, mais nul doute qu’à notre retour en France, nous partagerons de nouveau, avec ces aventuriers des terres du Sud, un bout d’asphalte et quelques mousses.

Les pêcheurs de San Antonio Oeste

Sur les conseils d’un couple de retraités (rencontrés sur une aire d’autoroute YPF) ; nous plantons la tente au “Club Nautico Social y de Pesca » lors de notre étape à San Antonio Oeste. Le camping existe depuis quelques mois, mais le club organise des concours de pêche depuis plusieurs années déjà.

À notre arrivée, nous sommes accueillis par Luis, le patron des lieux. Sur ses conseils, nous optons pour l’emplacement à l’ombre à l’arrière du bâtiment. Une fois le campement monté, nous l’interrogeons pour savoir où est-ce qu’il serait possible de trouver du bon poisson pour les grillades du soir. Il passe alors sa main dans ses cheveux de vieux loup de mer, rendus si atypique par le sel et le soleil de ces nombreuses années passées en mer. Il nous propose de partager une « parilla » de poissons avec les marins du village qui vivent à l’année au camping.

Franco et son frère, Lucas, nous préparent une “paella” à partir des victuailles ramenées d’une précédente pêche. Les ingrédients mijotent dans un immense plat positionné au dessus du feu de bois. Nous partageons les premières bières Quilmes de la soirée, autour du feu.

Le lendemain, après une petite journée farniente, c’est à notre tour de préparer à nos hôtes un dîner constitué de spécialités culinaires françaises.

Nous devions initialement reprendre la route, le jour suivant, mais la mécanique en a décidé autrement. Et c’est finalement autour d’une parilla argentine que nous partageons cette troisième soirée au club nautique. Nous ne veillerons pas trop tard, car aux aurores, le bateau du Lucas largue les amarres, tandis que Franco et Nicolas doivent être au port de bonne heure pour réaliser la préparation des câbles de pêche sur leur bateau.

Au réveil, nous partageons le maté avec toute l’équipe avant qu’ils n’embauchent. Au moment du départ, nous faisons un crochet par le port pour saluer Franco et Nicolas. Au début réticent à ce que des touristes pénètrent dans cette enceinte surveillée, l’agent faisant autorité au port finira par nous accompagner sur les quais et nous présenter les différents bateaux présents. Avant de sortir, nous saluons brièvement Franco qui a fort à faire avec ses câbles.

Ricardo, Ivan et Marcos

Cette rencontre prend ses racines dans le petit village de Hornopiren sur la Carretera Australe. Nous avions alors recherché avec Ricardo et ses deux garçons, Ivan et Marcos, la billetterie du ferry qui permet de rejoindre le petit village de Chaiten. C’est finalement sur ce bateau que cette amitié a débuté. La traversée s’est faite sous un temps pluvieux, et malgré cela, les paysages étaient somptueux. Ricardo a quitté Buenos Aires avec ses deux enfants pour un voyage de plusieurs semaines en Patagonie au guidon de deux BMW.

Nous les avons ensuite retrouvés, sur le « glacier des explorateurs » à hauteur du petit village chilien de Puerto Rio Tranquilo. Nos chemins se séparant à la suite de cette aventure, Ricardo, nous proposa un carré de pelouse pour planter nos tentes lors de notre passage à Buenos Aires.

Quelques jours avant notre arrivée dans la capitale Argentine, nous avions donc repris contact avec lui et c’est avec enthousiasme qu’il nous a accueilli. À notre arrivée, Ricardo nous a sorti le « grand jeu », l’idée de planter les tentes a été remplacé par la mise à disposition de deux belles chambres ; et une fois nos valises déchargées, il se plia en quatre pour que tout se passe pour le mieux.

Le soir, toute la famille est réunie autour d’une parilla. Ricardo nous révèle les secrets d’une cuisson maîtrisée de la viande, qui réside dans la réalisation d’un feu sur une des extrémités du barbecue avant de disperser les braises incandescentes sous la viande. Ainsi il n’y a pas de risques de devoir se battre avec les flammes ; et pour savoir si la température est bonne, il faut être en capacité d’apposer sa main juste au-dessus de la viande dix secondes (pas plus – cuisson trop forte ; pas moins – manque de puissance).

Au réveil le lendemain, nous nous régalons d’excellents croissants au petit-déjeuner. Puis montons dans la voiture de Ricardo pour la visite de la ville de Tigré puis celle de la capitale Argentine. En fin d’après-midi, nous prenons possession de la cuisine pour préparer un dîner français à l’ensemble de la famille. Au menu, melon-jambon, poulet flambé accompagné d’un gratin dauphinois ; et en guise de dessert, des crêpes pommes-caramel au beurre salé (maison).

Pour la troisième journée en compagnie de Ricardo, nous accompagnons sa moto GS, avec nos Ural, pour visiter le village traditionnel de San Antonio de Areco, qui met en avant la culture « Gaucho » (cow-boys locaux) et les traditions de la campagne argentine. Nous terminons cette journée en partageant une bière dans le quartier Belén de Escobar.

Après une dernière journée à pérégriner dans les rues de la capitale, nous quittons Ricardo, Astrid et Marcos, le lendemain en fin de matinée. Les garçons nous escortent jusqu’au dernier échangeur de l’autoroute n°9. Nos routes se séparent une nouvelle fois, mais elles se recroiseront certainement prochainement…

Expériences argentines

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Une nuit en caravane à El Chalten

Pour notre deuxième nuit à El Chalten, les prévisions météo nous prédisaient une nuit de tempête, avec de fortes rafales de vent. Nous avons donc pris la décision de troquer nos tentes pour un autre type d’hébergement en adéquation avec notre budget. Après avoir regardé les différentes offres de location, nous avons finalement jeté notre dévolu sur une belle caravane au look « rétro ». Stationnée entre deux maisons, elle est arrimée au sol à l’aide de fanions ; un élément qui nous rassure tout particulièrement au moment de prendre possession de notre hébergement pour la nuit.

Une fois installés dans notre humble demeure, nous rassemblons notre courage, pour affronter le vent qui se lève. Direction la petite supérette du village, pour mettre la main sur quelques gourmandises qui accompagneront cette soirée qui s’annonce mémorable. Bières, saucissons et fromages, constitueront un apéritif digne des jours de fête ! La caravane dansera au rythme des rafales pendant la soirée et une bonne partie de la nuit.

Au réveil, la vie s’organise dans les 7m2 de la pièce de vie : maté pour le petit-déjeuner, enchaînement des douches dans la minuscule salle de bain avant de lever le camp, et de reprendre la route vers le sud.

Le footing de bon matin sur la plage de Rada Tilly

La plage de Rada Tilly est une belle étendue de sable de près de quatre kilomètres. Elle est bordée par l’océan à l’Est, et par la digue de la petite station balnéaire à l’Ouest. En cette période estivale, elle est très fréquentée, et ce jusqu’au coucher du soleil. Les ballons de foot, appelé ici « Pelota, » ont fleuri aux quatre coins de la plage. Ils circulent entre les pieds de tous les jeunes gens qui s’adonnent à des parties de « tennis-ballon » spectaculaires.

En revanche au lever du jour, la plage est réservée au plus téméraire. La session running débute dès la sortie du camping, par une petite foulée d’échauffement jusqu’à la plage. C’est sur le sable encore humide de la précédente « marée haute », alors que le soleil commence à fendre l’horizon, que « les hostilités commencent. » Les chaussures de running sont retirées pour apprécier la sensation du sable entre les doigts de pieds. Les premières foulées sont lourdes. A chaque pas la même impression ; la plage paraît être une immense étendue de sable mouvant. Mais progressivement, les sensations reviennent et les foulées deviennent plus aériennes. À cette heure matinale, deux autres joggeurs courent le long de la digue. Le parcours n’étant pas très long, nous nous croisons à de multiples reprises. La première fois, par pudeur, chacun regarde ses pieds ; la seconde fois, les regards se croisent ; les fois suivantes, un jeu d’intox se met en place, pour ne rien laisser paraitre de son état de fatigue.

Avant de regagner le camping, une petite baignade de récupération s’impose. L’eau est fraiche, mais les quelques longueurs, dans cette petite baie, sont savoureuses ; tout comme le bon petit-déjeuner qui m’attend avec les copains. La journée commence alors sous les meilleurs hospices.

Une partie de baby-foot sur la plage de Las Grutas

Lors de notre étape à San Antonio Oeste, nous avons passé un après-midi à la plage “de las piedras coloradas” à quelques kilomètres de notre lieu de villégiature. Après une petite marche dans le sable, nous nous partageons, en guise de déjeuner, une assiette de fruits de mer et de calamars frits, dans une petite cabane de bord de plage.

Avec Julien, en attendant nos mets, nous nous lançons dans une petite partie de babyfoot sur le vieux terrain de jeu qui trône devant la terrasse du snack. Le jeune serveur se rapproche alors de nous et propose d’échanger quelques balles avec le gagnant de cette confrontation au sommet. Le Pouzauges Bocage Football Club finira par l’emporter face au Ploërmel Football Club, au terme d’une partie épique ; menée 3-0 les blancs et bleus finiront par réaliser une mémorable “remontada” face aux noirs et blancs.

Lors de la rencontre suivante entre la « Céleste » et les « Bleus » ; les balles transpercent les filets des deux équipes à de nombreuses reprises, sans qu’on ne puisse avec certitude désigner un vainqueur lors de cette rencontre avant tout amicale. Finalement les “Bleus” marquent le point pour remporter une bouteille de soda !

Une fois notre assiette dégustée et en attendant que la pluie ne cesse, nous échangeons quelques mots avec le cuisto, sur la situation économique, politique et sociale de l’Argentine. Une rencontre enrichissante tant sur le terrain qu’en tribune, qui est venue conclure une belle après-midi en bord de mer.

L’interview pour la radio locale à Colonel Pringles

Après une matinée sur la route à suffoquer sous une chaleur de plomb, nous faisons une pause déjeuner à l’ombre des arbres du centre-ville de Coronel Pringles. Intriguée par nos bolides, une femme bien apprêtée s’approche alors de nous et nous interroge sur notre voyage. Elle se présente comme étant la journaliste d’une chaîne de radio locale. Intéressée par notre romance, elle joint son collègue par téléphone et l’invite à la rejoindre pour réaliser une interview filmée. Embêté, son collègue dans un premier temps décline l’invitation, souhaitant se rendre en priorité sur la rocade qui contourne la ville où un poids lourd vient de se renverser. Mais c’est sans compter sur la ténacité de sa collègue qui insiste et le convainc de nous rejoindre. « Ce n’est quand même pas tous les jours que l’on accueille, dans notre ville, quatre jeunes français qui font le tour du monde en side-cars », dira-t-elle. À son arrivée, ni une ni deux, le cameraman déballe son matériel et nous voilà, en moins de cinq minutes, tous les quatre alignés devant la caméra, impressionnés par la situation. Il faut alors, à tour de rôle, improviser et balbutier quelques mots en espagnol en réponse aux questions de la journaliste. Une belle expérience ! En fin d’après-midi c’est l’heure de gloire, notre article est publié sur le site internet de la chaîne “El diario de Pringles” ; le début de la célébrité…

Le carnaval de Gualeguaychu

Le carnaval de Gualeguaychu est célébré chaque début d’année, entre début janvier et début mars. Il est surnommé Carnaval del País, du fait qu’il soit le plus important d’Argentine. Dans son enceinte pouvant accueillir jusqu’à 40 000 personnes, il est le deuxième plus grand carnaval d’Amérique du Sud après celui de Rio. Les « comparsas » (centres sociaux ou de quartiers) de la ville y défilent, tous les samedis de cette période estivale, au son des « batucadas » (troupes de percussionnistes) endiablées. Chaque année, un thème est choisi par la “comparsa”, dont le défilé commence par un couple d’ambassadeurs, qui portent le drapeaux au couleurs du club. Ils devancent les danseurs et danseuses, dont les costumes peuvent peser jusqu’à 80 kg et contenir plus de 2 000 plumes ; et les chars dont le dernier n’est autre que celui de la “batucada”.

C’est par Riccardo et sa famille que nous avons appris l’existence de ces festivités. Nous avons donc légèrement adapté notre itinéraire pour arriver en fin de semaine dans cette petite ville, à la frontière Uruguayenne.

Nous entrons dans les rues de Gualeguaychu, en début d’après-midi, le vendredi 22 février. Rien ne laisse paraître que la ville connaît d’importantes festivités. C’est au camping municipal que nous récupérons les premières informations sur le carnaval. On y apprend que pour acheter des billets pour la représentation du lendemain, nous devons nous rendre à « la Pasarela del Corsodromo » ; le lieu des festivités, qui n’est autre qu’une immense avenue, bordée de gradins.

Arrivés par l’une des extrémités de cette avenue, nous remontons derrière les gradins jusqu’à la vieille gare, au milieu de cette artère, aujourd’hui réaménagée en tribune « présidentielle ». Sur la droite du bâtiment, nous nous faufilons par un petit passage qui nous permet d’arriver au centre de la « pasarela » ; de part et d’autres, les gradins nous entourent. Notre imaginaire prend alors le contrôle de notre esprit ; nous voici pris à rêver de danser au milieu de cette longue ligne droite au son des percussions.

De l’autre coté de la vieille gare, la billetterie nous ramène à la réalité et nous place devant un choix cornélien ; quels sièges souhaitons nous occuper pour assister au spectacle ? Nous suivons les conseils de la vendeuse et optons pour une place en hauteur juste après la tribune présidentielle, afin de profiter au maximum du cœur du spectacle, à une hauteur suffisante pour apprécier l’immensité des chars. Il nous faut regagner notre camping et patienter jusqu’au lendemain, des rêves pleins la tête.

Oui mais voilà, un violent orage c’est abattue sur la ville, pendant la nuit et au réveil, la pluie ne cesse de tomber. Rien de titanesque, mais tout au long de la journée, les averses se succèderont. Le lancement du carnaval est prévu pour 22h et, toute la journée, nous guettons les informations pour savoir si le défilé aura bien lieu. Ce n’est qu’à 21h, alors que la pluie et l’orage ont repris, que l’organisation du festival annonce son report au lendemain soir. Il nous faut donc rester une nuit de plus dans la petite ville de Gualeguaychu.

La journée sera une nouvelle fois placée sous le signe de l’humidité, mais rien d’aussi cataclysmique que les jours précédents. Et après une journée occupée par une baignade dans le rio et un barbecue ; nous prenons place à 20h dans les gradins. Le début du show a été avancé à 21h ; et c’est à cette heure précise que les premiers sons de tambours retentissent, annonçant le début du défilé de la première « comparsa. » L’ambiance est très festive, les spectateurs soutiennent chacun des clubs, donnant un peu plus de voix quant apparaissent les couleurs de leur cœur. Les costumes et les chars sont magnifiques, hommes et femmes se déhanchent et avancent au rythme des percussions dont les sonorités ressemblent à celles de la « samba ». Les quelques 3 000 danseurs encadrant la dizaine de chars, défileront sous nos yeux pendant près de trois heures. Et c’est des étoiles pleins les yeux que nous regagnons le camping, pour une nuit où les danseurs et tambours viendront envouter nos rêves. Au réveil, il nous faut prendre la route, et la direction de l’Uruguay ; laissant derrière nous Gualeguaychu et ses festivités qui ont rendu la ville si colorée malgré la météo contrastée que nous y avons connue.

Night spots argentins

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Lors de notre périple sur les terres Argentines, le budget ne nous permettait pas de nous offrir chaque jour, un toit et un lit, pour passer la nuit ; c’est donc sous la tente que nous avons dormi la majorité des nuits. Le camping, qu’il soit en pleine nature ou dans des aires aménagées, n’a cependant pas été de tout repos.

Nous avons affronté deux jours d’orages et de pluies diluviennes à Gualeguaychu. Sous les trombes d’eau, le camping c’est rapidement transformé en une gigantesque piscine ; chaque vacancier creusant des tranchés autour de son campement pour essayer d’évacuer l’eau de son emplacement.

Lors de notre traversée du pays, nous avons été déçus par de nombreux campings, dont la salubrité et les infrastructures vieillissantes n’ont malheureusement pas comblé nos attentes. D’autant plus que les tarifs pratiqués étaient relativement élevés au vu de la prestation proposée. Ce qui explique certainement le fait qu’en cette période estivale, la plupart restent désert ; les vacanciers argentins, avec la crise économique que connaît le pays, ne pouvant plus se permettre de s’offrir ce type de vacances.

Sur les lignes droites des Ruta 5 et 40, les spots de camping sauvage ne furent pas plus mémorable. Au milieu de la « Pampa », ils n’offraient pas d’espaces abrités ou de décors extraordinaires, et étaient parfois tout simplement inaccessibles du fait des barbelés dressés sur le bas-coté ; ce qui nous empêchait de bifurquer dans la nature, nous obligeant à dresser le campement dans les stations services YPF.

Sur la plage de El Condor, célèbre repère des pêcheurs locaux, nous avons monté la tente au pied des dunes. Le site était plutôt sympa et parfaitement aménagé pour que nous y dressions le campement. Mais cette fois-ci, c’est au réveil que nous avons connu une étrange surprise. En ouvrant la tente c’est une scène « Hitchcockienne » qui se présente face à nous. Tel le film « Les oiseaux », des centaines de perroquets ont remplacé les corbeaux sur les fils électriques environnants. Ils crient à tue-tête créant un vacarme assourdissant pendant notre petit déjeuner. Nous n’en subiront pas les attaques, mais c’est dans une atmosphère surprenante que nous prenons notre café matinal. Il n’en reste pas moins que nous avons découvert au milieu de ce désert, un petit coin de paradis pour les routards que nous sommes.

Trente kilomètres au nord de la station balnéaire de Puerto Madryn nous avions pour objectif de visiter la Peninsula Valdez, célèbre parc naturel qui héberge de nombreuses espèces animales maritimes et terrestres.

A l’entrée de la péninsule, quelques kilomètres avant le poste de contrôle signalant l’entrée du parc, nous bifurquons à gauche sur une petite piste qui longe la côte. Cinq kilomètres plus loin nous voici sur une belle plage longue de plusieurs kilomètres. Le campement est monté à l’abri du vent derrière les dunes. Alors que nous profitons d’un joli couché de soleil sur l’Atlantique et savourons notre bière « Escudo » qui célèbre la fin de la journée ; nous avons la visite d’un troupeau de vaches. Peu perturbées par notre présence, elles avancent le long des tentes, pour rejoindre la plage.

Au réveil, petit déjeuner sur le sable chaud de la plage, avant de partir à la découverte de la péninsule. Et c’est après une journée sur la piste, à saluer les manchots de Magellan, les lions de mer et autre tatous, que nous retrouvons notre spot à la tombée du jour, pour une nouvelle douce nuit…

Sur les routes Argentines

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La Ruta 40 est la route la plus célèbre du pays, elle traverse le pays du nord au sud sur près de 5 000 kilomètres, depuis la ville de La Quiaca, se trouvant à la frontière bolivienne, jusqu’au cap Virgenes, se trouvant à l’embouchure du Détroit de Magellan. Elle est emblématique par sa localisation, qui pour sa partie « patagonnienne », en fait l’une des routes les plus australes de notre planète ; et par les lieux majeurs qu’elle dessert, dont le glacier du Perito Moreno et Le Fitz Roy à El Chalten.

Ses lignes droites ont été tracées dans l’un des paysages les plus emblématiques du Sud du pays, les plaines de la pampa Argentine. Faite d’immenses étendues de landes et de prairies, la route est au début déroutante avant de devenir rapidement monotone. Sans arbre ni végétation, il faut également se battre constamment contre le vent qui souffle sans interruption du matin jusqu’au soir.

Les quelques villes et villages traversés par cette route sont souvent éloignés de plus de 100 kilomètres. Et c’est sans croiser la moindre habitation ni la moindre activité économique que nous nous aventurons au milieu de ce désert.

Sur la Ruta 40, au nord de El Calafate, les stations essences se font rares et les quelques unes qui existent ont parfois du mal à assurer un ravitaillement régulier. En traversant la frontière au nord, nous avions anticipé cette difficulté, et rempli nos jerricans additionnels coté chilien. Nous avons ainsi pu atteindre sans difficulté la station essence de la ville de Gobernador Gregores. En revanche pour rejoindre El Chalten depuis « Gobernador », nous nous sommes retrouvés dans une situation délicate, puisque, n’ayant pas estimé l’augmentation de notre consommation en roulant face au vent, nous nous sommes retrouvés en panne d’essence à quelques centaines de mètres de la station YPF visée.  La courte distance nous séparant de la station aurait pu nous permettre de résoudre facilement cette problématique ; mais c’était sans compter sur le fait que la station ne serait pas ravitaillée en essence avant le lendemain matin. Nous prenons donc notre mal en patience et profitons du magnifique décor que nous offre cette jolie petite ville au pied des montagnes de la Patagonie Argentine.

La Ruta 40 et ses glaciers au Sud-Ouest du pays, a sa jumelle, la Ruta 5 au Sud-Est, côté Océan Atlantique. La Ruta 5 relie les villes de Luja dans la province de Buenos Aires et Santa Rosa dans la province de La Pampa ; en longeant la façade maritime. Comme sa sœur, sa trajectoire est tracée au milieu de la pampa argentine, et bien que sur la carte, elle semble longer la côte, nous ne voyons finalement que rarement ses paysages maritimes. Là encore nous parcourons des milliers de kilomètres sur des lignes droites désertes, avec un vent constant qui décuple nos efforts.

Aux abords de ces deux routes nous côtoyons de nombreux troupeaux de guanacos, d’autruches et de moutons. Mais pour éviter leur intrusion sur ces routes nationales, des barbelés ont été dressés sur les bas-cotés de l’asphalte. Cet équipement austère donne l’impression d’être prisonnier ; et complique la recherche de spot de camping sauvage en fin de journée. Dans ces conditions, et parce que les plaines désertes, à perte de vue, n’offrent pas d’endroits cosy et protégés du vent, le montage du campement se fait souvent sur les stations YPF. Après avoir obtenu l’accord du responsable de la station nous dressons les tentes sur un carré de pelouse à l’arrière de la boutique. On profite ainsi des équipements de la station, tout en étant abrités de ce vent incessant.

Depuis le passage du Détroit de Magellan, notre remontée vers Buenos Aires se fait sous une chaleur écrasante. Dans cette zone désertique, il nous est impossible de trouver un espace ombragé pour s’abriter, la pause sandwich se fait alors assis adossés aux side-cars, à l’ombre des top-cases. Face aux 40°C ressentis sur l’asphalte en milieu de journée, nous optons pour un réveil très matinal afin d’effectuer un maximum de kilomètres avant que le soleil ne soit à son zénith.

Outre les monotones Ruta 5 et Ruta 40 que nous avons empruntées, le Sud de l’Argentine offre tout de même de jolies portions d’asphalte où de jolies courbes ont été tracées au milieu de splendides paysages.

La première portion qui nous a redonné le sourire est celle qui, en partant de El Calafate, nous a permis de rejoindre le glacier du Perito Moreno. L’heure du départ fut déterminante, en partant de bonne heure, nous n’avons pas eu à partager l’asphalte avec les bus de touristes, et avons pu profiter de cette petite route qui longe les rives du Lago Argentino. Nous effectuons un enchaînement de virages sécurisés par de jolis murets en pierre ; avant que ne se révèle le glacier sous les doux rayons matinaux du soleil.

Les 100 kilomètres qui précèdent l’arrivée à Ushuaïa, furent également un des plus beaux moments de pilotage en Argentine. Outre le fait d’atteindre la ville la plus australe d’Amérique du Sud ; sur cette portion, notre itinéraire traverse les montagnes qui encerclent Ushuaïa. La route s’élève et offre un beau point de vue sur le lac Escondido. Les nuages accrochés aux sommets alentours rendent le ciel oppressant. Les éléments naturels accentuent à ce moment le sentiment de « fin du monde. »

Quelques centaines de kilomètres avant Buenos Aires, nous quittons la Ruta 5 pour partir à la découverte de la Sierra Ventana. Célèbre pour sa production de vin et de fromage, c’est également une région vallonnée qui offre un joli terrain de jeu. L’asphalte alterne entre les lacets qui gravissent des collines, et les courbes dans la vallée qui longent le Rio Arroyo Sauce Grande. Lors des pauses, il est d’ailleurs possible de s’y baigner, à moins que vous ne préfériez vous relaxer à l’ombre des vignes d’une « Bodega » ; ou que vous ne succombiez au plaisir de découvrir les petits producteurs de fromages perchés sur les collines.

L’Argentine, nous aura donc offert des conditions de voyages très hétéroclites, qui nous permirent de poursuivre notre périple sans encombre tout en découvrant les trésors de ce vaste pays.

De Buenos Aires à la frontière Uruguayenne – 8 jours – 25 mètres d’altitude

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Nous entrons dans l’agglomération par la Ruta 8 et ses quatre voies. Le traffic y est important mais pas insurmontable. L’autoroute est longée par une piste cyclable sur laquelle s’entraîne une équipe  de cyclistes.

Nous sommes invités chez Ricardo, rencontré quelques semaines auparavant sur la Carretera Australe Chilienne. Il habite avec sa famille dans une résidence à proximité de la ville de Tigre, dans la partie ouest de la métropole de Buenos Aires.

Notre visite de la principale métropole Argentine débute de bon matin par une promenade sur le port de Tigre. La ville de la banlieue de Buenos Aires, est située au cœur du delta constitué par les rio Uruguay et Parana de las Palmas. Tournée vers la mer, elle accueille de nombreux clubs nautiques huppés, où certains argentins se retrouvent pour pratiquer l’aviron ou la voile. À quelques encablures de ce lieu privilégié, le « puerto de los frutos » est un nouvel endroit branché où se côtoient les fruits arrivants des îles du delta et de nouvelles échoppes ouvertes dans les vieux hangars.

Nous nous rendons ensuite dans le quartier de San Isidro où nous visitons la cathédrale Saint Isidore le Laboureur, monument emblématique de la ville avec son style néo-gothique et sa tour principale de près de 70 mètres de haut. Sur la route nous passons devant le stade « Monumental », qui porte bien son nom au vue de l’imposant bâtiment, où les joueurs de football de l’équipe de River Plate ont élu domicile.

Pour nous rendre dans le centre historique de Buenos Aires, nous traversons le quartier résidentiel de Palermo. Dans les belles bâtisses au style colonial du quartier, resident de nombreuses ambassades.

Arrivés sur l’avenue Presidente Figueroa Alcorta, nous passons devant l’ambassade française. Nous découvrons ensuite le Centre Culturel Recoleta, avant de pérégriner dans le Cimetière Recoleta. Nous rejoignons la « Casa Rosada » où siège le parlement du pays par l’avenue Leandro N. Alem.

Nous poursuivons la visite en nous rendant dans le quartier tout juste réaménagé des anciens docks de Puerto Madero. On s’approche alors de l’un des bassins où est amarré « La Fregata », un vieux trois mâts de la marine argentine.

Notre visite de la ville se conclue par la visite du célèbre quartier de la Boca. À proximité de l’ancien port maritime, il est de part son histoire, le quartier des immigrés. Des hommes et femmes de toutes nationalités, venus débuter une nouvelle vie dans cet eldorado que constituait ce vaste pays, ont cohabité pendant de nombreuses années. Réunis autour des couleurs bleues et jaunes du club de foot de Boca Junior, la vie ici, bien que perturbée par l’afflux chaque jour de nombreux touristes, est restée simple et populaire. Les historiques murs en tôle sont progressivement remplacés par des murs en béton, mais les couleurs et la bonne humeur du quartier restent, et ce malgré les difficultés sociales que traversent le pays.

Lors de la seconde journée consacrée à la belle ville de Buenos Aires, nous passons la matinée sur les îles du delta. Nous empruntons, sur le port de Tigre, une magnifique « Lancha Collectiva », une embarcation en bois, qui ressemble au « Vaporetto » vénitien. À bord, nous accompagnent de nombreuses familles qui partent pique-niquer sur une des nombreuses plages aménagées. À leur bras, les paniers et glacières débordent de victuailles qui égaieront leur repas.

Sur les différents petits méandres du delta, la vie s’est organisée sans voiture, remplacée par des bateaux. Ainsi la police effectue ses habituels contrôles en zodiac. Notre « lancha collectiva » a également dû se ranger lorsque la sirène du bateau ambulance a retenti.

Nous avons débarqué à l’arrêt « Tres Bocas ». Nous avons alors emprunté le petit sentier qui serpente sur les rives de l’île, offrant d’un côté de jolies villas en bois sur pilotis, et de l’autre leurs pontons et leurs embarcations. Nous réalisons une pause rafraîchissante, en face de la station essence flottante de la compagnie YPF, un ballet incessant d’embarcations vient s’y ravitailler pendant que nous apprécions notre bière face à ce petit manège.

L’après-midi est déjà bien entamé quand nous rentrons à Tigre pour attraper un train et prendre la direction de Buenos Aires. Sur le trajet pour rejoindre le centre historique, nous faisons face à des travaux qui nous obligent à descendre à Nunes, quelques arrêts avant la gare centrale de Retiro. Nous traversons le quartier Palermo pour rejoindre le Lago del Rosedal avant de rentrer à Tigre et retrouver Ricardo et sa famille.

Notre escale à Buenos Aires sera également l’occasion d’en connaître un peu plus sur la culture « Gaucho », les cow-boys argentins. Pour cela nous nous sommes rendus, en side-cars accompagnés de Ricardo, dans le petit village de San Antonio de Areco, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. Nous y avons visité le musée « Gauchesco Ricardo Guiraldes » qui réunit une importante collection d’objets rythmant la vie de ces hommes et femmes dans les campagnes argentines. On y retrouve de nombreux couteaux, étriers et des objets réalisés avec du cuir de cheval tressé. L’occasion pour Julien d’acheter une Bollina, le béret traditionnel de ces Gauchos, qui ressemble à s’y méprendre à notre béret français dans un tissu cependant beaucoup plus léger.

Le soir, à notre retour dans la métropole, nous nous arrêtons dans le charmant quartier de Belen de Escobar. Il y règne une ambiance de guinguette où la bière est servie au son d’une petite musique électro, le tout sous la lumière tamisée de guirlandes.

Nous quittons Buenos Aires et prenons la direction du Nord-Est. Une fois passé la ville de Zaraté, nous nous arrêtons dans un club nautique, à l’endroit où le rio Pasque Talavera se jette dans le rio Parana Guazu. Le camping est très modeste et fréquenté par de nombreux moustiques, mais offre un cadre sympa avec ses passerelles en bois, sa plage aménagée et son ambiance très populaire.

Nous reprenons la route dès le lendemain pour rejoindre Gualeyguaychu. La ville organise chaque samedi des mois de janvier et février, et ce depuis le 19e siècle, le carnaval le plus réputé du pays.

Nous passons donc le week-end dans cette charmante petite vile fluviale, au rythme de la samba et des festivités.

Le lundi venu, nous traversons le Rio Uruguay pour rejoindre le pays du même nom, dernier pays de notre aventure sud-americain…


NOS COUPS DE COEUR
Où boire un verre ?

Café de la Vieja Soderia
Bolivar 196 – San Antonio de Areco, Argentine 

Dans ce petit village qui met en avant la culture de la campagne argentine, on entre dans cette vieille bâtisse en pierres qui fait l’angle de la rue. Il y règne une ambiance cosy autour du vieux bar en zinc. La décoration est inspirée par de vielles marques de soda et leur publicité « 70’s. » Sur les étagères, des anciennes bouteilles qui à l’époque étaient consignées et donc re-remplies après avoir été consommées. Un endroit parfait pour un snack en milieu de journée ou un rafraichissement après avoir visité les attractions locales.

Flora Cerveceria

Dans la ville de Ingeniero Maschwitz en périphérie de Buenos Aires, un quartier à l’esprit guinguette vient de voir le jour. Autour de la rue Mendoza, de nombreuses adresses viennent de sortir de terre, nous avons opté pour la petite terrasse en retrait de la « Cerveceria Flora » ; la bière est bonne et l’ambiance de la terrasse, sous ses guirlandes colorées, est chaleureuse.