Des rives du lac Titicaca à la région du Sud-Lipez – 15 jours – 3000 mètres d’altitude

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Le passage, en fin d’après-midi, du petit poste frontière de Kasani se fait sans aucune difficulté. Cinq petites maisons constituent ce petit hameau, où l’on retrouve un mini-mercado, les bureaux de la migration et ceux de la douane, vide à notre arrivée. Nous réveillons donc le douanier pour réaliser les quelques formalités administratives.

Il nous reste ensuite quelques kilomètres à effectuer le long du lac pour rejoindre la première ville bolivienne. Les tons orangers du ciel au coucher du soleil offrent de jolis reflets violets sur l’eau de la baie de Copacabana.

La ville est la principale station balnéaire de Bolivie sur les rives du lac. Sa vitalité prend racine dans sa rue piétonne, son ponton (d’où partent les excursions pour les Iles du Soleil) et sa plage. Lorsque nous nous mettons en quête d’un endroit où passer la nuit, nous rencontrons Ron, un motard baroudeur qui est parti du Canada avec le projet de rejoindre Ushuaïa en Ural. Il changera finalement de monture aux États-Unis après quelques ennuis mécaniques et le souhait de voyager plus léger pour savourer davantage les sessions en “off-road.”

Nous quittons l’enclave de Manco Kapac, isolée entre la frontière péruvienne et le détroit de Tiquina. Pour traverser le lac nous empruntons donc une barge qui nous permet de rejoindre le reste du pays.

Après avoir enchaîné des journées sur la route, nous nous autorisons un petit peu de repos à Pampa sur les rives du lac mineur du lac Titicaca. Nous passons trois jours les pieds dans l’eau, entourés par les montagnes de la cordillère Royale. Ses sommets enneigés viennent se refléter dans le bleu du lac pour offrir un paysage magnifique et apaisant.

Le lieu est isolé, les touristes de Copacabana ne s’aventurent pas dans ces petites bourgades, et ce bien que la haute saison débute en ce mois de décembre. Il faut dire que les infrastructures sont rudimentaires, il nous faut faire 80 kms pour trouver une banque qui nous permette de retirer des Bolivian Pesos. Sur la place principale, personne ! Seul trois enfants s’amusent à descendre la légère pente sur leurs skateboards. Nous nous dirigeons vers la seule échoppe ouverte pour trouver un petit quelques chose à nous mettre sous la dent. Le charmant papi nous présentera sa boutique et l’ensemble des produits qui la constitue. Nous repartirons avec son meilleur pâté  (qui, il faut le dire, avait tout de même un fort goût d’anchois), deux des meilleures bières blondes du pays, selon ses mots, et de quoi nous faire de jolis petits sandwichs.

Après ces heures de farniente, à se laisser porter par ce lieu unique, nous reprenons la route vers La Paz, première aire urbaine du pays et capitale administrative (la capitale constitutionnelle étant Sucre).

La Paz fourmille. Dès notre arrivée par l’Avenue Juan Pablo II, nous sommes pris dans l’important trafic de la ville. Nous avançons au rythme des feux de signalisation puis slalomons entre les bus colectivo pour parvenir à s’insérer sur l’autoroute qui dessert le centre-ville. Une fois les motos garées et les sacs déposés à l’hôtel, nous nous mettons en quête d’huile moteur dans le quartier de la mécanique de la ville ; avant de pérégriner dans le centre ville, son congrès national, sa cathédrale Nossa Senhora da Paz et sa Basilique San Francisco. La ville ne restera pas dans nos mémoires pour son architecture ; mais pour l’aide précieuse des boliviens, qui nous ont permis de nous procurer, dans les boutiques de mécanique, tout ce que nous recherchions pour notre vidange des 10 000 kilomètres.

Passé La Paz, nous “tirons au droit” pour rejoindre la ville d’Uyuni, porte d’entrée du désert du même nom. La ville vit quasi-exclusivement de l’accueil des touristes avant ou après la visite du Salar. Il faut dire qu’autour de cette bourgade, il n’y a rien hormis le désert à perte de vue et il semble difficile de développer une activité économique autre que celle liée au tourisme. Il existe bien un petit marché de produits frais, où nous nous procurerons les ingrédients pour nos sandwichs. Mais le reste de la ville est constitué d’agences de tourisme, des hôtels, des bars-restaurants et des boutiques de souvenirs.

Pour notre visite du Salar de Uyuni, nous optons pour une option peu chère qui consiste à prendre un bus colectivo jusqu’à l’île principale du désert (entendre ici une colline avec un peu de végétation et deux bâtiments en dur), l’île de Incahuasi. Nous y passerons la nuit avant de rentrer sur Uyuni le lendemain en fin de matinée. Le Salar d’Uyuni est une impressionnante étendue de sel asséchée par le soleil. C’est la première fois pour chacun de nous que nous nous retrouvons au milieu d’un désert qui s’étend à perte de vue autour de nous. Seul le volcan Tunupa vient rompre la régularité de la ligne d’horizon.

A notre retour à Uyuni, nous avons marché jusqu’au cimetière de train. A quelques centaines de mètres de la ville, le long de rails qui se dirigent vers le désert, d’anciens wagons et de vieilles locomotives dorment ! Le temps semble s’être arrêté, les graph’ sont venus peu à peu habiller ces bêtes d’acier. Le lieu est un véritable terrain de jeu pour les touristes. Nous retombons en enfance, prenant plaisir à escalader ces dames de fer, et s’imaginant un instant en mécano de la loco, bras au travers de la fenêtre, regard vers le désert, tel Buster Keaton à l’avant de la Générale.

Nous prenons ensuite la direction du Sud-Lipez pour nos derniers instants en Bolivie. Pour aller à la rencontre des trésors de cette région, nous troquons nos bolides à trois roues contre un 4×4. De précédents voyageurs nous ayant mis en garde sur l’état de la piste dans cette région, nous avons fait le choix de préserver nos montures pour cette expédition.

Car oui effectivement le Sud-Lipez, aussi joli soit-il, se mérite ! Cinq heures de route sur une piste défoncée, et c’est malheureusement le moins que l’on puisse dire. Mais après cela, quel spectacle ! Les flamants roses de la Laguna Colorada sont présents par centaines, et viennent se ravitailler dans les eaux rouges de la lagune riche en sédiments et plancton. Les colonnes de fumée des geysers de Sol de Manana sont impressionnantes et, à leurs pieds, des bassins d’où s’échappent des bulles de soufre. Aux alentours, la terre possède une couleur orange intense.

Puis nous mettons le cap sur la Laguna Verde, à l’eau turquoise. De l’autre côté du volcan Licancabur qui nous fait face, c’est le Chili, mais ce ne sera que pour demain. Avant cela nous rentrons par le désert Siloli, plus connu sous le nom de désert de Dali, où l’on peu facilement imaginer quelques montres molles au milieu de ces nombreux rochers posés à la verticale sur cette étendue de sable.

Nous rentrons sous la pluie à Uyuni, la glaise de la piste s’est transformée en boue et rend la route quasiment impraticable. Nous rejoindrons finalement la ville, au ralenti, contrairement à certains poids-lourds qui resteront “tanqués” sur la piste.

Pour notre dernière journée en Bolivie nous parcourons 300 kilomètres sur une belle piste pour rejoindre le Chili. A peine passé la ligne de démarcation des deux pays nous retrouvons l’asphalte. Mais jusqu’à quand ? L’aventure continue…


NOS COUPS DE COEUR
Où manger ?

Restaurant Végétarien
Calle Tarija, La Paz

Ici pas de florilège, ni de prise de tête, cette petite enseigne fait dans la simplicité. Mais nous avons été touchés par la gentillesse de la mamie et de sa fille pour nous servir de bons petits burgers végétariens.

Restaurant Turkiri
Route 701, après le petit village de Alota en direction de la frontière chilienne

En prenant la direction de Ollagüe, la première ville chilienne, à quelques dizaines de kilomètres en amont de la frontière ; ce petit restaurant vous proposera un petit almuerzo à un prix abordable au milieu de nulle part. La cuisine est simple et de qualité ; les plats se dégustent face à une petite lagune où viennent s’hydrater lamas et alpagas. Idéal pour ponctuer en beauté l’aventure bolivienne avant de reprendre la piste qui mène au Chili.

Où prendre un verre ?
Extreme Fun Pub
Av. Potosi 9, Uyuni

Une adresse agréable pour savourer une petite bière locale. La déco met à l’honneur le meilleur compagnon du Capitaine Haddock, le lama, sol salé et lumière tamisée.