Baignades turques

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Oludeniz

Dix mois plus tôt, nous quittions les rives de la Méditerranée en enchaînant les plongeons depuis les rochers des calanques marseillaises. Sur la côte turque, nous en retrouvons la beauté et la chaleur. C’est derrière la pinède d’Oludeniz, dans un petit bras de mer qui s’infiltre entre les rochers, que nous atteignons son eau verte émeraude, grignotant comme à l’accoutumée, l’univers minéral qui l’entoure.

Nous sommes alors en fin de journée. Fuyant la plage principale de cette ville touristique, nous nous enfonçons dans le fond de la baie et garons les side-cars au bout d’une petite route qui dessert de nombreux complexes hôteliers. Nous poursuivons notre escapade à pied, sur un sentier qui trace son chemin entre les pins pour rejoindre l’eau de l’autre côté de la pointe.

Depuis les rochers, nous piquons une tête, équipés pour la première fois de lunettes de piscine. Quel plaisir de redécouvrir les trésors de la vie sous-marine ! Sur les parois rocheuses, dansent les anémones. Autour de nous, des poissons circulent sans prêter attention à notre présence. Jusqu’à ce que, comme de grands enfants nous nous lançons à leur poursuite dans l’espoir de les toucher, prenant alors un malin plaisir à développer plusieurs techniques d’approche. Mais ces diverses tentatives, comme il fallait s’y attendre, sont restées vaines, laissant ces petits David triompher de ces grands Goliath peu agiles que nous formions.

Nous profitons du temps de séchage, sous les derniers rayons du soleil, pour partager un pique-nique sur la falaise, les pieds au-dessus de l’eau, le regard porté vers l’horizon.

Akyaka

Quelques jours plus tard, c’est à proximité de la ville d’Akyaka, que la Méditerranée nous envoûte à nouveau. Passés cette ville côtière, nous empruntons une jolie route en direction du village de Kiran. La succession de virages révèle à tour de rôle la beauté des eaux cristallines en contrebas. Attirés par son bleu turquoise, nous bifurquons finalement sur la droite et empruntons un petit chemin de terre qui rattrape les rives de la mer. Sur ses bas-côtés, entre les pins, quelques overlanders ont monté leur campement. Nous y rencontrons un vieux baroudeur turc qui, du haut de ses 56 ans, a voyagé 25 ans de sa vie et visité 119 pays. Au pied de son estafette, il nous apprend notamment qu’il vit aujourd’hui au jour le jour dans son van, truffé de trésors. Nous partageons avec lui quelques mots de nos aventures respectives,  en compagnie d’Elena, une jeune espagnole et son petit ami Nicaraguayen. Tous deux utilisent leur vieux transporteur Volkswagen depuis près de 4 ans  sur des kilomètres de bitume.

L’après-midi se poursuit par un footing, pour ma part, le long de la route panoramique avant de se jeter à l’eau. Mis en alerte par les amis voyageurs, à chaque pas, il nous faut être vigilant. Sous nos pieds, de nombreux oursins ont élu domicile, pouvant à tout moment gâcher cette pause fraîcheur. Equipés une nouvelle fois de nos nouveaux jouets, nous prenons plaisir, à l’aide de nos lunettes de piscine, à admirer la vie sous la surface de l’eau. De jolis petits poissons viennent jouer entre les grosses boules noires et leurs piquants acérés, les rayons du soleil venant mettre en lumière la beauté de ce tableau naturel.

La baignade se prolonge, la température de l’eau me permet de profiter pleinement de ce cadre idyllique. Les mouvements de brasse succèdent les longueurs de crawl, le tout entrecoupé de quelques “planches” pour reprendre son souffle et apprécier l’instant présent.

La soirée approchant, il nous faut reprendre la route vers le nord. Notre périple se poursuivant le long de la côte, les baignades, se succéderont jusqu’à la frontière grecque.